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l'anneau buccal) ; ses téguments ne sont pas très-épaissis. D'ailleurs elle commence franchement et non pas graduellement comme dans l'Anteus gigas. Elle comprend neuf anneaux et finit également brusquement; elle est d’ailleurs incomplète et interrompue dans toute sa longueur par une large bande ventrale longitudinale, qu'on ne trouve pas bordée de bandelettes comme dans l'espèce précédente, C'est au point de jonction de cette bande et des bords de la ceinture proprement dite que se trouvent les orifices génitaux mâles, entre le dixhuitième et le dix-neuvième anneau. Ces orifices sont très-nets et bordés extérieurement par un petit bourrelet circulaire.
Les soies présentent une disposition remarquable, analogue à celle qui a été signalée par Kinberg, dans les genres Alyaltes et Eurydames du Brésil et de Panama. En avant de la ceinture, elles forment comme d'ordinaire quatre doubles rangées. Les deux soies qui constituent chacun des termes de ces rangées sont très-rapprochées, presque contiguës, comme cela se voit chez presque tous les Lombrics. En arrière de la ceinture, elles paraissent déjà plus écartées l’une de l’autre, et cet écart va en augmentant jusqu'à la partie postérieure du corps. Il en résulte que dans les deux derniers tiers du corps de l’animal on distingue non plus quatre, mais huit rangées de soies; seulemeni chacune de ces rangées, au lieu d'être formée par des paires de soies, est formée par des soies simples et 2solées. Les quatre rangées d'un même côté sont parfaitement équidistantes et occupent, à elles quatre, tout le flanc de l'animal. La rangée supérieure et la rangée inférieure de droite sont séparées de leurs homologues de gauche par une distance égale au triple de celle qui sépare deux rangées consécutives du même côté.
Ces soies sont d'ailleurs en forme d'S et ne présentent aucune particularité intéressante.
Dans toute la région où les soies sont disposées par paires, l’orifice
des organes segmentaires se trouve placé sur le bord antérieur de LÀ
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l'anneau, un peu en avant de la paire de soies inférieure et légèrement au-dessus de la soie supérieure de cette paire, relativement très-loin d’ailleurs de la paire de soie supérieure.
Lorsque les soies de chaque paire s’écartent de manière à former huit rangées simples au lieu de quatre doubles rangées, on retrouve le même orifice en avant et au-dessus de chacune des soies qui forment la seconde rangée latérale à partir de la région ventrale.
Or, comme le démontre l'inspection de l'animal et comme on pourrait d’ailleurs le conclure de sa position, cette soie est l’homologue de la soie supérieure de chacune des paires inférieures des quatre rangées que l’on observe dans le premier tiers de l'animal. Il est donc évident que l’orifice segmentaire s’est déplacé en même temps que la soie de manière à conserver avec elle les mêmes relations de position.
Il y a donc une liaison réelle entre l’orifice segmentaire et la soie qui lui correspond, et c’est là une loi morphologique qu’il était intéressant d'établir pour arriver à l'interprétation de certains faits. De cette loi nous pouvons conclure tout d’abord ceci : c'est que les organes segmentaires que nous avons décrits chez l'Anteus gigas ne sont pas les homologues de ceux que lon trouve chez le Titanus brasiliensis et chez tous les Lombriciens qui ont été étudiés jusqu'ici.
Si Pon ouvre par le dos le Titanus brasiliensis, on reconnaît immédiatement que son appareil cloisonnaire est loin d’être aussi développé que celui de l’Anteus gigas. On ne trouve ici rien qui ressemble au puissant appareil protecteur que nous avons précédemment décrit.
L'appareil digestif est muni d’un pharyox glandulaire et d'un gésier; mais l'œsophage est excessivement court. Le gésier occupe cependant le sixième anneau, comme dans l’Anteus gigas. Seulement, au lieu d’être reporté en arrière par une élongation plus grande de l’æsophage et d’entraîner avec lui les cloisons limitantes
de l’anneau dont il dépend et toutes les cloisons antérieures, ici
le gésier commence avec l'anneau dont il fait morphologiquement partie et finit presque en même temps. Il en résulte que la cloison qui le maintient antérieurement et toutes les cloisons antérieures sont à peu près perpendiculaires à l’axe du corps de l'animal ; ces cloisons ne peuvent donc se recouvrir mutuellement et constituer un appareil défensif. La plus ou moins grande longueur de l’œsophage se montre ici comme l’une des causes dominatrices qui déterminent l'absence ou la présence de l'appareil protecteur formé par les cloisons antérieures. Ces modifications sont d’ailleurs probablement en rapport avec le genre de vie de l’animal, avec la nature des terrains dans lesquels il habite, la qualité des aliments dont il se nourrit, et ce sont là des rapports qu'il serait intéressant de connaître.
Nous trouvons ici. en ce qui touche l’appareil circulatoire, un perfectionnement des plus inattendus et qui est fait pour étonner dans un groupe inférieur comme celui des Lombriciens. Cet appareil se compose essentiellement d’un vaisseau dorsal et d’un ou plusieurs vaisseaux ventraux, chose dont nous n’avons pu nous assurer. Dans chaque anneau, une anse périviscérale unit le vaisseau dorsal au vaisseau ventral; dans les anneaux huit, neuf, dix et onze, cette anse prend un développement plus considérable, se renfle en une série d’ampoules irréguliérement sphériques et constitue ainsi un vaisseau latéral, moniliforme, contractile, analogue à celui qui constitue les cœurs des Lombriciens ordinaires. Dans le quinzième anneau, les choses se passent tout autrement. Là, du vaisseau ventral naît de chaque côté une branche qui se renfle bientôt en une poche très-volumineuse occupant toute l'étendue du douzième anneau et la partie antérieure du quatorzième ; elle est adossée à la cloison antérieure de ce dernier. Postérieurement cette poche coiffe un gros organe musculaire, en forme d'olive, large à sa base, terminé en pointe postérieurement et qui occupe
toute la longueur des anneaux quatorze, quinze et seize". Sa largeur à