‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 26 sur 90 · Pr Mg. 15 caetu · texte numérisé non relu

Pr Mg. 15 caetu

LOMBRICIENS TERRESTRES. 61

la base est presque égale à celle de l'intestin qui se trouve comprimé entre les organes musculaires de chaque côté. Cet organe est de couleur blanc rosé, comme les parois mêmes du Corps ; de plus ‘il est opaque. Au contraire, les parois de la poche antérieure, bien qu'évidemment musculaires, sont transparentes et, dans l’animal conservé, colorées en bleu foncé par le sang coagulé qu'elles renferment. De l'extrémité de l'organe musculaire, un peu en dedans et un peu aussi avant la pointe de cet organe, naît un vaisseau d'assez fort calibre qui longe en remontant les paires extérieures de l'organe et vient s'ouvrir dans le vaisseau dorsal, à la hauteur de la cloison antérieure du quatorzième anneau. On reconnait évidemment dans cette description un cœur appartenant au quatorzième anneau, un Cœur parfaitement constitué et non plus un simple vaisseau contractile comme.ceux qui ont été décrits jusqu'ici. un cœur pourvu d’une oreillette semi-membraneuse, d’un ventrieule à parois puissamment musculaires, se rapprochant, par conséquent, autant qu'il est possible, des cœurs des animaux supérieurs.

Ce fait est certainement le premier de ce genre qui ait été signalé dans l’histoire des Lombriciens ; il constitue le terme le plus élevé des modifications que peuvent subir les parties contractiles de lPappareil vasculaire de ces animaux. On ne peut même relever qu'un petit nombre de faits analogues dans l'histoire des Annélides marines. M. de Quatrefages a trouvé un cœur réduit à un ventricule, chez les Marphyses, de chaque côté du tube digestif entre l'œæsophage et la portion dentaire de la trompe”. Il signale aussi chez les Arénicoles et chez les Polyophthalmes un appareil cardiaque plus complet et constitué. comme chez le Titanus brasiliensis, par une oreillette et un ventricule; seulement le mode de constitution de ces cœurs esl ici

tout différent et leur homologie très-difficile à établir, pour ne pas

1. De Quatrefages. Hist. Nat. des Annélides. Suiles à Buffon, t.1°, p. 61.

dire plus. Chez le Polyophthalme d'Ehrenberg, l'intestin est couvert d’un riche lacis vasculaire qui aboutit à l'oreillette placée au-dessus de l'intestin ; celle-ci communique avec le ventricule qui envoie à son tour le sang dans un vaisseau se dirigeant vers la portion ventrale. La réunion sur la ligne médiane de chacun de ces vaisseaux latéraux donne naissance à une aorte abdominale dans laquelle le sang court d'avant en arrière; un autre vaisseau naît à la fois des deux ventricules, chemine au-dessus de l'intestin en se dirigeant vers la tête et constitue une aorte supérieure dans laquelle le sang marche d’arrière en avant.

Chez notre Lombric, les choses ne se passent pas ainsi. Le sang revient, par le vaisseau ventral, dans l'oreillette qu'il remplit, passe de là dans le ventricule et de celui-ci dans le vaisseau dorsal. Il en résulte que dans la partie du vaisseau dorsal antérieure au treizième anneau, le sang marche d’arrière en avant et se dirige vers la tête; au contraire dans la partie du vaisseau qui suit le treizième anneau, le sang chemine d'avant en arrière; il suit une marche exactement inverse dans le vaisseau ventral, supposé unique, mais qui peut être double : c’est un point sur lequel mes recherches ne pouvaient pas porter. Quant aux anses d'anastomose périviscérales du vaisseau dorsal et du vaisseau ventral, le‘sang les parcourt de haut en bas.

Il n’est peut-être pas sans intérêt de remarquer que cette marche du sang telle que nous venons de la décrire et telle qu'elle résulte de la structure anatomique de l'animal est exactement contraire à celle que M. de Quatrefages a reconnue dans le Lumbrieus trapezoïdes *. Là le sang marche d’arrière en avant dans le vaisseau dorsal, et d'avant en arrière dans les deux vaisseaux ventraux. Dans les anses

périviscérales la marche du sang est sans doute aussi de haut en bas. Il y a relativement aux organes segmentaires quelques faits “ Le, Le,

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