‹ Recherches pour servir a l'histoire de l'Égypte pendant la domination des grecs et des romains, tirées des inscriptions grecques et latines relatives a la chronologie, a l'état des arts, aux usages civils et religieux de ce paysChapitre 56 sur 84 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Inscription grecque , découverte près de la première cataracte du Nil, dans l'ile de Bacchus, mentionnant un hommage fait aux divinités du pays , sous le règne de Ptolémée Évergète rr.

11 résulte de l’inscription gravée sur le listel d’une pièce intérieure , dans le temple d’Aruéris , à Ombos , et qui a été expliquée plus haut (,) , que les officiers des troupes stationnées dans la Haute-Égypte, ainsi que les autres employés du gouvernement, sous le règne de Ptolémée Philométor , firent disposer et orner à leurs frais le sécos d’un temple égyptien W). L’inscription qui va faire le sujet de ce chapitre , se rattache , jusqu’à un certain point, à celle d’Ombos par la nature des faits dont elle nous a conservé le souvenir j car elle nous apprend que des fonctionnaires publics, sous le règne du successeur de Philométor , firent entre eux une souscription pour fournir aux dépenses de sacrifices en l’honneur des divinités du pays. Ce monument a été découvert par M. Édouard Rüppel, qui rend compte de son voyage dans une lettre datée du

(l> Supràj p. 76-81. = 0) Supra, p. 87.

34 2 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. a5 novembre 1817, adressée à M. de HammerU), et dont nous extrairons le passage suivant :

« Pendant que j’étais à Assuan , dit M. Rüppel , » mes bateliers m’informèrent que, dans une île » des Cataractes , on trouvait des ruines qu’aucun » voyageur n’avait vues. Cette île est appelée Esse - » hel , et les savans de la commission d’Égypte, » sur leur carte des Cataractes, la nomment Séhelé c>. » Là sont en elfet les ruines d’un petit temple presque » enfoui sous ses propres débris , et qui ne sort de » terre que de quelques pieds. Dans le portique, je » trouvai une espèce d’autel (ou plutôt une dalle) » de granit noir ; sa forme est celle d’un rectangle » obloug de 3 pieds 7 pouces de haut, sur 1 pied »> 10 pouces de large, et 5 pouces et demi d’épais- » seur , portant un vase et deux croix ansées : on y » voit une inscription en beaux caractères grecs du » temps de Ptolémée Évergète. J’ai apporté l’ori- » ginal avec moi à Livourne, et je me propose de le » déposer dans la bibliothèque publique de Franc- » fort-sur-le-Mein , ma patrie. Comme je suis très peu » versé dans l’étude de la langue grecque, je laisse » à de plus habiles le soin d’expliquer l’inscription.»

M. Rüppel a joint à cette lettre une copie qui me paraît suffisamment exacte : on n’y voit que de légères erreurs, qui proviennent de ce que le copiste a confondu ensemble des lettres de meme forme ; toutes les ligues sont d’ailleurs entières, à l’exception

Mines de l’Orient. X. V, p. 4^7*453. = Anliq. , vol. I , pl. 3o.

STÉliÉ de l’ile de bacchus. 343

d’une seule , à laquelle il ne peut manquer qu’une lettre ou deux , qu’il ne m’a pas été bien difficile de suppléer ; et je suis à peu près sûr de toutes les parties du texte corrigé que je vais donner ci-après.

L’inscription se compose de trente-quatre lignes, et forme deux parties bien distinctes; la première, qui a dix-sept lignes , de trente à trente-huit lettres chacune, exprime l’objet du monument; la seconde, qui a le même nombre de lignes, ne contient qu’ube liste de noms propres, les uns grecs , les autres égyptiens.

Ce monument est curieux sous plusieurs rapports: son objet lui donne quelque importance, pour l’idée principale qui doit ressortir des faits développés clans cet ouvrage, et il contient plusieurs particularités nouvelles. Il est de plus très-remarquable , à raison des noms de divinités du pays qui y sont mentionnées, avec la synonymie grecque et égyptienne ; enfin les noms égyptiens de plusieurs des signataires de cette inscription offrent un aliment aux recherches des orientalistes : mais ce sont là des points que je ne dois toucher qu’avec beaucoup de réserve. Je me bornerai à la partie dont je puis parler avec quelque connaissance de cause, c’est-à-dire, de l’interprétation historique et critiqua du texte grec.

344 FAITS relatifs aux inscriptions des temples.

Copie de M. Rappel.

1 raEPBAÏlAEfilnTOAEMAIOlTKAIBAÏlAIÏïHS

1 it\Eon atp a ith i a ae a+h leEnN Erpr etün

3 KA!TQNTF.KNnVHPÜlAHÏAHMO«.NTOÎ

4 BEPEMKETÏOAPXIÏOMATO+rAAEAAliTPATHroï

5 KAIOÏXVNArONTEZENIHTHITOÏAIONVXOV

6 NHïOIBaIIAUTAIOM AONOMATATnOKEITAi ’ XNOVHEITOIKAIAMMOMIXATEITHIKAIHPÀI

8 ANOÏHEITUIKAlESTlAirETEMn AMENTErTOlKAl

* AIOM ÏOinETENIHTElTÜlKAIKPOMimETEI'iïHNE

10 TniKAIEPMKlSEOIÏMErAAOIÏEAlTOIÏAAAOlITOIÏ

11 EnrrorKATAPAILTOVAAlMOÏlSTIISÏTHAHMLAn*

** nPOÏTAÏOÏÏlAÏKAlînoNAAÏTAÏEÏOMENAÏ

15 ENTHXIVSOAaiKATATAïnPÜTAIENATAÏTOT

14 MHNOïEKAETOYKArrAÏAAAAIEnOMTMOTXttMEPAï

15 AlEKASTorElïENHNErMENAXPHMATAEM 11 nAniorTOYAAlMONlOTTlPOHATOTKAl4

" AIONrlIOVTOÏAnoAAQMOriEPEOïTHÎÏTNOAOr >a HPÜIAHIABMOMlNTOÏÏAPAniONAMBlONlorAMSONlOYÏAnOAAllSlOT

» EPMIAÏAMMOMOr ao luniAiAMMQNior ai AïonmoEAnoAAONior 22 ♦lAAMMON'MA AMMONOZ 35 AMMONlOÏAnOAAÜNIor

24 nETEAI0HïlI*ANOr*10ï

25 AaPiÛNAIlOAAÜÎilOr

28 ’FENXNOTBIïnEAAIOV V □ANIÏKOIKE-FAAONOS ]« YENIIOHPIXnETHlIOX

29 nPQTAPXDïnPQTAPXOV 50 nPQnOMIl'AKAEIAOV

si ZAPAnONAnOAAQNlOr 53 AIONTSUïnE+AAONOÏ 35 riAXNOTHZTOTEorZ 34 UEAAIAïnEAAlOT

AïltAHIlIAAHZnTÔAEMAlOrïEINIAAHI

iTAior

AlONÏilOÏAMMQ.NlOYAPMOAlOiRAZULlAOr

NHIIQTHir

aiou vïiov a nnoA . . . ot AZKABniAAHZAIOÏtTSlOr AIONïaOïZAXPATUl eïmeî^hïAiosi

AnoA AONIOZ1TAKOV IlEAAIAZZMESlXNOrBIOX.

STÉLÉ DE L’iLE DE BACCMVS.

Texte corrigé.

1 Vit «p fixai), toi; IlxoXtuxtou xai fixai Xicox;

KXioirstxpa; xü; iotXpü; , Stàv Eùipytxwy, xai xüv xtxywv , llput tfx; Axftoyoivxo;

Biptvtx: j; , b àp -ytz lo iixz oy'j'kxp xat ç-paxxy®; ,

5 xai oi m»vctyovr*{ iv ïüxtt, xü xoü Atoyüaou

6 v 1776) , fixailiçxi , wv xi oyôpaxa viroxttxat ,

7 Xyo'jÊtt tü xai Âuuium , Uni xü xat Hpa,

8 Avaûxit xx xat E^ta , IIjxtu77aptyxtt xü xat

9 Atoviou , ritxtyaxxtt xü xat Kpoy<u , lUxtyaüvii

10 xri xai Épittï , 5 toi; piyaXot; , xai xoï; àXXot; xoî;

1 1 èiti xoü Kaxapâxxoy jaipoxtv , xüx çüXr,y , xai x*

12 7tpb; xi; .Suxia; xat xitovÆi; xi; cxoprva;

13 èy xxt xuyoow , xaxi xi; itpwxa; iyaxa; xoü

,+ pxvb; ixàç’ou xai xi; âXX»; iiroiyjpov; üuioa; >

*5 <ft’ txi'ou lixivrgytyptv* jtpxaaxa , iiri

16 ITairtou xoü Aapoivtou itpo^ixou xai

17 Atovuatou xoü AiroXX&mou ieptw; xü; auyôJou

14 Hputtfa; Axuofwyxo;, Saparctoiy Appoivio-j, Appüyto; AiruXXomov

15 Ëpwta; Àupoivtou * flaitta; Aupeovtou 31 Atoyütrto; AiroXXuvtou 33 4>cXxuptuv, 4>tXâuuovo; 33 Axttüvto; AiroXXoïytou x* Ilixiatoxat; «tayoùfto; 33 Aoiotuy AitoXXwvtov a* 'H’yyryojêt; IleXXiou 37 Ilxvtxxo; KfÿaXüvo; sa H'tyo'xpt; Üixüxto;

39 Ilpûxap^o; Ilpoixâpj^ou

30 ripuxtuy HoxxXtiJov

31 Sapairtuv AaoXXwvtsv 33 Atovüato; KcpaXûyo;

33 Ilajryôxx; Toxtoy;

34 IltXXta; rieXXtou.

AsrxXwrtàtfn; IlxoXfpatou, EstyixJx;

[2<w]xpstxov

Aiovjxto; Àauuvtov, Appôifto; (SauXtiJou yxatwxr:;. . ■ Atovüato; AîxoXfXomJou Ao’xXxittâj'x; AtovOatou ,

Atovüato; Soixpâxou, Eifttvx; Atov[uatov]

AiroXXüvto; Ixixou IltXXia; Zutviyvo-jCto;

Copie de M. Riippel.

' YnEPBAZlAEÛïnTOAEMAlOYKAIBAZIAIXïHI 1 KAEünATPAZrHZAAEA*HZeEÛNErPrETQN 5 KAITQNTEENOXHPQIAHÏAnMO*C.NTOÏ * BEPIiMKEYZOAPXlZCMATO*YAAZRAlZTPATHroZ

5 KAlOlZYÎl'AroVTEZENZHTHlTOYAIONYZOY

6 NHïCIBAÏIAlïTAIDNTAOSOMATAVnOKEITAl

7 XNOYBEITDIKA1AMMOXIZATEITH1KAIHPAI

8 ANOYKEJTIIIXAIESTI AirETEMnXMENTEITÛIKAI

8 AIONTïOinETENIHTEITOIEAIKPONOmETENZHNE 10 TQIRAlEPMEieEOIÏMErAAOlïKAITOIÏAAAOIITOIÏ " Eli 1TOTK ATAPAKTorA AïMOïlNTHN ZTH AHNXAn*

12 nPOZTAZOYZI AZKAIZnoN AAZT AZEZOMEN A Z 15 EI'fTIHZ YNO AÛ1R AT AT AZnPÛT A ZEN AT AZTOY

14 MHNOZEKAZTOYKAITAZAAAAZEnüNYMOYZHMEPAZ

15 AiEKAZTOYEIZESHNEl'MENAXPHMATAEm 14 IIAnioYTOYAMMÜNlOYnPOZlATOYKAI7

17 AlONYXlOYTOYAnOAAnNIOYlEPEDlTHZZYNOAOY

18 HPOIAHZAHMO'MlNTOXZAPAniQNAMMQNlOYAMNIÜNlOYZAnOAAQNIOY

19 EPMIAZAMMQNIOY AZRAHniAAHZnTÔAEMAlOYZEINIAAHZ

30 nAIlIAZAMMÛMOY ITArOY

31 AlONYZIOZAnOAAONIOY AIONYZIOZAMMONIOYAPMOAIOXBAZUEIAOÏ

33 *IAAMMON<MAAMMONOZ NHZlÜTHZr

33 AMMONIOZAnOAAQNIOY AIONYZIOrADnoA...OY

34 nETI AIOHZlZtASOY*lUZ AZK AltlIIAAHZAIONYZlOY

33 AQPIQNAllOAAONIOY AIONYZIOZZAXPATÜYEYMENHZAlONI

33 ŸENXNOYBlZnEAAIOY

37 nANIZKOZRE*AAONOZ

38 TENnOHPIZnETHZIOZ AIIOA AÜNtOZITAKOY

39 nPQTAPXOZHPÛTAPXOY nEAAlAXZMENlXKOYBIOZ.

90 nPQrlQNUPAXAEIAOY

31 ZAP An tlN AnOA ACNIO Y jj AIONYZOZnE*AAÛNOI jj nAXNOTHZTOTEOYZ

34 II E A A1AZHEA AIOY

STÉLÉ DE l’iLE DE BACCHUS.

Texte corrigé.

1 Ynip fixvOiùiï Ilro Xtpaéov xai ()xi7Ùi<T<mi KXtOTrxTpa; zn; àitXfrti , 5îüy EùipyiTÜy,

5 xai tüv Ttxvuv , HpuiiJjiç AzptoyüvTOC * Btptvtxtv; , o àp^tî'-oparop jia; xai çpxrrr/b; ,

5 xai oi irvvâyovTt; iv Zxtic, tô toù Atoyù?ov

6 vnTW , jSaa ù.içai . wv rà oyéftaTa ùjroxciTat ,

7 Xvoùëti tü xai ÂjJLfJMUt , 2xrit Tp xai Hpa,

8 Avovxtt rp xai K-ia , IItTia7rxatvTti tü xai

9 Aiovjffw , IltTtvffriTit tü xai Kpoytu , IltTTvaxvtt tü xai Épate , Stot; /ityâXotç , xai toï; àXXot; toï;

** t7ti toù KaTapâxrou Sxifioaiv , txv ipoXr.y , xai tk '2 irpô; ri; 5uaix; xai arovffàî Ta; tioasva;

15 iv rp avvotfw , /ara Ta; jrpÜTat ivstTx; toù

1 * u r,vbç ixâ^ou xai Ta; xÀXa; iiruvùuo’j; zaipx;,

,s <ft’ txaçou fiaivuvtyptfva jtpiuaTX , ijri

16 Ilxirtov toù Apiftwvioy npo^aTOU xai

,r Atovaatou toù AttoV/.wvîov itpeu; tü; yuvôJov

*® HpwïJr; AxptopüvTO;, ïapastwv Apiptomov, Aftptüvto; AjroiXXomou

19 Epata; Aptaïuvtov

30 [lajrta; Axaomo'J

31 Atovùato; AtroXX&iviou 33 <l>tiàpipto)v, «tiXâpiaovo; 33 Aaptüvto; AttoXXoivcou a* IltTtatônot; «tavoùyio; 3* Aoiotoiv AttoXXuvcov

w 'Ecv^youfit; IltÀÀtOJ sa Ilxvtaxo; KtyxXüvo;

M 'Ftvo'xpt; ntTÀTto;

X9 npürap^o; npwTÔp^ou 3o ripurtuy HpxxXtitfou si Eapairtuv AjroXia>vtO’j 33 Aiovùato; KtpxÀüvo; ss IJa^voTz; Totiouç m IlsXXtx; IDÂ/to-J.

ÀazXj77rtà<?r,; IlTOÀspatou , îtivtxefx;

[Sw]xpstTOu

AtovùiTto; Aauoiviou, Apptojto; (3x7iXit<fou VXOtÜTXÇ • . .

Atovùato; AxoX[Xuvi]ou AoxXxfrtàJ»!; Atovùotou ,

Atovùirto; Swxpârou, Eùjxtvx; Atov[ufftouJ

A-oXXüvio; Îtxxou lltXXta; Zptvt^voùCto;

Traduction.

« Pour la conservation de Ptolémée et de la reine » Cléopâtre sa sœur, Dieux É ver gèles, et de leurs » enfans,

» Héroïde, fils de Démophon , natif de Bérénice, » commandant des gardes-du-corps et stratège, et » les Basilistes, qui tiennent leurs réunions à Sétis , » Pile de Bacchus, dont les noms sont inscrits ci- » dessous,

» A Chnoubis , appelé aussi Âmmon ; à Salis , » appelée aussi Junon ; à Ânucis , appelée aussi >) Vesta; à Pélempamentès, appelé aussi Bacchus; » à Petensétès , appelé aussi Saturne ; à Petensénès , » appelé aussi Hermès, dieux grands; et aux autres » divinités adorées à la Cataracte ,

» Consacrent cette stèle, et les sommes fournies » par chacun d’eux , pour les frais des sacrifices et » libations qui auront lieu dans le synode, pendant » les premiers neuvièmes jours de chaque mois, » et pendant les autres jours éponymes ; Papias, fils » d’Ammonius, étant prostate, et Denys, fils d’Apol- » lonius, étant grand-prêtre du synode. »

Suivent les noms, qu’il me parait assez inutile de traduire.

Digitize

STÉLÉ DE l’iLE DE BACCHUS. 3/(7

Page 1