PI, 11, fig. 24 et 25, et pl. 1v, fig. 64 et
LOMBRICIENS TERRESTRES. 95
cinquième anneau et tout semblable au gésier des Lombrics ; dans le sixième anneau, l'œsophage reprend sa forme ordinaire; puis dans le septième anneau, il se renfle de nouveau et constitue un second gésier absolument identique au premier. C’est alors seulement que commence l'intestin.
L'existence de ces deux gésiers pouvant au premier abord paraître un fait accidentel, j'ai tenu à savoir exactement ce qu'il fallait en penser. Comme plusieurs individus de cette même espèce se trouvaient dans la collection, j'en ai choisi deux de provenance différente que j'ai ouverts; tous deux m'ont présenté les deux gésiers dans les mêmes conditions. On doit donc admettre qu'ils font bien réellement partie de l’organisation normale du ver dont nous nous occupons. Comme ce caractère est unique jusqu'ici, nous nous en sommes servi pour composer le nom du genre nouveau qu'il nous a fallu créer, le genre Digaster, dont l’étymologie se lit d'elle-même.
Sur le tube digestif se trouve appliqué le vaisseau dorsal. Il donne naissance dans les anneaux huit, neuf, dix, onze et douze à des anses latérales embrassant l'intestin et dont la première est moins volumineuse que les autres. Ces anses constituent cinq paires de cœurs latéraux.
Dans les anneaux dix et onze se trouvent des glandes en grappes assez volumineuses. Ce sont probablement les testicules. Il est intéressant de noter que leur aspect extérieur est tout différent de celui que présente habituellement le testicule des Lombrics, qui forme une masse pulpeuse compacte, et non pas un amas de grains disposés en grappe. Néanmoins les relations de ces glandes du Digaster avec les canaux déférents ne permettent guère de douter de leur nature.
On voit, en effet, chaque canal déférent s'épanouir au-dessous de chacune des glandes en un petit pavillon vibratile à bords trèsdéchiquetés, exactement comme cela arrive pour les autres Lombriciens.
En arrière le canal déférent® vient s'ouvrir dans une prostate aplatie, elliptique, dont les lobules, quoique bien limités, sont réunis de manière à former une masse compacte. C'est au bord antérieur de la glande que se termine le canal déférent. De ce point naît un canal plus volumineux qui s'ouvre à l'extérieur et qui joue probablement le rôle de pénis, bien que ses parois ne soient pas très-riches en éléments musculaires; tout au moins doit-il contribuer à l’éjaculation par la contraction de ses parois.
Les poches copulatrices sont situées dans les anneaux 8 et 9 et s'ouvrent à leur bord antérieur; elles sont piriformes et courtement pédonculés. Elles sont situées, ainsi que tout le reste de l'appareil génital, en arrière du second gésier. Immédiatement en avant de la ceinture j'ai cru voir deux petits orifices. Faut-il les rattacher aux oviductes ou aux organes segmentaires ? Je l’ignore; il m'a d’ailleurs été impossible de retrouver les ovaires.
Les Digaster forment, comme on voit, un type de Lombricien assez intéressant. [ls ont été rapportés de la Nouvelle-Hollande en 1846 par M. Jules Verreaux. Quelques-uns d’entre eux ont une origine plus
précise ; ils viennent du voisinage du port Maquerie.
GEN. PERICHÆTA, Schmarda.
Bien que je me propose de publier dans un mémoire spécial mes recherches sur l’organisation des Perichæta, bien que j'aie déjà fait connaître par une note à l'Académie des sciences les principaux résultats d'un travail anatomique assez complet sur l’une des espèces de ce genre, je ne crois pas inutile de réunir ici ce que nous connaissons de l’organisation de ces animaux. On trouvera ainsi rassemblés dans