‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 55 sur 84 · T> Arrian , III · texte numérisé non relu

T> Arrian , III

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338 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, abus dont il avait été l’objet. Ce décret , rédigé ainsi , suffisait aux prêtres pour les garantir de toute vexation , mais non pour attester la victoire qu'ils venaient de remporter sur les officiers du prince : au contraire, la requête contenait le détail de tous les abus dont ils s’étaient plaints, montrait à tous les yeux combien le prince protégeait le temple , puisqu’une pétition ainsi rédigée avait eu un entier succès.

On trouve, dans le recueil de Spon, une inscription grecque et latine, qui contient la pétition en grec d’un certain Sextilius Acutianusà Antonin-le-Pieux, plus le rescript du prince eu latin (1). De même, il est très-vraisemblable que les prêtres ont dû joindre à la copie de cette requête, soit la copie du décret royal, soit la mention expresse du succès de la demande, et une action de grâces envers le prince j ce qui répond à ces paroles : Nous y mentionnerons la bienfaisance que vous aurez exercée envers nous, pour que le souvenir s’en conserve éternellement. Voilà ce qui a dû être gravé sur un dés côtés du socle , ou sur la plinthe , ou sur toute autre partie du monument, enfin sur un autre monument placé en regard, et qu’on trouvera peut-être un jour.

Il est peu probable que les hiéroglyphes de l’obélisque, comme ou l’a cru, aient le même sens que l’inscription que nous venons d’expliquer. Car même en admettant que l’obélisque soit de la même date que le socle , et se rapporte à la circonstance expri-

1,1 Spon . Miteellan. érudit, nnt. p. 352 .

mée clans l’inscription grecque, il paraîtra peu vraisemblable qu’on ait traduit en hiéroglyphes la pétition écrite originairement en grec; ces hiéroglyphes devraient être plutôt une expression de l’action de grâces adressée par les prêtres au prince et à la déesse , en mémoire du bienfait obtenu.

Telle est l’explication a laquelle je m’étais arrêté , eu raisonnant d’après le texte même de l’inscription. Ce système, qui avait trouvé quelques contradicteurs, a été confirmé depuis sur tous les points. En premier heu, la découverte que M. Bankcs a faite de l’inscription du temple de Vénus à Philæ (,), où il est question du même prince , et qui est de la même époque , est une preuve de la sollicitude de Ptolémée Évergète pour le culte et les prêtres égyptiens. Non-seulement il a dû faire droit à leur demande } et permettre qu’ils inscrivissent sur un monument public la pétition qu’ils lui avaient adressée, mais encore il a voulu donner, à l’iledc Philæ et à la religion égyptienne en général, une marque éclatante de sa protection , en faisant élever et décorer par les artistes du pays, un petit temple à l’une des deux divinités égyptiennes, soit Athor, soit Nephthys, que les Grecs ont appelées J^énus.

En second lieu, les hiéroglyphes qui couvrent les quatre faces de l’obélisque ont été gravés depuis par lesordres de M. Bankes, qui en a donné connaissance à l’Institut; MM. Saint-Martin tt) et Cham-

Suprà, j). 8g. = ® Journal des Savant , avril 1812 , p. 216' et QQO.

34o FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, pollion jeune (1), qui se sont beaucoup occupés de l’inscription trilingue de Rosette , ont , dès la première vue, reconnu distinctement, dans ces hiéroglyphes, le nom d’un Ptoléme'e, et d’autres caractères qui ne permettent pas de douter que les hiéroglyphes de l’obélisque ne soient dans un rapport quelconque avec le sens de l’inscription grecque : ces savans pensent, comme moi , qu’ils ne peuvent être la traduction de la requête.

Mais quand même l’inscription du socle de l’obélisque ne pourrait fournir aucun secours pour l’intelligence des hiéroglyphes , elle n’en serait pas moins un monument des plus curieux et même unique en son genre.

(l* Revue encyclopédique , avril i8aa.

STÉLÉ DE i/lLE DE BACCHÜS.

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