‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 38 sur 90 · PI 11, fig. 22 et · texte numérisé non relu

PI 11, fig. 22 et

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celle-ci, qui devient alors marquée d’une série de sillons annulaires équidistants, très-rapprochés les uns des autres, et entre lesquels la substance chitineuse forme bourrelet. Puis ces sillons s’effacent peu à peu; la surface de la soie devient lisse, on n’y distingue plus que quelques stries longitudinales, irrégulières.

Ces détails sont évidemment en rapport avec le mode de formation de la soie; mais nous ignorons jusqu'ici leur signification précise.

Le tube digestif commence par un pharynx glandulaire grossièrement piriforme qui paraît occuper les quatre premiers anneaux. L'æsophage vient ensuite, membraneux et cylindrique comme d’habitude. Après le huitième anneau, il se renfle en un gésier musculeux qui occupe le neuvième anneau et empiète même un peu sur le dixième; puis vient l'intestin avec ses caractères habituels.

Nous devons dire ici que ces relations sont celles que nous avons constatées sur l'animal que nous avons ouvert, mais nous n'avons pu nous assurer d'une manière absolument positive que la contraction n'avait pas produit quelque déplacement. Nous avons dû prendre des chiffres bruts qui, dans tous les cas, ne peuvent pas s'éloigner beaucoup de la réalité.

De l'appareil circulatoire nous n'avons pu voir que le vaisseau , dorsal qui se ramifie beaucoup à la surface du gésier. Mais chaque rameau vasculaire se trouvait transformé en une cordelette excessivement friable, condition aussi mauvaise que possible pour l'étude.

Les testicules sont au nombre de deux paires, placés dans les anneaux onze et douze; leur forme est ovalaire et leur consistance uniformément pulpeuse. Chacun d'eux possède son canal déférent particulier qui aboutit à une prostate multilobée; le canal excréteur de cette prostate, uni au canal déférent, forme un canal beaucoup plus volumineux que chacun des premiers et dont les paroïs sont sou-

tenues par les soies péniales.

Les deux prostates de chaque côté sont immédiatement contiguës, de manière qu'elles semblent former une masse glandulaire unique. La prostate inférieure se réfléchit postérieurement et remonte un peu pour venir s'unir à son pénis par son extrémité postérieure, tandis que le pénis de la prostate antérieure part de la région moyenne de la glande. Ces deux glandes occupent, du reste, l'étendue de six anneaux, le premier faisant partie de la ceinture.

Je n'ai pu voir les pavillons vibratiles qui doivent terminer les canaux déférents.

Remarquons qu'ici encore les testicules sont placés en arrière du gésier.

Les poches copulatrices sont situées aux anneaux huit et dix. Chacune est munie d’un lobe postérieur, assez petit, et n’a pas d’autre appendice. Dans le neuvième anneau se voient plusieurs sacs glandulaires, séparés par une glande multifide. Cet appareil est-il l’analogue de celui qui occupe le treizième anneau de lAcanthodrilus obtusus ? Est-ce un ovaire? Ce sont là deux questions auxquelles je ne puis répondre.

Il est du reste suffisamment évident que les vers du genre Acanthodrilus sont hermaphrodites.

L'A. ungulatus vient, comme son congénère, de la Nouvelle-Calédonie; il a été donné, comme lui, au Muséum en 1863, par le Musée des Colonies.

ACANTHODRILUS VERTICHLLATUS. Edm. Per.

Je range cet animal parmi les Acanthodrilus avec un léger point de doute, son appareil génital n'étant pas du tout développé et paraissant réduit aux quatre pénis formés de soies courbes, caractéristiques jusqu'ici des vers de ce genre.

La longueur de cet animal est de 350 millim.; sa largeur de

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8 millim.; les soies lisses et en forme d’'S sont disposées par paires et sur quatre rangées comme d'habitude.

La lobe céphalique n’entame pas le premier anneau et paraît, au contraire, s'élargir à sa base de manière à ressembler à la partie supérieure d'un trèfle; mais cette apparence tient peut-être à un état particulier de conservation.

La ceinture n’est pas apparente.

Sur la face ventrale du corps on voit vers la région antérieure une paire de gros orifices. Ces orifices sont placés au milieu du vingtcinquième anneau apparent; mais le rang de l'anneau auquel ils appartiennent est tout au plus dix-huit. En effet, ainsi qu'on peut s'en assurer en ouvrant l'animal, les plis des téguments, bien qu'en apparence tous identiques, sont loin de limiter des anneaux et l'on voit plusieurs plis correspondre à l'intervalle de deux cloisons.

De plus on ne trouve pas de soies dans tous les intervalles de deux plis consécutifs; mais comme dans la région antérieure il arrive que les soies manquent parfois par avortement ou par usure, il devient assez difficile de supputer le nombre des anneaux compris dans un intervalle déterminé. Toutefois je crois ne pas me tromper beaucoup en disant que c’est le dix-huitième anneau qui porte les orifices en question, exactement au point où devrait se trouver une paire de soies ventrales.

Le dix-septième anneau porte également deux orifices un peu plus petits. Les uns et les autres correspondent intérieurement à un sac contenant les soies péniales qui sont plus développées au dix-huitième anneau qu'au dix-septième, comme cela a lieu pour les orifices.

Les soies sont courbes, terminées en pointe et annelées, chaque strie annulaire paraissant hérisste de pointes rangées en verticille, d’où le nom spécifique. Accolé au sac sétigère on aperçoit en arrière un petit sac glandulaire.

Il existe un gésier.

L'animal dont je viens de donner une succincte description est de Madagascar.

Il a été donné en 1861 au Muséum par M. Coquerel, officier de

marine.

GENRE DIGASTER. — Nov. gen.

Ce genre ne contient qu'une seule espèce, le :

DIGASTER LUMBRICOEDES'! Sp. nov.

Il est difficile de ne pas confondre à première vue cet animal avec un Lombric ordinaire. Seule, la position des orifices génitaux en arrière de la ceinture révèle une organisation différente et appelle l'attention d’un anatomiste.

La ceinture est placée après le douzième anneau; elle paraît un peu échancrée au-dessous à son bord postérieur et occupe trois anneaux; les orifices génitaux mâles s'ouvrent au bord antérieur du dix-septième anneau, et le seizième étant très-court, ils sont trèsrapprochés de la ceinture.

Tous les autres caractères, la forme du corps, la disposition des soies, etc., sont d'ailleurs ceux des vrais Lombrics.

Dès qu'on a ouvert l'animal, des différences importantes se révèlent néanmoins aussitôt. La plus frappante porte sur l'appareil digestif.

On le voit commencer d'abord par un pharynx, glanduleux comme d'habitude et occupant les quatre premiers anneaux. L'œæsophage se montre ensuite; mais à peine a-til été amorcé qu'il se

renfle presque aussitôt en un premier gésier musculeux occupant le

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