‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 46 sur 84 · TEMPLE DE KASR-ZAY AN · texte numérisé non relu

TEMPLE DE KASR-ZAY AN

l’administration d’Héliodore : ainsi nous devons regarder comme très-probable qu’il fut le successeur immédiat de Pétronius Balbus , et qu’il obtint l’administration de l’Egypte, dans les trois ou quatre dernières années du règne d’Adrien.

La fixation de ces époquçs peut servir à déterminer , plus exactement qu’dn ne l’a fait, celle de la naissance du célèbre rhéteur Aristide, dont le voyage en Égypte eut lieu dans le temps qu’Iléliodore était préfet d’Égypte.

Aristide raconte qu’il reçut des lettres d’Héliodore: ce gouverneur lui fit en outre passer des lettres que l’empereur Antonin adressait à Aristide en Égypte ; et il y joignit celles que l’empereur lui écrivait à lui-même au sujet de ce rhéteur, qui jouissait déjà de la plus brillante réputation. « Ces lettres , dit >» Aristide, avaient été écrites depuis long-temps, »> mais je ne les reçus qu’alors <n.» 11 est assez difficile de savoir si, à l’époque où il reçut* ces lettres, Héliodore gouvernait encore l’Égypte ; du moins estil certain qu’il la gouvernait lorsqu’Aristide voyagea dans ce pays , et qu’il exista entre eux une liaison d’amitié, contractée sans doute pendant ce voyage. Il n’est pas étpnnant qu’un ci-devant rhéteur, comme l’était Héliodore, ait pris de l’attachement pour un homme d’un si* grand mérite. Il faut même que le séjour de cet écrivain en Égypte ait été assez prolongé , puisque l’empereur lui adresse des lettres en

(1) Aristi J. , I , p. 33g. ed. Jebb. ïxsiv 3î fiot xat Trapà HXioJyrov t vj tüç AtywTOv intap^ov yjvofttvou, x.t.X.

ce pays ; et en effet Aristide nous apprend qu’il avait parcouru quatre fois l’Égypte dans toute sa longueur, jusqu’à Syène et aux Cataractes (1) ; ce qui fait présumer un séjour de plusieurs années , pendant lesquelles il fit admirer son talent par la population grecque des diverses parties de l’Égypte. Ainsi s’explique l’objert de la belle inscription w> placée sur la base d’une statue qui fut érigée à cet orateur par Alexandrie , Hermopolis- Magna , le sénat d’Antinoc , et les Grecs du Delta et de la Thébaide.

11 fallait qu’Aristide fût alors dans toute la force d); son talent, pour que les Grecs de l’Égypte lui érigeassent ce monument de leur admiration ; et il devait être déjà parvenu à une grande réputation, pour qu’Antonin l’bonorât de ses lettres. Tout nous prouve donc que ce rhéteur ne pouvait guère avoir moins de trente ans lorsqu’il se trouvait en Égypte. Le* thema genelhliacum qu’il a inséré dans un de scs discours l3), selon l’usage de sou temps , place sa naissance à l’an 129 de notre ère, la xme année d’Adrien. C’est d’après celte date, déterminée par l’astronome Halley, que Jean Masson, dans la Vie d’Aristide (4), mise en tète de l’édition de Jebb, a disposé avec beaucoup d’ordre et de sagacité les faits et les' détails de la vie de ce .rhéteur ; et son opinion a été suivie depuis par tous les biographes. Il résulterait de cette date , combinée avec les ob-

Aristid. II, p. 53i, ed. Jebb. = ® Le texle en sera donne plus bas. = w I, p. 335. = Arislid, viln , § IV, 5.

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