‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 54 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Inscription grecque , contenant une pétition des prêtres d’Isis , dans Vile de Philæ, à Ptolémée Évergète 11 ; gravée sur le socle d’un obélisque égyptien, orné d’hiéroglyphes.

RI. W. J. Éankes, savant voyageur anglais, découvrit en 18 1 5 un obélisque de granit, enfoui devant le grand propylon du temple d’Isis à Philæ; il le fit déblayer , ainsi que le socle, également en granit, qui le supportait. Sur l’un des côtés du socle, il lut une inscription grecque, qui fut copiée successivement par lui , par RI. Beecchy , et ensuite par M. Cailliaud , vers la fin de 1 8 1 6. M. Bankes chargea ensuite M. Belzoni de transporter cet obélisque à Alexandrie ; et l’on peut lire dans le voyage de ce dernier, le récit des obstacles qu’il eut à vaincre pour venir à bout de son entreprise

M. Cailliaud , au retour de son premier voyage, fit voir à plusieurs personnes les matériaux qu’il rapportait , et surtout la copie des inscriptions qu’il avait recueillies en Égypte et dans l’Oasis. Dans le nombre de ces inscriptions , je remarquai celle-ci , qu’il disait avoir copiée sur le socle d’un obélisque

01 Tom, II, p. 112-117, Iraduct.franç.

•2[)S FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, égyptien ; M. Jomard, dépositaire de ses papiers et éditeur de son Voyage, voulut bien ensuite m’en donner communication ; j’en Gs l’objet de quelques recherches , me proposant d’attendre , pour les publier, que l’ouvrage de M. Cailliaud eût paru , aGn de ne pas priver cet intéressant voyageur du plaisir de faire connaître le premier les monumens qu’il avait rassemblés. J’ignorais que cette inscription eût été découverte et copiée par d’autres voyageurs; car le journal de M. Cailliaud n’en faisait pas mention; mais je n’en pus douter en lisant , dans l’ouvrage de M. Belzoni, la description de l’obélisque et du socle 0) , trouvés par M. Bankes : l’identité de l’inscription que ce voyageur y avait lue, et de celle que M. Cailliaud avait rapportée, me parut certaine; et je l’annonçai , en rendant compte de ce voyage (1>. Quelque temps après, l’obélisque étant arrivé en Angleterre,la publication des hiéroglyphes, qui en couvraient les côtés, et de l’inscription gravée sur le socle, lut annoncée dans les journaux anglais ; déjà même on fondait de grandes espérances sur la comparaison de l’inscription et des hiéroglyphes , et je crus faire une chose utile eu publiant (3) mon travail sur le texte grec, d’après la copie de M. Cailliaud.

Depuis , M. W. J. Bankes a envoyé à l’académie des inscriptions et belles-lettres la copie plus exacte, qu’il avait prise sur le lieu même ; j’ai donné ,

Toi». I, p. 3i8. = Journal des S.n’ans , 1 820 , p. 71 8. = 1,1 Même journal , novembre 1821.

dans le Journal des Savans , les diverses variantes qu’elle offre, et qui soqt presque toutes conformes aux restitutions que j’avais proposées (l>.

L’objet de cette inscription se lie d’une manière trop directe avec celui des inscriptions gravées sur la façade des temples, et surtout avec celle du temple de Vénus à Philæ , pour que je puisse me dispenser de la reproduire dans cet ouvrage , avec les éciaircissemens dont elle m’a paru susceptible.

Quoique la copie de M. Bankes soit plus complète, je crois devoir donner celle de M. Cailliaud, d’après laquelle mon travail a été fait ; seulement j’indiquerai en note les variantes qui ont confirmé ou détruit mes conjectures.

Avril i8aa. = W Supra , Ire Part., Ire sect. f cbap. V.

Copie de M. CaiUiaud.

' BAZlAEIIlTOAEMAmiK.AIBA2IAl22HIKAEOnÀTPAr 1 THlAAEA<t>HIK.AIBA2IAI2ZUIKAEOPA . TPAETHirTNAI

3 KI6EOI2ETEPrETAl£XAIPEINOIIEPEI2TH2ENTAIABA*

4 TniKAIEN4>IAAIZIZIAOZ0EA2MEri2TII2EnEIOIPAPEPI •

5 AHMOrNTEZEI2TAZ4>IAAZ2TPATHrOIKAIEIllZTATAI

6 KAI0IIBAPXAIKAlBAZIAIK.OirPAMMATElZKAIEIlI2TATAI4>r

7 AAKITaNKA10IAAA0inPAIMATIR0IK.AinANTE2AlA

8 KOAOV0OrZAIAVNAMEIZKAIHAOMHrnHPE2IAANATK.A

9 IOrZIHMAZUAPOrZIAZATTOIZnOIEIZ0AIOVXEKONTAÏ

10 KAIEKTOrTOlOITOVSrMBAINE . AATTOÏS0AITO+EPONIK.AI “ KIAYNEYEINHMAZTOYMHEXEINTANOMirOMENAPPOZTAZ

12 nNOMENA2riIEPTErMaNKAlTnNTEK!SnN0V2IA2

13 KAI2riON'AA2AEOMEerMflN0EaN’MEnSTa. NEAN

14 «AINHIAl . ïTNTAïAINOVMIINiaiTaiiniENEXA

16 AorPA<J>airPAH,AiAOxanaisrnENEiKAi2TPATiiraiTH2

16 0HBAIAO2MHPAPENOXAEINHM ASnPOÏTAITAMHAAA

17 AniMHAENEPITPEPEINTOArTOPOIEINXAlUMINAIAOXAI

18 TOr2KA0HKONTA2nEPnonaNXPHMATI2MOT2ENO12 ,9EniXaPH2AIHM]NANA0ElNAI2THAHNENHIANATPA1'OMEN ,oTHKrErO!NriANHMINr<l>rMn?ülEPITOITaN-l>IAAX0paniAN

îl INAHrMETEPAXAPI2AEIMNH2T02rnAPXEUTAPAI*niIXEI2TON ** ATTANTAXPONONTOTTOVAErENOMENOrE2OME0AKAIEN

73 TOrr012KAITOIEPONTOTH2I21A02ErEPrETHMEiNOI

74 ETTYXEITE.

Telle est la copie de M. Cailliaud. On y remarque l’omission de plusieurs lettres et la confusion de

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3ol

quelques autres de forme semblable; à cela près elle est fort exacte : les lacunes sont peu nombreuses, et je crois les avoir remplies d’une manière certaine, dans cette copie, écrite en caractères courans:

I BatJiXeî ITroXcpLaia> xai fSaaiXiaari KXeo7ratpa

* Tfi àSehpfi xai f2a(nh'oari KXeoTtar tpa rn yuvat

3 xi, SeoFç Evspyetats, yaipeiv ot Upeïç rvs èv rû A$â

* ta» xai «v <J>iXat; IithÎoî , Beâs peyiçns , énec oî napenc

* Sr,povvres eii ràs 4>Oas arparriyoi , xai èntçàrai,

6 xai Srfèdpyai, xai (Saathxoi ypappareîs,xal èmçârat (pu

7 Xaxitwv, xai oi aXXoi npayppartxol navres, xai ai à

8 xoXoaSoûuat Suvàpe tç, xai f> \otnfi vroipeaia, àvayxâ •

3 £ouat ripas rtapouffiaç aùroïs r.ouïaBat ovy éxôvras’

10 xai èx roü roiovro u avpSatvét éXxrroûadai ri iepèv, xai

11 xtvfuveveiv ripas raü pfi eyeiv rà vopiÇôp tva n pis ràs

II yivopévas vnép re vpüiv xai rûv réxvuv 3-uffiaç

13 xai ar.ovSàs’ Se6pe9’ up€>v , Qeüv peyîçuv , èàv

14 ipaîvrirai , avvrâÇai Novpujvca), ta» auyyeveï xa[i rèifo] 13 Xo ypârpw , ypoiÿat Aôym , ta» avyytveï xai orparr,yü> ris i6Or,ëatSos , pfi napevoyfoïv ripas n pis raùra, prrf êck

*7 Xa> prjSèv intrpéneiv ri au ri noteîv, xai fipiv SiSôvai

18 toù; xaBmovras ne pi rovruv ypri pauopovs, èv dis

19 intywpfjaat fipïv àvaOeïvat pôXïjv , èv rj àvaypaÿopev

30 rriv yeyovuïav èipîv v<p’ ûpüv nspl xovruv <pi).av8puntav ,

31 Iva fi vptzépa yâpis àu'uvriços vnàpyei nap’ aiirns e«S tow 33 ânavra ypivav. Toutou Si yevopévou, iaôpeQa, xai èv 33 toutoc; , xai ri iepiv ri rfj; ïaiSos, evepytxripévoc

3t Eùtvxeëte.

ÜO'i FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

Traduction.

« Au roi Ptolémée, à la reine Cléopâtre sa sœur, » à la reine Cléopâtre sa femme, dieux Évergètes , » salut :

» Nous, les prêtres d’Isis, adorée à l’Abaton et » à Philæ , déesse très-grande :

» Considérant que les stratèges, les épistates , » les thébarques, les greffiers royaux, les épistates des » corps chargés de garder le pays , tous les officiers » publics qui viennent à Philæ, les troupes qui les » accompagnent et le reste de leur suite, nous con- >1 traignent de leur fournir de l’argent; et qu’il » résulte de tels abus que le temple est appauvri , » et que nous courons le risque de n’avoir plus de » quoi suffire aux dépenses, réglées par la loi , des » sacrifices et libations qui se font pour la conser- » vation de vous et de vos eufans ;

» Nous vous supplions, dieux très-grands, de » charger, s’il vous plaît, Numénius, votre parent » et épistolographe, d’écrire à Lochus , votre parent » et stratège de la Thébaïde, de ne point exercer à » notre égard de ces vexations, ni de permettre à » nul autre de le faire ; de nous donner à cet effet , » les arrêtés et autorisations d’usage, dans lesquelles » nous vous prions de consigner la permission d’éle- » ver une stèle, où nous inscrirons la bienfaisance » que vous aurez montrée à notre égard en cette oc-

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3o3

» casiou, afm que cette stélé conserve éternellement » la mémoire de la grâce que vous nous aurez ac- » cordée.

» Cela étant fait , nous serons , nous et le temple , » en ceci , comme nous le sommes en d’autres choses, » vos très-obligés. Soyez heureux. »

J’aurais pu faire une traduction moins technique et plus élégante ; mais il m’a paru utile de conserver toutes les formes de l’original , et la tournure générale de la pétition , qui ne forme, à dire vrai , qu’une seule période.

Au lieu d’exprimer èizsi par considérant , je pouvais le rendre par comme ; mais je perdais alors l’avantage de renfermer dans tout ce grand alinéa une seule parenthèse , et de faire dépendre le commencement du second alinéa , nous vous supplions , des mots, nous les prêtres d’Isùt, qui forment, dans le grec, le sujet de la proposition; le participe considérant me permettait de conserver cette tournure remarquable , et j’ai dû le préférer. Après cette observation , je passe aux éclaircissemens nécessaires pour bien comprendre ce monument curieux. Pour y mettre plus de clarté, je les diviserai en autant de paragraphes que la pétition contient de parties principales.

3o4 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

ÉCLAIRCISSEMEJNS.

§ I. Date de la pétition. — Qualité des pétitionnaires. — Abaton d'isis à Philos.

Les observations que j’ai faites sur la date de l’inscription du temple de V énus à Philæ u> , s’appliquent entièrement à celle de la pétition ; car on y retrouve les deux Cléopâtres , dont l’une était sœur , l’autre femme du roi Ptolémée Évergète : circonstance qui ne peut convenir, comme on l’a vu , qu’à Ptolémée Évergète ii, et se rapporte à l’année 126 ou 1 25 avant J.-C., c’est-à-dire, à une époque postérieure au retour de ce prince. Ces deux inscriptions sont donc de la même date et je ferai voir plus bas que l’érection des monumens qui les porte est due probablement à la même cause.

Les auteurs de la requête à Évergète n sont les prêtres d’isis dans l’ile de Philæ. Isis était la grande divinité de cette île , comme le prouvent une multitude de textes anciens et les nombreux Ttpoazvvr,lxa.~ot ou actes d’ adoration qu’on y a recueillis ü>.

A la fin de la ligne 3, après aba, M. Cailliaud a mis un point qui laisserait supposer qu’il manque une ou plusieurs lettres : aba doit se joindre avec le Tm de la ligne suivante , et il faut lire iv tû> kSccty. Le nom d’ASarov, selon Sénèque <3) , désignait une

' <l> Supra, p. 89. = wSuprà, p. i3g, ujo, i43, *66. = w Senec. ap. Servium inÆneid., II, i5{.

OBÉLISQUE DE PRILÆ. 3o5

petite île, voisine de Philee, où les prêtres seuls avaient accès m , ce qui lui avait valu son nom : car ÂSxtoç est le mot propre pour désigner un lieu dont l’accès est interdit aux profanes; ainsi, ojy.ô; âëaxoq, dans Euripide m ; Eleucnç aëazo; , dans Aristide u> ;

âtcaro; , dans le grec de la Bible w ; iepàv ccëaxov, .dans Isocrate (5> , Élien <c) et autres (T). Cette île passait pour contenir le tombeau d’Osiris te> , et c’est à cette tradition qu’elle devait sans doute la grande -vénération dont elle jouissait; son nom était tô A&xtov au neutre; aussi je crois que les éditeurs de Lucain ont eu tort de changer, d’après Saumaise l3) , Aba-> ton en Abatos , dans les vers de ce poète :

liinc abatos , quam noslra vocat vcneranda vetustas

Terra polens , primos sensit percussa tumullus yt®.

Sénèque, en disant, Exiguo ab hdc (insula) spatio, petra dividitur këxzov quam Grœci vocant 00 , me paraît désigner un rocher en forme de siège, tout couvert d’hiéroglyphes , qu’on voit au sud-est de JPhilæ, sur la rive droite du Nil U2>.

w Senec. Nalur. Qwest., IV, a, 7.= ® Pheenic., v, 1780.=» 455 ln Eleusin., I, p. a58, Jebb.=<4) 3 3fachab.,\, 43.=® //e/en. encom. , p. 217, etl. Cor. = ® Hisl. var. VIII , 18. = ® Conf. Spanheim , in Callim. Apoll. a. = ® Diod. Sic. , I, aa. — Plut. de Isid. et Osir., p. 35g. = ® Exercit. Plin. , p. 3ia , C.= <,0, Pharsal. , X , 3aa. = tn) Senec. Nat. Quœst. , IV, a , 7.= Dcscripl. de l'Égypt. Antiq., Tl. 1 et a.

3oG FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

§ II. Fonctionnaires publics dont se plaignent les prêtres, — Stratèges. — Epislates. — Thébarques. — Greffiers royaux , etc. — Inscription trouvée au Caire. — Corps des cavaliers égyptiens.

Ligne 4- Il ne peut y avoir de doute sur la leçon T.ctpeTti$nu.o'jvxeç , ni sur le sens qu’elle présente ; ce mot T.xptr.idriitsîv est le peregrinari des Latins; aussi toutes les fois que le texte grec de la Bible porte -apt- 7 u'dr,uoç (0 , la Vulgate traduit peregrinus. IlapsmÆr,poûm; est opposé à Çivoi xotzotxoûvz eç , dans plusieurs inscriptions où nous lisons une formule semblable à celle-ci d’un marbre de Délos : ÂSrçvoùwv xai Pwpatwv y.ai ztëv âl.hov xaztnxoùv t£î xat TtapeTttâ'riUoùvzti èv ArjXto u) ; elle se retrouve dans les monumens attaliqucs (3> , et dans une inscription du recueil de Fourmont , trèsbien expliquée par M. Raoul- Rochette to : on voit que les |Évot y.azouoüvze; sont les étrangers établis et domiciliés dans les pays ; les vxpeTtioripo'jvziç sont au contraire ceux qui s’y trouvent accidentellement, pour affaires ou pour autre cause. La même opposition existe dans le passage où Polybe , parlant de l’ambassade des Rliodiens à Rome , dit des Grecs qui se trouvaient alors dans cette ville : où pr,v toïî ys ziapsrA$ripoûaiv , oüzs zoïc, èxù pivovai xüv EXXyjvuv cù$xp.ù>i üptay.tv ls) ; car pévctv répond précisément à

w Genes. XXIII, 4- — Psalm. XXXVIII, 17 .—Hebr. XI, i5. — 1 Petr. , 1 , 1 ;11 , 1 1 •— Marm. Oxon. CLXXXI.= ® AnL Asi>t., p. lao, 147. = (4) Lettres à lord Aberdeen , p, i3i. = w Polyb., XXX, 4,io.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3o^

katoixery des inscriptions citées. Plutarque dit égalementxwv |evwv oî trapEitt&ifteümî ü). Thxpemirinttv , avec le même sens de se trouver dans un pays sans y demeurer d'une manière fixe, est employé' par Plutarque m , par Diodore de Sicile , en parlant des Italiens voyageant en Égypte t oî Sylat tràoav clac-çépono anouSriv èxQsp ccnevovTei roù; itapeiti$ri[MÛvta( tw» àni Tüi itaXéxî t3). Les Attiques emploient précisément en ce sens le verbe éittiïnpietv <4) , et jamais r.ape-> niSiipüv qui, si je ne me trompe , ne se rencontre nulle part dans les moaumens antérieurs à Alexandre (4).

Il s’agit donc ici des personnes qui viennent s’éta* blir à Philœ , pendant le temps nécessaire à l’exercice des fonctions publiques qui leur sont confiées*

Les lignes suivantes contiennent l’indication des fonctions de ceux dont les prêtres se plaignent. Ce sont les stratèges , les épis ta tes, les thébarques , les greffiers royaux, les épistales yvlaxizûv , etc.

Le sens général me paraît fixé par les mots oî allai npayp.auy.oi <6) raVces. On peut objecter , je le sais, que

<w Plut., in Timol. , S 38.= ® Id.wt Eumen. § t. — SympOs., p. 665, et Reipubl. ger. prœe., p. 81 1. = ® Diddi Sic. t, 85. = W Lexic. XenOph. hâc voce. = ® Cependant le ' substantif itaptmSr,pU se lit dans l’Axiochus ( § 3. ) ; mais quelle est l’époque précise de ce dialogue ? on l’ignore ; voyet mes observations sur les Dialogues Socratiques. (Journal des Savons, 1820, p. 6;5.)= w. La copie de M. Cailliaud porte Hpaimatikoi, qui ne peut être que npaypau*oL Celle de M. Bankes donne en toutes lettres ipammatikoi ; mais je ne puis adopter cette leçon , qui me paraît être une correction de ce savant voyageur : je crois qu’on trouvera nrArsumot sur la pierre*

3o8 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

le mot âlïoï n’emporte pas toujours nécessairement l’idée que le substantif auquel il est joint, est de même nature que ceux qui précèdent (1) ; niais c’est clans des cas différons de celui-ci w> : les mots oi <ÏÀ),oi itchrcct ne peuvent ici faire la moindre difficulté. Dans l’inscription de Rosette, nous lisons

oc aoyieptU xai npoyürai, xai nzepofépoi, xai iepo-

ypapuazeîi xai oi AAAOI tepètç n ANTES t3) : peut-on douter que les pontifes, les prophètes , les greffiers sacrés , ne soient des prêtres [ispeü;] ? De même Polybe dit, en parlant des députés dePersée, obligés

de partir de Rome itpooêxaZav al toi? ex zfa Ptôp];

eùSéwî àr.alloizzeaOai , xai rots AAAOis aiiasi MaxedbViv, Saot TtaptuiSrip-olmei êxuyov U) ; Xénoplion : O èi Àpfiêvtoi aupnpovittfint , xai oi âXkoi nâwreç ovîpwrroi <s) ; Platon : Mot'pauç xai zoîi â)Jot( r.âct Bsot; BCeavra; te). ces exemples suffisent pour prouver, dans le cas particulier qui nous occupe , que tous les titres cidessus mentionnés appartiennent à des TtpaypwtTtxoi'. Polvbe se sert de ce mot en plus d’une occasion , simplement avec le sens iV homme habile et expérimenté dans les affaires 01 ; mais le rédacteur d’une des inscriptions de la grande Oasis lui donne celui d 'employé civil du gouvernement ; car il dit indif-

W lexicon. Xenoph. , I, p. i38. — Ast. ad Plat. Le gg. II, p. îai , cl adPhœdr. , p. aZa , etc.= w Fischer. , Index in Æschinem Socralicum .=0> Inscr. Aoselt. , 1. 7.= w Polyb. XXVII, 7, 3. = w Cyropced. , III, 8,4, Cf. Iferodian. , II , 4,7;^, R , t W De Legs- > "VU* P- 799- A.= w Lexicon Polybianum , hâc voce.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3oQ

féremment npay/xxztxoi et oi iv xoït inpoeion npoiypaatv ovtcî u> j et , dans les Septante, on trouve -npaypaziMl t où Upo'j m. Selon Cicéron, on appelait ainsi les hommes de loi , ou plutôt les gens d’affaires 0> ; et chez les jurisconsultes grecs, ce mot a le même sens. Ces autorités pourraient nous porter à ne voir que des noms d’officiers civils dans ceux qui précèdent; mais rien ne prouve que ce mot ne puisse s’entendre de tout employé du gouvernement civil ou militaire; ci èni Tüv vpaypuxxtov , selon l’expression d’une lettre de Ptolémée Philopator, qui commence ainsi : Bacri- ?v£ÙS nToXefMÛbî o ÿilor.d-zup tocs xat’ kïyvmov rpaxriyoû; xai itâat zoïs xezxypévon èiri Tzpaypicizuv. Ainsi, les zpay- . paxtxoc sont en général les fonctionnaires publics. On peut donc être certain que la plainte des prêtres concerne les personnes qui , venant à PhiLc avec un caractère public , abusait de ce caractère et de leur autorité pour contraindre le temple de leur fournir de l’argent.

Venons au sens particulier de chacun de ces mots: on ne peut guère donner que des conjectures, en attendant que d’autres monumens nous aient apporté de nouvelles lumières.

Les prêtres demandent plus bas que le stratège de la Thébàide cesse de les vexer. Get officier les vexait donc : ils ont dû le comprendre dans le nombre de ceux dont ils se plaignent ; et , comme c’est

tl) Classical Journal, tora. XXIII, p. i5g , 161 ^Schleusner, Novus Thésaurus , II, p. 458. — ?! Cicer. , de Oralorc , i , 45, 69. = Machab. VII ,1.

3lO FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, le premier de tous , celui dont tous les autres relevaient, ils ont dû le placer en tête ; c’est donc lui. Selon toute apparence, qui est désigné par le premier de tous les noms, Irpavnyoî. On demandera pourquoi ils ont dit au pluriel les stratèges et non pas le stratège : en voici , je pense , la raison ; c’est qu’ils ne se plaignent pas seulement du stratège actuelf ils se plaignent en général des stratèges, parce que les abus duraient depuis long-temps , et étaient, en quelque sorte passés en habitude. En effet, nous pouvons présumer, d’après la date de la requête, que les prêtres ont dû souffrir pendant plusieurs années avant d’oser se plaindre , puisqu’ils ont attendu le retour du roi, pour faire entendre leurs réclamations.

Le mot épistates, employé absolument, peut signifier, également bien, gouverneur, surveillant, inspecteur , commandant , curateur , intendant , supérieur et président } c’est assez dire que, faute de moyen de comparaison , nous ne pouvons savoir quel ordre de fonctions il désigne. Pour connaître le sens d’un mot aussi vague, il faut que quelques circonstances servent à le déterminer , ou du moins que le complément qui le suit mette sur la voie de la signification : nous savons de cette manière qu'eut» ç-actJi; t où vew signifie intendant du temple cn ; fai çctrr,; r poaoiuVf intendant des revenus ou trésorier (I) ; {R(7*t»jî Ipywv ou ipyezicérrii , inspecteur des Ira

w Cliandler , huer. Ant. , part. II , n° i , 1- t . = Çlem. Alexand., VI , p. ^58 , 16,.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3l *

vaux (1> ; enr «rni vdoczuv , inspecteur des fontaines m. Mais le nom d 'épis ta te tout seul ne nous présente aucune idée fixe et arrêtée. Si nous savons que ce mot employé isolément , chez les auteurs atliques, s’entend du premier desprytanes, c’est que les grammairiens nous l’apprennent u> ; autrement nous ne pourrions le deviner : tel est ici notre embarras. Tout ce qu’il y a de certain , c’est qu’il ne s’appliquait qu’à une seule espèce de fonctionnaires, nommés par excellence nrtr&at. Comme ce mot paraît plus spécialement désigner des intendans , des inspecteurs , il serait possible qu’il signifiât en cet endroit les intendans des revenus publics , ou , si l’on veut , des inspecteurs des finances chargés de surveiller la perception des impôts.

J’ignore aussi le sens de Br,ëxp-/ai , qui , par sa composition , semble ne pouvoir signifier que commandant de Th'ebes , ou de la Thébaïde ; on ne pourrait , sans inconvénient , assimiler ce mot à d’autres noms semblables, tels que asiatiques , sjriarques , Ijciarques , bithjnarques , cappadarques , phénicarques , helladarques : car le régime de l’Egypte était différent de celui qui existait ailleurs. D’une autre part, ces tliébarques sont désignés comme étant des emplojés du gouvernement, ce qui suppose des fonctions actives , et non pas simplement un titre honorifique donné à des gens qui

Pollue. , Vil, 1 83. = M Sam. Petit., Leg. Allie. , p. 48 1» cd. Wcssel. = * Idem , p. 370.

3l2 faits relatifs aux inscriptiors des temples. présideraient à des jeux ou à des fêtes (,). On pourrait aussi présumer que thé barques est un mot qui comprend tous les administrateurs généraux et particuliers des nomes de la Thébaïde et de leurs districts , appelés nomarques , cthnarques , toparques y etc.

Les fonctions des (3aethxoi ypappaxeh étaient sans doute assez importantes ; mais on n’en sait pas précisément la nature. Elles embrassaient tout un nome et même deux nomes à-la-fois, comme le prouve une inscription de la statue de Memnon {J) , écrite par Artémidore , Jils de Plolémée, greffier roy al des nomes d! Hermonthis et de Latopolis, dans la quinzième année d’Adrien. Les portions de nomes, savoir les toparchies, et les villes ou bourgades, avaient leurs greffiers particuliers, appelés ror.oypap.ficeuïi et xopQypetfifuntïç <3). A la cour d’Alexandre, le (3a<n^txôç ypapuctzevç était un officier distingué , un conseiller intime du prince t4>.

Restent les èm^oi-iu (pvla-xixiLv. Commençons par le dernier mot. , dans sa signification pro-

pre, signifie gardiens. On peut, l’entendre des troupes commises à la garde de l’ilc de Philæ et de ses monumens ; mais j’aime mieux le prendre dans un sens plus général , et y voir les troupes chargées de la garde du pays. De tout temps, des corps de troupes avaient été placés aux environs de Syènc et

Sclden , ad Marm. Oxon. ,p. 1 84-= 05 Uamilton's , Ægjrpt., y. i?4. — Suprà , p. 269. = w Voyez le chapitre IV de cette partie.— Arrian. , Exped. Alex. , VII , 4 > 9< — Çf- V, 24 , 9.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3l3

de Philæ , pour défendre cette région contre les courses des Nubiens. Cet état de choses existait du temps des Pharaons U) j il en fut de même sous les Ptolémées , comme le prouvent plusieurs inscriptions (i>. Sous les Romains , trois cohortes veillaient continuellement à la garde du pays t3) ; et la Notice de l’Einpire fait mention de la legio prima Maximiana , cantonnée à Philæ.

Le sens du mot iTtiçizau , qui précède tpula.y.iztLv , peut être déterminé approximativement au moyeu d’une autre inscription en l’honneur de Ptolémée É vergé te n. Comme clic n’a point encore été ni traduite ni expliquée , je vais la rapporter d’après la copie que M. Jomard avait communiquée à l’auteur des Annales des Lagides (4>.

BAEIAEAnTOAEMAIONQEONEYEPrETIlN 0EnNEni4>ANnNAnOAAOAÜPO2AETOr THNnPOTnN (sic)-H AUX O EniSTATHSK AI TPAMM ATEriTUNK ATOI KnXIIIIlEnN.

C’est-à-dire : « Apollodore , fils d’Aétès , un des » premiers amis , épistate et greffier du corps des » cavaliers du pays , honore [ par ce monument ] , » le roi Ptolémée , dieu Évergètc , fils des dieux » Épiphanes. »

J’ai parlé plus haut de la locution xôiv tt ptLztov tpi-

*** Herodot. II, § 3o. = w Entre autres, celle d’Ombos, p. 76-88 de ce volume; et celle qui fait l'objet du chapitre suivant.= ^ Strab., XVII, p. 797 et Sao. = w Tom. II , p. 407.

3ï4 faits relatifs aux inscriptions des temples. >wv , et j’ai dit que l’expression pilai , à la cour des rois Ptolémées et des Sélcucides , était un titre honorifique donné aux conseillers du prince m, selon un usage qu’Alexandre avait probablement emprunté des Perses : cette conjecture peut être appuyée de plusieurs exemples ; je me contenterai d’en citer deux: Artaxerce envoya quelques-uns des amis pour corrompre les Lacédémoniens èmèçeile -rivas twv piluv [xbtx iïoW.ûv et’i Aay.sôan'fiGva <3) ; Darius Codo-

man, qui fut placé sur le trône par Bagoas, était un des amis, eîç xcôv yt'XwvM). On pourrait ajouter également beaucoup de passages à ceux que j’ai déjà cités, dans lesquels pilai doit avoir le même sens il suflira de citer textuellement celui-ci de Tite- Live... cum se consideraturum , Anliochum adlubitis Amers, qtiid faciendum esset....ie) , qu’on peut rapprocher du texte de Josephe , cité plus haut, (p. 59.)

Le point à éclaircir en ce moment est la signification des mots èiziçâzrii et Ce dernier ,

que l’on traduit par greffier , faute de trouver un autre mot, me paraît désigner le fonctionnaire chargé de tenir registre de tous les actes relatifs à

(l) Supra , p. 5g-6o. Aux exemples cites, ajoutez, 1 Machab. XI, 27 ;3, VIII, 9: ailleurs on lit tov fàov roû (Saie-

’Xiu c ( i Machab. , VII , 8. ) ; la vraie leçon est tüv yûeov , variante des manuscrits. = Sclileusner en parle dans son JVoeus Thésaurus ( Tom. V, p. 453.). Il cite plusieurs autoritc's qu’on peut joindre à celles que j’ai rapportées ici et plus liant. = « Diod. Sic. , XI , 74.= w Ici. XVII , 5.= w 1 Machab. , III , 38 ; VI , 10 , 4, 28. — Polyb., XL, 12 , 4- — Decret. Sigeor. , 1. 9, i5 , 22 , inter Arti. Asiat. , p. 5i . = to) Tit. Liv. , XLV, 1%

• ' OBÉt.ISQÜE DE PHItÆ. 3ï5

l’administration du corps de troupes. Apollodore était à la fois ypccutxaxeùq et imç’drriz ; il faut donc que ce dernier mot représente des fonctions du même ordre , telles que celles d 'intendant , d’ administrateur du corps : ainsi Yépistate n'en était pas le chef, le commandant militaire. Ces observations sont confirmées par un passage où Arrien parle des chefs qu’ Alexandre donna en Égypte au corps des soldats étrangers U) : xü>v Si cni tm Çévuv apytiv A vxi'Sav Aîzùi-

?.ôv ypappaxia Si ènt vï>v ^e'yuv E vyvwrov intcrxônovf

Si ainütv , A iayy\6v te xai Eyunroi/ toi/ XaXxriJôva (f. XaXxriJdvioy) : on voit ici trois genres de fonctionnaires , 1 echef du corps aoÿ/wv ; le greffier y pappaxexii; les inspecteurs , « naxonoi , ou peut-être les intendans généraux. D’après ce rapprochement , le mot int'exanoi paraît synonyme de èraçâxyn j et nous en concluons qu’ Apollodore réunissait les fonctions de greffier et d 'intendant du corps des cavaliers. Je ne suis pas bien certain du sens qu’il faut donner aux mots rww katoikon ônrtuv. L’adjectif xarotxoi pourrait se rapporter au pays où le monument a été élevé , et s’entendre du corps de cavalerie cantonné dans ce pays. Cependant on ne peut nier que si l’auteur de l’inscription eût voulu exprimer cette idée , il aurait donné un complément à xdxoïxoi, tel que èv rfjSe xv X^P? » icdAet , ou tout autre de ce genre. Ce mot ainsi isolé , me paraît devoir désigner le corps de cavalerie composé d’ Egyptiens , par opposition aux £svoi, ptaSofipot , étrangers ou Arrinn. , Exped. Alexand., 111,5, 4.

3l6 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIOKS DES TEMPLES. mercenaires , que les Ptolémées eurent toujours à leur solde: ces xd-touoi iitntU seraient lesnrneë; iy/<o~ pto<| qui , selon Polybe <l) , fusaient partie de l’armée de Ptolémée Pbilopator j et l’on ne peut s’empêcher d’assimiler ces Jjumç xaÉTOtxot ou iy/thpioi aux équités indigence que la Notice de l’Empire place en divers lieux de la Haute-Égypte w.

Le mot èmçàvnz placé devant çvXamtùv, signifie donc, selon toute apparence, Y intendant du corps des gardes frontières. En effet , ce n’était point au commandant de ce corps à s’occuper de la nourriture des troupes : l’intendant en était chargé ; c’est lui qui devait s’adresser aux prêtres, et lever sur les revenus du temple diverses contributions.

Non -seulement l’intendant des troupes, mais les troupes elles-mêmes (al duvdpwiç), et toute la suite (ûroipeota) des officiers du gouvernement , mettaient le temple à contribution ; ce n’est pas sans raison que les prêtres se plaignent.

§ III. Exactions exercées envers le temple.

Ligne 9. Ils nous forcent de fournir à leur entretien : AvayxdÇouai «pdç IIAP0V2IA2 aiizoïç ttoiûaOxt. Le sens est clair ; car il s’agit évidemment de contributions exigées par les officiers royaux. C’est celui que j’avais donné au mot rapouaiaç, avant de connaître cette scholie: irpoaédouç , daqopiç, r; Kapovaia; <3>.

D’après l’importance des fonctions de Yépistatc ,

Polyb. V, 65, 5.=wI'ag. a ia.=^,«fcAo/. Lucian.,<n/ 1 Plialarid. ,53» cité par M. Boissonuaüe ( ad Aristœnct. , p. 481 . )

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 'il'J

on peut présumer que le corps des gardes frontières n’avait qu’un seul épistate ou un seul intendant. Les prêtres emploient encore le pluriel, parce qu’ils se plaignent d’abus exercés depuis long-temps.

Le pléonasme àvxy/.xÇovai oùy Ixo'vTa; n’a rien

qui doive surprendre : voici des phrases analogues , tirées d’une des inscriptions trouvées dans la grande Oasis : toc; j3ouXoft£voi; Exorsins ■xpoépyj'jOcu , — prix 7ipo9upt'a; EKONTA2 TzpaypjxzsveaSxt, — àicoVra; r pii (3i'av àcyeaOx i. Notre inscription porte plus bas àn-

(xyyjç-o; ee; tôv ypovov; et l’on peut voir plusieurs

exemples de ce pléonasme dans le savant commentaire de M. Boissonnade sur Aristénète C1).

Ligne io. Kaièx toü zmoûzou .aupêxîvei iXazroüaSai. Je ne crois pas qu’on puisse lire autrement cette ligne altérée t2). M. Cailliaud a passé deux lettres , et une à la ligne suivante, dans le mot y.ivâuvevuv. La locution est très-bonne. Démosthène, EtT9’ vpïv ovpSéërixev

EK TOïTOV zpufàv /. xi xchxxeveeûai (3) ; Polybe , ou

avvéëa ive jxeydlx toù; Pwfiac'ou; èXaiTCoSwat 10 j une des inscriptions de l’Oasis porte ES or ovuëtxtvu aù toù; pèv àpyupiÇeaOai.

Et nous eburons le risque de n’avoir plus de quoi suffire aux dépenses , fixées parla loi, des sacrifices et libations qui se font pour la conservation de vous et de vos enfans. Tà vopuîôpceva, qui signifie les choses prescrites par la loi, ou par l’usage

(l) Pag. 48 1 , 745.= m La copie de M. Bankes donne en effet cette leçon. = ü> Demosth. , Philipp. III , p. 1 1 1 , cd. Reisk. = w Polyb. XXV, 6, 5.

3l8 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIOKS DES TEMPLES. passé en loi , zi vôpupta, ivvopa, comme on le voit dans l’inscription de Rosette tu. Le substantif sousentendu me paraît être xprjjxazot. Ainsi , dans une inscription trouvée près des Cataractes , et qui est également du règne de Ptolémée Évergète n , on lit

xai zi zpcif zif xai ar.ovSii yptifxaza; de même

Thucydide : atpayta ir poÿyepov zi vopu{ôp uva U) ; Xénophon (3) , etc. On peut sous-entendre aussi zi iar.avr^ paza , ce qui revient au même ; par exemple : ûçe xai ZéXevxov zcv rü; Aoiaf fias t\ta yopriyeïv èx zw ioi'oiv rpooôSuv ziivza zi r.pôi zii "kuxovpyiaî zûv SvaitLv cr.tSdl— "Xovxa àaT.avr,u.aza <4>. Aï 3uai'a« ai y ivopévat signifie sacrificia solemnia. Selon la remarque de Vigier le participe yivépsvo; , dans des phrases semblables ù celles-ci, emporte l’idée de solemnis , ou de célébration obligatoire et périodique. Ainsi Dinarque a dit en ce sens Svotüv tôiv yivoptvuv xoivuveïv tc) , comme l’observe Zeune m.

Les mots irnép zt i/pûv x.t.X. rappeUent la

phrase du pontife des Juifs à Ptolémée Philadelphe : Eù6ù« cilv vu tp ffoû xai t>5; iôeltprji xai ztûv zixvuv rpoar jyày Gpev Buaiaç a) ; et cette phrase de Josephe : ëùvaa»

$i yapiçr,pio'Ji Suatai vr.'ep xni toi çpâzevuazoi auzr,-

ptaç

Il faut remarquer l’adresse des prêtres. Parler des

w L. 3a , 4o, 43» 4&- = w VI, 6g. = c) Sturx. , Lexie. Xenoph. , III, 206. — t4> 2 Mac/iab. , III, 3. = w Viger. , Idiot. L. G. VI , 3 , 1 . = w Dinarch. , Contr. Aristog. , p. 8 1 „ ed. Reisk. = Zeuu. , ad Viger. toc. laud. = ® Ap. Joseph. , Ant. Jud., XII, a,5. = w Id. XII , 8, 5.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3ig

sacrifices à Isis , des dépenses qu’ils entraînent', et de l’impossibilité d’y subvenir par suite des exactions, c’était s’exposer à toucher peu le cœur du roi ; un moyen plus sur était de rappeler habilement que ces sacrifices ont pour objet principal d’invoquer la protection de la déesse pour la conservation des jours de la famille royale.

§ IV. Formule de prière pour la répression des abus. — Êpistolographe de la Thébàide. — Parent , titre honorifique à la cour des Ptolémées et des Séleucides.

Ligne 1 3. Quel choix dans toutes ces expressions î JVous vous supplions , dieux très grands , de charger, s’il fous plaît. Le titre d eDieux grands, donné sur un monument public à Cléopâtre et à son fils Ptolémée Alexandre (1) , ne suffisait pas aux yeux des prêtres j ils se croient plus sûrs d’obtenir ce qu’ils demandent en allant jusqu’au titre de Dieu x très grands.

Le mot ûjxîv manque peut-être à la fin de la ligne, èàv (vp uv) «paiyjiTat : on lit dans une inscription de Gruter, ixv aùrû tpettvrttai (2). Je ne me dissimule pas qu’à la rigueur on peut se passer du pronom (3).

Ligne il\. La lettre des Samaritains à Antiochus Épipliane contient une formule absolument semblable : à|ioùpev olv <je t: poçdÇai Ar.oX)Mviu> xü> pspt-

w Voyez l’inscription d’Apollonopolis , supra , p. 98, = w) Corp. Inscript. DIII. = En effet, il manque dans la copie de M. Bankes.

320 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. àdpyri xat Ntwtvopi tw zà fixathxà npoizzovzt , fxrrflv r,uTv ivoylûv ,

La ligne finit par les mots stoekeka , ce qui est évidemment auyyivsï x®. La ligne suivante commence par AOrPAtai , c’est le reste du mot EmrroAOrPA<MU ; ainsi on ne peut lire autrement que ovyyevzï xai ir.içoloypoitpip. 11 paraît que la fonction de l’épistolographe était très-importante, puisqu’il avait charge de transmettre directement les ordres du prince à tous les fonctionnaires du royaume : c’était donc une espèce de secrétaire d'état , ou , si l’on veut , de secrétaire du cabinet. Cet officier est peutêtre le même que celui que Polybe désigne par les mots ô 7i pàî zoîç ypdupaoi zzza.yp.ivoi tt>. Les rois de Syrie avaient aussi un épistolograplie : Polybe en parle , sans nous faire connaître le genre de ses fonlions ; mais on juge qu’il n’était pas un moins grand personnage que celui d’Egypte, d’après l’appareil magnifique qui l’environnait, lors de la grande pompe que décrit cet historien C3>.

Polybe fait mention d’un Numénius , qui , après la guerre d’Antiochus , fut envoyé à Rome par Ptolémée Philométor et Evergète , pour remercier les Romains des secours qu’ils leur avaient fournis œ. Cette ambassade est de l’an 1G4 avant notre ère. R est possible que ce personnage soit notre Numénius. L’historien le qualifie l’un des amis des princes,

*** ^/«.Joseph., Ant.Jud., XII, 5, 5. = w Poljrb., XV, on, 7.= P> Id. XXXI , 3 , 16. = «2 Id. XXX , ii .

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3al

{va. r ô»v <ftku>v : ces princes avaient alors , l’un vingtdeux ans, l’autre dix-huit ou dix-neuf; supposons qu’alors leur ami Numénius eût trente ans; dans les anne'es ia6 à ia5, époque présumée de la requête, Numénius aurait eu environ soixante-dix ans; ce qui n’a rien d’invraisemblable. Il est au contraire tout naturel que Ptolémée Évergète , de retour dans ses états, eût confié une place aussi importante que celle de secrétaire du cabinet à un homme éprouvé par de longs services, et qui peut-être avait partagé son exil.

Ligne 1 5. Le stratège de la Thébaïde et l’épistolographe reçoivent des prêtres le titre de parent du prince , aw/yevra : ces deux exemples rappellent une inscription du même règne, que j’ai déjà citée (1), et dont les deux mots importans n’avaient jamais été suffisamment expliqués ; il y est fait mention de Marcus Pédius , parent du roi Ptolémée Évergète... et épistratege , Mocpxov ovyyevfi xoû fiatnlévî IItoAsfiaiov Evepyixo’j... i tai iruçpoi-rr/ov : j’ai donné le sens du dernier mot, èmçpâz-nyoî ; le premier, avyyevhî, a beaucoup embarrassé les critiques. L’inscription de Pliilæ, où nous voyons le même titre de avyytvriz attribué à deux autres grands fonctionnaires du royaume , nous révèle le sens qu’il faut lui donner ; c’est un titre honorifique, attaché sans doute aux grandes dignités de l’état, comme celui de notre cousin , donné par les rois de France , non-seulement

W Suprà, p. 276, 377.

ai

322 FAITS RELATIFS AL’ X INSCRIPTIONS DES TEMPLES, aux princes du sang, niais encore aux pairs, aux cardinaux , aux maréchaux , etc.

C’est un usage que les Macédoniens ont dû prendre en Perse. Nous savons que Darius, à la bataille d’Arbèles, avait, autour de sa personne, un corps nombreux d’hommes distingués par leur courage et leur dévouement pour lui , et qui portaient le titre de parens du roi , cognati regis , ou simplement cogna ti , euyymî; /SatortXswç ou avyytvtïs , comme le prouvent des passages de Quinte-Curce , de Diodore , d’Arrien et d’ Athénée C1>. Rien de plus frappant à ce sujet que le passage où Josephe raconte l’entretien de Darius, fils d’Hystaspe, avec trois de ses conseillers : il promet, à celui qui lui proposera le conseille plus sage; de lui donner, entre autres choses, une robe de byssus, un collier d’or, et le titre de son parent , xai ouyyivn; pou , £<p»i , r.lrp e«e£T«i tt> ; sur quoi Reland fait la même remarque que je viens de faire sur le ouyyevr,; de notre inscription. Alexandre qui , sur la fin de sa vie , imita en plusieurs occasions les usages persans, avait donné également à quelques Perses distingués le titre honorifique de parens d’ Alexandre : Calline, un des principaux officiers du corps de cavalerie appelé des amis , s’en étant plaint amèrement au nom de ses compagnons , Alexandre lui dit : « Eh » bien ! je vous adopte aussi tous pour mes parens. »

W cités dans Brisson , de. regio Persar. appar. , I , p. i3a , sq. — W Joseph., Ant. Jud. , XI , 3 , ù.

OBÉLJSQtE DK PHILÆ. 3a3

Aa/.’ iiuâ; T£ } £i5jzhovt«4 jftauTtâ ztûspxi miyycvet; (l). Ses successeurs suivirent son exemple en ce point , comme en beaucoup d’autres, principalement les rois d’Égypte et de Syrie ; du moins trouvons-nous ici la trace évidente de cet usage à la cour des Ptolémées B>. Cette idée m’a engagé à chercher dans les monumçns qui concernent l’histoire des Sélcucides, et principalement dans Josephe et dans les livres des Machabées , si je ne trouverais pas des traces de cet usage; je crois eu avoir découvert. Josephe fait mention du Crétois Lasthène , qui avait . amené à Démétrius des troupes mercéuaircs dont il se servit pour monter sur le trône de ses pères : A/itofrpto; 6 Ar,u.r,rptov uezà koIIûv fu a9oyoj5wv ou; jtapétr^cv aùxw AaoStvri; é K pr,; x.t.X. ü). En désignant ce Lasthène simplement par le mot le Cretois, Josephe montre assez que ce chef n’était point de la famille rojale. Le meme historien , plus bas, et l’auteur du premier livre des Machabées, rapportent la lettre écrite par Démétrius à Jonathas <4> ; elle commence ainsi : « Le roi Démétrius à Jonathas son frère , et » à la nation 'Juive , salut. Nous vous envoyons copie » de la lettre que nous avons écrite à Lasthène » notre parent [ tôj ovyyevit riwûv ] <5) , afin que vous

<1) Arrian. , VII, 1 1 , io.= w Je crois que tel est le sens du mot parent daus le passage où Porphyre parle du général Tyrrhus, qui battit Vlolémée Alexandre ( Suprà f p. 117.).= w Ant. Jud. , XIII , 4, 3. = w Ant. Jud. , XII , 4 , 9, p. 644. — 1 Machab. , XI, 3i. = ® La Vulgate, dans les deux cas , met parenti.

3a4 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES.

>1 en connaissiez le contenu. Le roi Démétrius à Las- » thène son pcre , salut , etc. »

Nous voyons, 1° dans la lettre de Jonathas, que Démétrius donne à Lasthènele litre de son parent; a° dans la lettre à ce même Lasthène , il l’appelle mon père. .

L’analogie de ce fait, avec ce que nous voyons dans l’inscription de Pliilæ , est frappante ; car il me parait assez difficile de ne pas croire que la qualification de parent , donnée à Lasthène , dans la lettre de Jonathas, soit purement honorifique, et due simplement aux fonctions élevées qu’il remplissait. Le titre de mon père, que le roi lui donne ensuite en s’adressant à lui-même , n’est que l’expression particulière du titre compris dans l’expression générale de parent ; c’est-à-dire, que les hauts fonctionnaires, honorés du titre de parent, étaient vraisemblablement ceux auxquels le roi , quand il leur écrivait , donnait celui de mon père , mon frère , mon cousin , ou autre titre de parenté.

Exemple analogue : l’auteur du second livre des Machabées parle en ces termes de Lysias , l’un des principaux officiersd’AntiochusEupator: «Ceprince, » étant monté sur le trône , mit à la tête des affaires

k un certain Ljrsias àvéSeiÇev éni rûiv itpayfuhuv

» Avai ’ecv uvd 0). » Josephe s’exprime dcmêmc : « An- » tioclius Épipbane , dit-il , laissa le gouvernement » des affaires aux mains d 'un certain Ljsias , qui

. î1* a Machab. X, fl.

OBÉLISQUE DE PHILÆ. 3a5

» jouissait de beaucoup de considération auprès de » lui. » : xaTaXucùv o'jv éiti iûv itpaypLecxuv Avate.v uvà, <f<5|av Zymvx r.ap' aitoi 0). Assurément ce n’est point ainsi que l’auteur du second livre des Macliabées et Josephe auraient qualifié Lysias, s’il eût été de la famille royale : cependant on voit que ce Lysias , après avoir été nommé gouverneur de la Syrie, et tuteur du fils d’Antioclius Épiplianes, portait le titre de avyyevri; (3aodéu; ; car l’auteur de ce même livre des Machabées dit plus bas , Auoi iitkponoç tov y.al avyyivr,i <2) ; et l’auteur du premier

livre , trompé sans doute par le titre de ovyysvra , se sert meme , à l’égard de Lysias , de la périphrase àirà yêvovi trj; (3swt Xeux; 0) qui semblerait ne pouvoir s’entendre que d’une parenté réelle , si les textes cités plus haut ne rendaient presque certain que Lysias ne devait le titre de parent qu’à la faveur du prince et aux fonctions éminentes qu’il remplissait.

Sous le règne d’Antiochus Eupator , fils d’Antiochus Épiplianes, et pupille de Lysias, nous trouvons une lettre des lieutenans romains, Quinlus Memmius et Titus Menius , au peuple juif j elle porte: « Tout ce que Lysias, le parent du roi [ 6 » ovyyevrii toù (3a oiXs'w; ] vous a accordé est approuvé » par nous <4). » C’est là le seul titre qu’ils donnent à ce général j mais Ptolémée Eupator, dans une lettre qu’il adresse à cet officier , autrefois son tuteur, l’app lie mon frère. « Le roi Antiochus à Lysias,

0) Joseph. , Anl. Jud. , XII , 7 , a. = w a Machab. , XI , 1 . = « 1 Machab III, 3a. = w a Machab. , XI , 35.

.laG FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. son frère , salut: » Bâtai Avtioj^o; tw àoù.zù Kuala, yxtpeiv (l). Nous avons vu plus liaut qu’Antiochus avait donné à Lasthène, chef des troupes mercenaires, le titre de mon père , qu’il donne également à un autre de ses généraux , nommé Zeuxis : Baailtvi Auxloyoi Ztûiièi toi r.axpi , yatpnv W). S’il m’était permis de faire une conjecture en comparant les occasions où je vois appliquer les titres de père et de frère , je dirais que le dernier est plus honorifique, ou, ce qui est la même chose, qu’il rapprochait d’avantage du prince le sujet qui en était décoré.

Cela nous explique peut-être comment le même Démétrius, dans la lettre déjà citée, donne à Jonathas le titre de mon frère. Si je ne me trompe, ce grand pontife ne reçoit une telle qualification que parce que déjà il avait été mis au nombre des parens du roi [auyyeveïç xoû j3aaiXita? ]. Cette conjecture, qui me paraît résulter des faits rapprochés plus haut, est confirmé par le premier livre des Machahécs et par Josephe : nous voyons en effet qu’Alexandrc Balas, prédécesseur de Démétrius Sùter , pour mettre Jonathas dans ses intérêts, lui avait envoyé l’agraffè d’or qu’il était cf usage de donner

aujc parens du roi: K ai népiret npô; IuvaS ry r.6p~r,v

ypuaéav , w; £0o; èçi àioiaSai toi; twv (3«ai).éwv auyyevsai l3>. En suivant toujours mon idée, je vois, dans, ces parens du roi , non-seulement les personnes ap-

(1) a Machab. , XI , 33. = Epistol. ap. Joseph. , XII , 3 , 4» = (j) Anl. Jud. ,X III, 4, 4, p. 643. — * 1 Mnchab. , X, 89.

OBÉLISQUE DE PHILjE. 3^7

partenaut à la famille royale par droit de parenté réelle, mais encore tous les grands fonctionnaires que les rois jugeaient à propos de décorer de ce litre : ils leur envoyaient alors une marque distinctive , une sorte de décoration qu’eux seuls avaient le droit de porter. Jonatlias, décoré de l’agraffe d’or par Alexandre Balas , et par conséquent mis au nombre des parens du roi, conserva cet honneur sous Démétrius Sôter , qui n’avait pas moins d’intérêt de le ménager. V oilà pourquoi il l’appelle mon frère.

Je suis convaincu que si , quelque jour , on trouvait une inscription qui contînt la copie d’une lettre adressée directement par un des rois d’Égypte à quelqu’un des grands fonctionnaires décorés du titre de parent, on verrait qu’il le qualifie également de mon frère , mon père , ou de tout autre titre déterminé sans doute par la nature et l’importance des fonctions du personnage.

Le passage de Josephe que j’ai cité plus haut, prouve qu’à la cour de Darius, fils d’Hystaspe, les parens du roi recevaient un collier <£ or, comme marque distinctive, ou décoration. Ce rapprochement me comfirme dans l’idée que cet usage , que nous trouvons établi chez les Séleucides et chez les Ptolémées , avait été emprunté aux Perses par les Macédoniens , de même que l’institution des amis ; et je trouve les deux qualifications jointes ensemble, dans un passage où Diodore parle de l’infl uence qu’exerçaient à la cour d’Artaxerce Mentor et Bagoas : ô'to y.a.1 auviSri toutou; irapà fiaàJ.û <7 uu-

3î8 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, (pwvoûvi aç ûçtpov nleïçov iayûaat rtûv çuO.wv xai cruyyevûw rûv r.ap Apxaliépty Cl).

Depuis que ces observations ont été écrites, j’ai eu connaissance de deux monumens w qui confirment mon opinion. Le premier est une inscription gravée sur le propylon du temple de Pliilæ :

©EOAOPOZ L. OAIIIOT TÛN2TITENQI II KH IIPOZTHNKT. I/n IZII AE

Ce qu’il faut lire : Qeoiïup oi Ato^wpou xûv avyytvüv rx» T.pài t>i v xupiav Ifftv ttîv cv <Pt\ett(. « Théodore , fils de » Diodore, un des parens, est venu adorer la mai- » tresse Isis de Pliilæ. » Les mots twv avyytvû >v , employés absolument comme tcüv npdruv ipO.uv (3> , ne laissent aucun doute sur le sens que j’ai adopté. Un autre fragment porte :

ZKVNH. UIANIZ ITENOrZKAIZT

La première ligne peut être tô r.poçxv vyua Tlaviaxcuvoi , ou Ilfltviaxou ; car j’ai vu le nom de üaviffxiwv dans une autre inscription gravée sur le grand propylon de Philæ, et Iïavcexoî se lit dans l’inscription qui fait le sujet du chapitre suivant; mais la seconde est nécessairement avyytv ouï xai ç-parr,yoù , ce qui est le même énoncé que nous avons vu plus haut : Lochus parent et stratège.

Diod. Sic. , XVI , 5o. = w Communiqués par M. Gau. = 10 Suprà, p. 59, 60, 3 1 4.

§ V. Demandes des prêtres. — Sens de ypripauapoi.

Les prêtres demandent que l’épistolographe ordonne au stratège de la Théba'ide :

i° De ne point exercer à leur égard ces mêmes vexations; pri napevoyfeïv hpâz r.pôi xaüxa ; la tournure ordinaire est r.apevoyfeïv nepi xtvoç (1> ; mais npôg xaùxa est fort bon : nous lisons dans Zosime avvxapa- XÛelç $k Ttpôg xaüxa m. Ainsi le stratège de la Théba'ide vexait les prêtres d’Isis.

2° De ne permettre à nid autre de le faire en quoi que ce soit , prjS <ïXXo> pnoev éntxpéneiv xô ai xô 7:01'^. Ordinairement èiuxpénetv signifie charger quelqu’un de faire ; je lui donne ici le sens de permettre, laisser faire, qu’on lui trouve bien souvent : voyez , entre autres, la lettre de Démétrius à Jonathas(3> et celle de Cyrus aux Juifs <4>.

S’il y a mhaen sur la pierre, comme le porte la copie de M. Cailliaud, il faudra entendre x«xà priS'ev, ainsi que je l’ai fait; mais il se peut quela pierre porte Mhaeni ; car on a vu que M. Cailliaud a quelquefois oublié des lettres. On dit également bien pnScvi ôXXca et ÆXX&> priSevi. Exemple : xô priSevi aXXto ëOvei x pané fai xo ivavetv tt> ; p/iSeig ÆXXoî ndvxuv r,p tôv lc) ; xat priSevi

w 2 Machab., XI, 3l.= w Zosim., I, fa, 3. = a) Ap. Joseph. , XIII, 3, 3, p. 636, fin. ; 637 , 1. 3 , 16. == ® Ap. eumdero , Ant. Jud. , XI, 1 , 3. — Cf. XIV, 8, 5.= Diod. Sic., Fragm., tom. X, p. 98, Bipont. = Pseudo-Piston., Epinom. , p. 987. A.

33o FAITS RELATIFS AUX IJiSCRIPTIOSS DES TEMPLES. a/l( i) iitixpecniotiv ; o et; tov aopôv 9é pou pn9éva irepov fi).r,9rjv<x i w>. Exemples de l’autre locution : oùx cliçai avri 5 âXXov o iiQiva. <3> ; àXX« pr,9svi ëpe~zi c,) ; iXXo; oti^et'ç te>; enfin, dans un des marbres d’Oxford , xsl o-Jte «Ùtoç wîtxjîaw aùreùv oiiOéva. O’Jze aXXw empira w- 6svl (6> , etc.

3° El de nous donner à cet effet les autorisations d’usage , dans lesquelles nous vous prions de consigner la permission d’ élever une stélé } etc.

Il y a amphibologie dans cet endroit: xai fip.iv iiiiv?.i peut dépendre de foôpeOoc, de <jovrâ£art , aussi bieu que de yodlai ; celte incertitude est lâcheuse : car il importe de savoir au juste qui , du stratège, de l’épistolographe ou du roi, doit donner les arrêtés que les prêtres demandent. Il serait grammaticalement plus simple de faire dépendre (hdovat du même infinitif ( ) d’où dépendent les deux infinitifs qui précèdent f prj xapcvoyXsîv et ur, ir.izpir.w. et , d’une autre part, il est bien plus vraisemblable que c’est de l’autorité supérieure que les prêtres attendent les xpuarispoi qu’ils sollicitent et la permission d’élever une stélé. Je me suis décidé pour ce dernier sens, et j’ai rapporté Mévai à dsoue Sx, sans garantir toutefois que l’une des deux autres constructions ne soit pas la vraie ; car nous ignorons complètement

ü) Joseph., Ani. Jud., XIII, 5, io. = w Marin. Oron., XIII , 5. = ® End. I, 13. = Inscr. ap. II animer , Topogr- Ansichten , p. ■ ^5. = Inscr. ap. Walpole , loin. 11 , p. 54^- = w Marm. Oxon. , II , 66, 67.

OBÉLISQUE DE PH1LÆ. 33 l

quelle était la juridiction du stratège de la Thébaïde, et si tous les actes et arrète’s n’émanaient pas directement de lui : c’est ce que nous saurons peutêtre un jour.

Les prêtres désirent donc que le roi leur envoie les arrêtés et pièces nécessaires pour cet objet. XprifjLanvjuol signifie en cet endroit arrêtés , décisions émanées de l’autorité compétente ; c’est le sens qu’il a dans l’inscription de Rosette : xat xaraywpérai £t;; rtavraî roùj ypr,pa~vjuc'jç xat ^[etypocrtfjpoii; tou; àvr,xovra; eii z r,v] ispaziîav ai/roû (1>, phrase où ypr, uxTvspoi signifie les actes et édits rendus par les prêtres, en ce qui concerne le culte. Aussi Hésychius interprète XpyipuxTiapèî par vouoGesta , qui doit signifier la même chose que vousSét/jua , un édit ayant force de loi. Diodore de Sicile le prend dans le sens , soit de sentences rendues parles juges ou par le tvim , soit de pièces officielles t0. L’auteur du deuxième livre des Machabées lui donne celui de lettres missives qu’on remettait aux députés t4) , et la Vulgate le rend par scripta. Dans un décret des Déliens (6) , on lit: ir.l ipyov to; Boiuzov, 0apyrj).twvo; Eixoyii , ypriuaTiff-

p. ô; çpzzrr/Lv ( arrêté des stratèges). Il parait même que ce nom s’appliquait à tous les actes publics et aux contrats qui portaient la date du règne du prince : c’cst ainsi qu’il faut entendre tcûv ypripazia-

(l> Lin. 5o , 5a. = ® Diod. Sic. , I , y o , y 8. — Cf. Wesscling , ad I, 64. -- 0) Id. XIV, i3; ibi. Wesscl. = w a M achat. , XI , i y . = Ap. Joseph., Ant. Jud. XIV, io, 14.

33» FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. fiûv àvecyepofilvav e«{ à/xforépouç dans Porphyre a> , les actes étant datés d’après tous les deux ( Cléopâtre et Alexandre ) , ou bien les dates des actes étant rapportées à tous les deux: car cet auteur dit plus bas et; fiivov i îè Ipluxo ueT«Ti'0£(T0at tov AXUavSpov pxzi rôv exeivr,; Savaiov zà ÏVMBOAAIA : le mot auuêû.aix est synonyme de ypriaa-tapot , employé plus haut u>. Cette acception du mol ypr,pauapoi , qu’on aurait peutêtre peine à trouver dans des uiouumens antérieurs à Alexandre, se rattache à la signification bien connue de xpYiaaziÇeiv , rendre la justice ou de donner une décision, qu’on retrouve dans les meilleurs écrivains attiques ; cette signification elle-même tient au sens primitif, qui est celui de rendre des oracles.

Quant au participe x*0>îxovt£; , dont le sens ordinaire est convenable , il peut signifier d'usage, conformes aux règles établies , î/optÇéptvoi; le rédacteur de l’inscription de Rosette l’emploie en ce sens , cuvzù.ûv S’Haï*; xai aroî/Æa; xai t alla zà KAHHkONTA 0) ; ce que trois lignes plus haut il avait exprimé en ces termes : auvzù.dv Suai 'a; xai anovià: xai za).la t« voulueIpeva <4). Les Samaritains disent également , dans la lettre à Antiochus , iduov eV avxoû ta; xaSijxoùaa; Suai'*; ts> ; et nous lisons dans le grec de la Bible : zûv lepéuv tei; xaBrjx oûa«; Avalai irpoaayôvtMV l6).

Il faut donc entendre par xaSrjxovtE; xpr.pauepot ,

• w Ap. Euseb. , Chron. , p. ii5 , 33.= 0> Sralig., ad Euseb. , p. 43o-= ® Inscr. Ros. ,1. 5o. — Cf. ,1. i5 , 16 , aa.= w) Ead., I. 47- = 48 Ap. Joseph. , Ant. Jud. , XII ,5,5. = w a Machab., XIV, 3i.

les décisions écrites , d’usage en pareille circonstance, queJ’épistolographe devait donner aux prêtres pour leur garantie. Car il ne suffisait pas d’ordonner pour le moment aux officiers publics de respecter le temple, il fallait que les prêtres possédassent dans leurs archives les pièces ou brevets d’exemption qu’ils pussent représenter, en tout temps, à quiconque aurait voulu , par la suite , mettre le temple à contribution.

•Ev n àvxypàÿouiv (1). On aurait dit aussi bien eiç f,v àvayfjcc^ofxsv. Les deux locutions sont usitées (* ; on les trouve toutes les deux sur le même marbre <3).

Zoëga a remarqué que les stelœ égyptiennes, dont les auteurs grecs font si souvent mention , ne sont peut-être que de petits obélisques. (w Si l’obélisque appartient au socle qui porte l’inscription, comme cela paraît certain , notre monument confirme l’opinion du savant danois.

Ligne 20. T rn yeyovviav fijj.iv r.tpi tovtwv ftlxv%ùjr.iav. Le mot tptlavBpuzia. a souvent un sens approchant de tvepyeata, dans les écrits de ce temps. Krebs le prouve par plusieurs exemples u) , auxquels on pourrait en ajouter d’autres l6). Veyomioc, qui doit s’entendre d’un futur antérieur , est à remarquer.

w Slrab. , III, p. 299, A. — Chandler, Inscr. Ant., Part. II, YI et XII , etc. = m Marmor Oxon. , CLVI , a3. — Monum. AUal. ap. Chish. , p. 147. — Inscr. Beron. ap. Wessel. de Archortt. Jud., p. 7, etc. = ü> Marm. Oxon. , II , 3o , 83 , 107.

De us. Obéi. , p. ia5.=w Decret. Rom. pro Jud., p. aa3. «= w Joseph. Ant. Jud. , XII, a , 3.— XV, 8 , 5.

334 FAITS relatifs aux inscriptions des temples.

Ligne ai. La copie est un peu embarrassée; mais le sens du moins n’est pas. douteux; je lis : icr dpyei (pour vnâpyri, selon une orthographe ordinaire sur les marbres) r.ap ccutà; eiç xôv âtfavx ayp6vovCl).

Ligne 2a. Toûxou âé ysvopév ou , èoôpeQa kai èv tgutocç tl>epyexrip.év<u. Ou trouve une phrase analogue dans la lettre des Samaritains à Anliochus Épiphane: yevouivou yàp tovtou , TîauuopsSa èvoylovpcvoi W).

La particule kai devant èv toutgiç n’est pas indifférente. Celte grâce n’était donc pas la première que les prêtres demandaient et avaient obtenue. Déjà le temple d’Isis avait éprouvé les effets de la protection du prince.

JM. Sur le sens général de cette requête, et sur son rapport présumé avec les hiéroglyphes de l'obélisque.

Après avoir éclairci, autant qu’il m’a été possible, les diverses particularités de cette pétition , il me reste à examiner dans quelle intention les prêtres d’Isis la firent graver sur un monument public , et s’ils obtinrent l’objet de leur demande.

Comme la première question dépend de la seconde , c’est par celle-ci que je vais commencer. Il me semble qu’elle est résolue par la phrase même dans laquelle les prêtres d’Isis demandent la permis-

W D’après la copie de M. Bankes , c’est irsto’ otirrâ qu’il faudrait lire ; j’hésite encore entre les deux leçons. = w Ap. Joseph., Ant. Jud. , XII ,5,5.

sion d’élever une strie : or, une stèle a été élevée ( car quelque opinion qu’on adopte sur le sens de ce mot, il est clair que le bloc de granit qui porte l’inscription a fait partie d’une stèle) ; donc ils en en avaient reçu la permission. Mais ils ne la demandaient que pour graver sur le monument la grâce accordée par le prince : ainsi la permission d’élever la s télé était inséparable de l’obtention de la grâce; donc cette grâce a été accordée.

Cette conséquence est appuyée par des considérations qui paraissent assez fortes : comment comprendre, dans l’hypothèse contraire , que le collège des prêtres, mal accueilli du prince , se fût exposé à irriter, contre le temple, des hommes puissans si évidemment protégés, en élevant, sans la permission nécessaire, un monument qui contenait la condamnation de leur conduite ? Etait-ce là un moyen de diminuer les vexations dont les prêtres étaient victimes? ne s’exposaient-ils pas à des avanies sans nombre, et qui , désormais, devaient rester impunies? Car, dès le moment où l’on voudrait que leur pétition eût •été refusée, il faudrait aussi convenir que le roi, eu rejetant une si juste demande, les aurait abandonnés au libre arbitre de ses officiers; et l’on peut juger, aux termes de la pétition, comment ils auraient usé de leur triomphe. Mais, quand les prêtres de Philæ auraient été assez imprudens pour vouloir le faire, on peut être sûr qu’ils ne l’auraient pas pu. Concevrait-on en effet que les officiers du prince, si com-

336 FAITS RELATIFS AÜX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, promis dans cette requête, eussent souffert qu’on exposât ainsi à tous les yeux le tableau de leurs vexations et la condamnation de leur conduite? En vain dirait-on que l’enceinte du téménos était peutêtre sacrée et respectée; ce serait reconnaître aux prêtres le droit d’élever dans cette enceinte tels monumens qu’ils auraient voulu ; et l’on oublie qu’ils en demandent la permission , preuve manifeste qu’ils ne le pouvaient pas. Ne serait-il pas absurde de supposer qu'ils sollicitent une permission dont ils n’ont pas besoin ? Il est évident que le stratège , informé de cette contravention, aurait ordonné de détruire un monument élevé sans permission , et d’effacer une pétition rejetée par le prince, dont la publication illicite, et faite uniquement dans une intention hostile contre le gouvernement , était une injure pour lui et pour ses officiers.

Il faut donc reconnaître, dans le fait seul de la publication de la requête, la preuve que les prêtres d’Isis obtinrent toutes les satisfactions qu’ils demandaient. Ptolemée Évergête protégea la religion égyptienne , de même que son frère Pbilométor ; c’est ce que prouve la' construction du propylon de Parembolé, du sécos d’Ombos, du pronaos d’Antæopolis, du temple de Dakkéh en Nubie, exécutée sous l’un et l’autre de ces deux princes. Remarquons qu’ils ne firent en cela que suivre l’exemple de leur père Ptolémée Épiphane; on sait par l’inscription de Rosette, que, pendant l’orageuse minorité de ce

prince, scs tuteurs firent, en son nom , construire des temples aux dieux de l’Egypte W) , réparer les anciens temples <2) j qu’ils leur accordèrent des exemptions de tributs et redevances l3> , leur firent des présens considérables (4> , leur concédèrent de grands privilèges C5) , et punirent ceux qui avaient commis d’injustes exactions envers les temples l6). Rien ne prouve mieux qu’au milieu des désordres de leur gouvernement, les Ptolémées ne perdirent jamais de vue l’exemplç d’Alexandre , qui avait si bien deviné le moyen de faire subir à l’Egypte le joug d’une domination étrangère, et dont la première démarche, dans cette contrée, fut de sacrifier au bœuf Apis °\

La requête , telle que nous l’entendons , se lie parfaitement bien avec tous ces faits. Ptolémée Évergète n, rentré dans ses états après six ans d’absence, dut écouter avec bonté des réclamations qui portaient sur des abus introduits pendant l’interrègne, et dont, la répression devait lui coûter d’autant moins, qu’ils pouvaient être la suite de troubles que son retour devait dissiper.

Quant aux motifs qui ont inspiré aux prêtres l’idée de graver la pétition même , on peut les deviner. 11 est possible que la réponse ne contint que l’indication pure et simple des exemptions de tout genre dont le temple devait jouir , sans faire mention des

Inscript. Ros. , 1. 33 , 3{.= W Ead. , 1. 3.J ,35.= w End., 1. 17, 18 , 29, 3o.= w F.ad., I. 14. = w Ead. , 1. 17, 18. =

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