DÉCRET DES BUSIRI TA INS
que la fin de $oyaàxi&i , il arrête , il décrète , il ordonne , mot employé souvent dans cette acception ; ainsi : idoypocuaev ri cùy/t.nzoi u) ; èïoypdrt'jzv
xar’ mavtôv a/e tv tàî'îe ta; ripépxi (i) ; Diogene Laerce: tô <?o/p.an£etv èçi xô âàyux TtSivat (,) : les anciennes gloses portent 3oyp.axifa , consulto , censeo , décerna <4).
Maintenant il est clair que les lettres taeteoseot EArro annoncent un accusatif qui dépend d’un des deux verbes de la phrase : la lettre e devant aïto est marquée d’un trait, preuve qu’elle est douteuse; il faut lire évidemment ta» iaoQéou; avT&ù: reste à suppléer le substantif : ce pourrait être ziuà; ; car rien n’est plus commun que l’alliance d. s deux mots iaôSeot zipal, particulièrement dans l’ixpression zvyeîv iia- $éü)v ztfiùv tj). Philon dit de même xà, hohirj-ntovs avrô» xtuà; iÿriytaxvxo (j>, et Dion Cassius, zc> f; ôpScô; avxxpyr/oaet ia69eoi T tuai àtêovzcn m.
Mais d’après les deux lettres no , heureusement conservées au milieu de cette lacune, il est clair que la vraie leçon est eiu]no[iae. Le mot èittvotxt signifie en général le résultat d’uue méditation continue <8> ,
w Decret, ap. Joseph. , Ant. Jud. , XIV, 10, 22. — Diod. Sic. , Exc. de Legg. T, X, p. 28 , ed. Bip.— » 2 \facca6., X, 8.
— XV, 36. = w III , 5i, ibi. Menag. ■= w Ap. Labb. hdc voce. = Diod. Sic. , 1 , 11 , 90 , 97. — III , 56. — IV, 48. — Plutarch. in Thés., § 53. — In Pjrrrho , § 1. — Polyb. X, 10, 1 1.
— Dionys. Halic., Ant. Rom., I, p. 35 , 1. 19., ed. Sylb.— Porphyr., De abslin. II, 3 7, etc.= ® Ad Caïum , p. 56/ , ed. Mangey, = LI , 20. = w Arrian. in Epict. , I. 14, 8.
4oa FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. les idées (jri on a conçues ; delà ces locu lions : xaraazsustÇeiv ïpyx Baupxçà. — tjû trtivoiai; xxi rat; yopr,ytxt ; ü> ; et c'ià to tous Pupaiou; r.ioat; rai; éctvotat; y. ai r.xpx'jy.evat; nepi rèv ÀvviSav — yiveaSat (,) j enfin *£ oîxeiwv £7îivoiwv et; roizo ro ayr,px r,yxyev , qu’on lit dans une inscription de Caratnanie , selon la restitution que j’en ai laite ailleurs <3). Dans le cas présent, £7ti votât s’entend des dispositions avantageuses au nome de Létopolis et à toute l’Égypte , et qui sont le résultat de la sollicitude divine du prince j car ta 60 eoi irivotat revient à irtivotat tsat rat; zûv Beûv CTZtvoiai; .
Après EtiiNOlAE , il reste place pour deux lettres devant ethaei mis pour ethahi (5) ; on doit lire en etiiaei : les lettres AtfMENAt, au commencement delà ligne suivante , ne peuvent tenir qu’au mot pév a; j en sorte que nous avons jusqu’ici foypazifat rie; iaoOéou; aùfoù ir.tvoia; iv çrp.r, deorpupiva; rot; iepot; ypdy uxatv ; ce qui me paraît laisser peu de prise au doute : au lieu de fo&]XupÉv«ç , on aurait pu dire aussi iyxeya.payp.ivp rapporté à ç-rjXvj. Ainsi, «vateôwai âè
xxi yakxr,v iïélrnv iyxeyxpaypévrit ypippxat Pupaïxot;
•/.ai E?-?.»iVizoî; <6> j et ex ro ûv — ietpivoiv çrpûiv h pi çaoi $tx).ixzx>i , v.ai tepoypxftxoï; ypàppxn t m ; mais l’emploi de o>]).oüo0ai est bien plus fort , et plus conforme au style des édits , on trouve à chaque instant , dans
(l> Diod. Sic., 1, Se^^Polyb., V, i io, i0.= b) Journal des Savant, année 1819 , f>. 390. = (4) Srhiefer, Melelemat. crilic., p, 5 y. = w Stiprà , p 334- — tt) Decret, ap. Joseph., Ant. J ud. , XIV, 10, 3. = w Manctho, ap. Syncell., p. fa. B.
DÉCRET DES BUSIRITAINS.
les décrets impériaux : rà Tçtxpa.çdvza fipîv , y.où iià toutou tou vopov ir{Xovpeva. tu.
Nous voici arrivés à la dernière partie de la phrase:
AitfmMNHMONErEEe Les lettres Aictfru, avec un trait
douteux sous le a, nous représentent évidemment aieÆm, d’autant plus que l’autre copie donne Aitfs; et quant à la lacune de quatre ou cinq lettres après pvy)ixovfÜEff9ai , elle ne me paraît pas devoir être remplie autrement que par icavrc'; ce qui nous donne atcôyt pvriuovsvsoBcu iravTt'. On trouve dans Philon èv atcôyt W) , ce qui revient au même , rien n’élant plus ordinaire que l’ellipse de Èv ; comme, y pivot; o.iom'ot; oeotyripivov <3>, pour Èv y pivot;; le sens est le même, savoir celui de et; tov ati&vot , tco; ac’côvo; , aypt atùvo; , qui revient à et; \rov ârcavxa. ypivov éternellement , cticovl o>; , etiStm;. La locution atcôvt jtavTt, analogue à èv 7t<xvt(14> ou â7:avTt t5) xatoeô, est employée par opposition avec atcôvt Èxttvcd (6) qui se dit du siècle présent.
La phrase entière est donc ’ïoyp.xziÇst yàp rà; iao- Gsov; aùto[ü Èrt]vot'[a; Èv] r>5Xr[i5E3V!]).coft.sva; rot; isp oï; ypdp.u.a.otv atcôvt pvf]povsvsaO[at itavTt].
Ligne 23. La copie du Quarterly-Review porte EeiArENOMENOr , ce qui devait naturellement faire conjecturer ©EiA.rENOMENOc ; et c’est en effet la conjecture que j’avais formée , en faisant de geia le régime
Novell. , 109, 11 6, ti9,etc.= w Philo, ap. II. Sleph. in Thés. L. Oræc. ~ w S. Paul. Rom., XVI, a5. = w Inscrip. Hcrmap. , lin. 3 , ap. Arum. Marc. , XVII , l\. = Decret, ap. Joseph. , Ant.Jud., XIV, 10 , a3.= w De Rhoerad Porphyr. , de Abstin., p. 33o.
de pwp-ovevioOai qui est auparavant. La leçon hapatenomenoc, que M. Leake m’annonce comme parfaitement distincte, est incontestable j de ce mot dépend eietonNomon de la ligne suivante : on traduit, dans le Quarterly-Review, car ayant assisté aux rites Jixcs par nos lois; mais il n’est pas question de lois : vopô; signifié en cet endroit nome; en sorte que zapa-
yevifjievoi et’î tov vop.Lv doit se traduire par étant
venu dans le nome [ de Létopolis. ]
Le tap qui suit r.apayevopev o; , annonce que c’est à l’occasion du voyage de Balbillus dans le nome , et des dispositions qu’il y a prises, que les Busiritains ont rendu le présent décret.
HMûS ne peut être que hmc£n ; je lis ripûsv tppovzlaai: on trouve de même dans l’inscription de Rosette
Trapa ysvopevoç £t; Méuçiv , izapiivosv rw r.azpi navra;
£K&).aa£v a). Il s’agit ici du voyage de Balbillus dans sou gouvernement. Les préfets d’Égypte avaient l’usage de faire des visites provinciales dans toute l’étendue du pays ; c’cst ce qu’attestent des inscriptions recueillies sur le colosse de Memnon 0). Strabon raconte plusieurs circonstances du voyage d’Ælius Gallus dans la Haute-Égypte ü); il fait même entendre que ces voyages n’étaient point rares <4) , et il parle des bateaux thalamèges , ou ■yachts , réunis à Schédia pour l’usage des gouverneurs qui visitaient l’intérieur du pays ls).
«> Insc. «os. , 1. 27.= W Supra , p. 265. = 0' XVII , p. 806 , 8,5. = 10 Id. XVII , p. 817. D. = l5) ld., p. 800.
DÉCRET DES BUSIRITÀINS. . 4<>5
Ligne a4- Parmi les lettres apm.ain qui commencent la ligne, il y en a deux , M et A , qui ont été marquées d’un trait pour indiquer qu’elles sont douteuses : je lis sans hésiter aphmin , en plaçant à la fin de la ligne précédente les lettres TûîNn ; et la phrase devient tov H).tcv [twv 7t]æû’ r,u.?j tr.6r.-riv /.ai aartUfM. On voit souvent 6 HXto; toévtwv tr.ir.x tj; a,j et Porphyre nomme le soleil 6 ttavôm r,i u). Les mots n pouxvvifaa; tov HXiov niv Ttap’ rtph, etc., supposent nécessairement l’existence du culte particulier du Soleil à Busiris, et celle d’un temple de ce dieu, voisin ries pyramides. Il est à remarquer que des fouilles récentes faites au pied de la seconde pyramide, par M. Bclzoni, ont mis à découvert les restes d’un portique auquel on arrive par une chaussée qui descend vers le grand sphinx ; et toute la partie inférieure d’un temple très-vaste, lié avec ce portique , et s’étendant vers la pyramide jusqu’à la distance de cinquante pieds seulement. Les murs extérieurs étaient formés de blocs énormes, dont quelques-uns ont plus de vingt-quatre pieds de long, huit de large, et autant d’épaisseur : enfin ce voyageur trouva un pavé continu qui , partant du pied de la pyramide , allait aboutir au temple. M. Belzoni n’hésite pas à penser que ce temple , le grand sphinx et la pyramide , ont été érigés en même temps. D’après le texte de l’inscription, je regarde comme très-probable que ce grand temple,
{l> Lennep. ad Phalarid. , p. i5a. = De Abstinent. , II, 36 , lit. , De Rhoer.
4ot> FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, dont aucun auteur ancien n’a parlé, est le temple du Soleil , mentionné dans cette inscription.
Lignes a5-?.G. Je ne crois pas qu’on puisse conserver de doute sur la manière dont je restitue la fin de la ligne a5 et toute la suivante:
T[lIIT]ETû?Nnrp[AM]
l[A&y]NME[rAA]EIOTHTIKAlVHEP<PVIAlTEP<î>eEn:
» Ayant été ravi de l’aspect majestueux et de la » grandeur colossale des pyramides. »
Le mot s’entend proprement de la
grandeur morale des personnes ou des actions, comme l’adjectif peyaleîo; dont il est formé; cet adjectif est ancien dans la langue , mais je ne sais si l’on trouverait l’usage de [xr/aAitcrru avant la formation du dialecte alexandrin. Il est à remarquer qu’ici ce mot s’entend de la grandeur physique, ou du moins de l’effet produit par cette grandeur, comme nous dirions en français l’aspect majestueux des pyramides.
Après fieyahtôzriu vient rriEPovrA , avec l’indication d’une lettre douteuse. Serait-ce rnEPorciA, mot inconnu dans la langue grecque , mais qui , par sa composition, serait assez propre à rendre le sens de br.tpoyri , grandeur, élévation extraordinaire? Cette conjecture, qui exigerait d’ailleurs l’insertion d’une lettre, ne me paraît pas satisfaisante. Sans rien ajouter, et en changeant seulement la lettre douteuse o en 4>, et en faisant du rum, je lis rnEP4>riA, substantif au meme cas que ueyaXsco'triTi , seulement le
DÉCRET DES BUSIRITAINS. 4°7
graveur a omis Y iota adscrit, ce qui est arrive' mille fois aux graveurs d’inscription j et il est à remarquer que Strabon lui-même parle de l’omission de cette lettre tl>. Le substantif Inspyuix est inusité ; du moins je n’en connais pas d’exemple ; mais il est analogue à ceux de tùtpufa , $u<j<pvtx , <byufa , et le sens peut être fixé par ces gloses d’Hésychius : , fur eoàyctv, unepepuà , ùz'cp faiv uéyav j
jnep<pvsi , itntpp-éyeBez : d’où l’on voit que iizepouri; signifie à la lettre colossal, gigantesque.
Les deux mots ueyaïsiozri ; et vTzipyvix représentent donc deux nuances de la même idée ; l’un exprime les formes gigantesques ; l’autre l’aspect majestueux qui résulte de cette grandeur, ou l’effet qu’elle produit sur l’dme.
Il est clair que Balbillus, si enchanté de la vue des pyramides , les voyait pour la première fois : il en était à son premier voyage en Égypte ; ce qui confirme qu’il était arrivé depuis peu dans ce pays ®.
On doit conclure de ce passage que les pyramides, ainsi que le bourg de Busiris , étaient dans l’arrondissement du nome Létopolites; on a même déjà observé w> que le grand Sphinx semble avoir été en rapport avec le culte de la divinité égyptienne, appelée par les Grecs Latone , et qui avait donné son nom à la ville de Létopolis , métropole du nome.
V* Strab. ,XIV, p. 648. IloXXot y dtp gupic toü 1" ypifmat tj; #otix:c{. = ® Supra , p. 3g5. = ® Walpole’s Afemoirs, II, p. 62 3.
4o8 FAITS RELATIFS KVX INSCRIPTIONS DES TEMPLES. Eu effet, l’inscription métrique, tracée par un certain Arrien sur le doigt d’une des pattes de ce colosse, contient un vers où le Sphinx est appelé le suivant de Latone , t f, Si Aritoî Ttpcar.ot.ov iyvot à-ry , tl’üprès la restitution certaine du savant et ingénieux flotteur Young u>.
Ligne 26. La forme du <j> dans ispySeis est à remarquer , quoique déjà connue : les lettres 0
amenoc qui commencent la- ligne 27, ne permettent pas de douter que la précédente ne dût être terminée par KAinp; et le tout doit se lire xai Kpivori'jctp.evo; : on peut supposer que la suite est-nîî irXEi'çTns toü vopoâ ou quoique chose de semblable.
Il est impossible d’aller plus loin : les lettres aià TOMHko peuvent se lire $ià xo pmo; ou oià xô uri xoXaaSÂvatt ou do toute autre manière : seulement les
lettres qui terminent la ligne 28 mata.foîtoe
qui représentent certainement r.poçdyiJ.axx ou àia.xdyjxxxx r.pûxo; (ityivtyvit ou è|é9i]xc ) , nous annoncent qu’il était question de décrets, sans doute importuns pour la bourgade de Busiris , et que Balbillus ayait rendus le //rentier (xzpôixoi) ; ce qui paraît être le motif principal de l'érection de cette stèle, en Phonm ur d’un prince dont le représentant comblait Busiiis de tant de biens.
Los o eux dciT.ièris liges devaient contenir l’énoncé de la date : h s lettres kaaïa au milieu de la ligne 35 appartiennent sans doute au nom de Néron. il y avait peut-être: *
10 Quarterly- Review , T. XIX, p.
DÉCRET DES BUSIRITAINS.
'L.AE'ÏTEPOVNEPOfNOEjK A ArA[lOVKAIEAPOEEEBAE]
TOvrEPMAMKOVAiT]oK[i‘ATOPOE, tel mois, tel jour.
Malgré les mutilations que présente le texte de ce décret , on y aperçoit bien distinctement l’énoncé de deux faits ; l’un est l’érection d’une stélé, par les greffiers et les babitans du pays, avec une inscription, laquelle doit être celle qui nous a été conservée; l’autre est la mention, qui a dû être exprimée en hiéroglyphes, des vertus et des bonnes intentions du prince.
Ce dernier renseignement, si précieux, est indépendant de toute restitution , car il ressort aVec évidence des lettres qui subsistent encore, de quelque manière qu’on cherche à en compléter le sens.
Nous voyons par là que, du temps de Néron , les hiéroglyphes étaient encore employés sur les monumens publics , comme ils l’étaient sous les Ptolémées, toutes les fois qu’il s’agissait de la religion. Ainsi , dans l’espace de deux-cent-cinquante ans écoulés entre la date de l’inscription de Rosette et le commencement du règne de Néron, il ne s’était opéré aucun changement notable dans cette partie importante des usages égy ptiens.
L’inscription hiéroglyphique, dont le texte grec fait mention, n’existe probablement plus; mais ce texte, en nous montrant que la langue des hiéroglyphes fut employée jusqu’à une époque rapprochée de nous , vient se lier naturellement avec un fait analogue qui a été signalé plus haut; c’est l’exis-
4?0 FAITS RELATIFS AUX INSCRIPTIONS DES TEMPLES, tence de sculptures égyptiennes et à'hiérogljphes u> sur un propylon qui a été bien certainement construit, dans la xne année de Trajan, en l’année 109 de notre ère e>.
Quand nous ne posséderions, de toute l’histoire de l’Egypte, depuis Cainbyse, que deux faits aussi positifs , ils suffiraient pour nous révéler la permanence des antiques usages de ce pays sous la domination des Grecs et des Romains.
Supra , p. 194. = ® Suprà, p. 326.
LEUR STTLE ELLIPTIQUE.