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PI. 1v, fig. 66, m et j

Dans tous les échantillons, les papilles étaient placées juste sur le cercle des soies.

Je n'ai pas vu de pores latéraux correspondant aux pores des organes segmentaires; mais les pores dorsaux sont bien visibles.

Quand on ouvre l'animal, on trouve toute la partie antérieure du tube digestif soutenu par d'épaisses cloisons, se recouvrant partiellement et constituant un appareil protecteur assez efficace.

En les fendant par le haut on découvre le tube digestif qui se compose comme d'habitude : 4° d’un pharynx glandulaire occupant les quatre premiers anneaux; — 2° d’un œsophage assez court commençant avec le cinquième anneau et finissant avec le septième; — 3° d’un gésier musculaire compris entre deux épaisses cloisons qui sont l’une la cloison antérieure du huitième anneau, l’autre la cloison postérieure du neuvième anneau; la cloison intermédiaire paraît supprimée. [ci le gésier correspond à deux anneaux; on trouve en effet deux ceintures de soies dans l'intervalle des cloisons qui le soutiennent; ce fait a son importance, comme nous le verrons tout à l'heure.

L'intestin commence avec ses caractères habituels au dixième anneau.

Au vingt-sixième anneau, on voit s'ouvrir dans l'intestin, deux larges cœcums latéraux, bosselés, ayant exactement la même apparence que l'intestin, étroitement appliqués à sa surface, sans cependant contracter avec lui aucune adhérence. Ces cœcums remontent jusqu'au vingt-troisième anneau en diminuant graduellement de largeur. Leur aspect est assez différent de celui que présentent les mêmes organes chez le P. cingulata et le P. Houlleti. La, en effet, les cæœcums ont une couleur plus blanche que celle de l'intestin, ils sont étroits et lisses, tous caractères qui les distinguent de ceux du 2. affinis.

Dans son trajet l'œsophage porte à la hauteur des cinquième et

sixième anneaux deux paires de houppes de tubes glandulaires

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analogues à celles du P. Houlleti, houppes qui se retrouvent aussi chez le P. cingulata de Schmarda, disséqué par M. Vaillant, mais qui n'ont pas été signalées par lui dans son mémoire.

Dans le quatrième anneau, adhérant à la face postérieure du pharynx se trouvent des glandes en grappe dont les petits acini sphériques sont parfaitement visibles à l'œil nu.

Ainsi le développement de Fappareil glandulaire que nous avons signalé chez le P. Houlleli se retrouve à peu près aussi considérable dans l'espèce qui nous occupe.

On remarquera que l'appareil digestif que nous venons de décrire diffère sous quelques rapports de celui que M. L. Vaillant attribue au P. posthuma. En effet, M. Vaillant dit que chez le P. posthuma « il n'y a pas de gésier, ni de cœcums latéraux », toutes choses qui existent chez notre P. afjinis, et qui suffiraient à elles seules pour établir une différence au moins spécifique. |

Malheureusement l'affirmation de M. Vaillant aurait besoin. croyons-nous, d'être contrôlée sur des individus en meilleur état que ceux qu'il a eus à sa disposition. En particulier, l'absence complète d'un gésier musculeux paraîtra quelque chose de bien extraordinaire, si l’on se souvient que cet organe a été rencontré chez tous les véritables Lombriciens terrestres, quelque différente que soit leur organisation.

Aussi ai-je cru devoir éclaircir ce point particulier et j'ai ouvert à cet effet l’un des P. posthuma que M. Vaillant a lui-même étiquetés dans la collection du Muséum. Ces individus ont, comme je l'ai déjà dit, leur système musculaire très-ramolli par l'alcool, et la portion musculaire du gésier a participé à ce ramollissement et presque complétement disparu. Mais l'enveloppe fibreuse extérieure est demeurée sans altération, a conservé.sa forme globuleuse caractéristique, son aspect nacré et tranche nettement sur la portion de l'œsophage qui

la précède et sur l'intestin qui la suit; elle se trouve d’ailleurs éga-

lement dans le huitième anneau, mais il est impossible de retrouver bien nettement les cloisons qui la maintiennent; sa position demeure donc encore un peu vague.

Il n’en est pas moins certain que chez le P. posthuma le gésier existe comme chez les autres Perichæta.

Quant aux cœcums latéraux, j'ai cru inutile, à cause de l’altération des échantillons du Muséum, de les rechercher, je laisse donc ce point indécis. tout en appelant l'attention sur ce que dans le P. affinis les cœcums ressemblent tellement à l'intestin qu'il serait peut-être fort difficile de les distinguer avec certitude sur des échantillons tant soit peu altérés.

L'appareil circulatoire est constitué comme chez les autres Perichæta; je signalerai particulièrement de gros cœurs latéraux aux treizième et quatorzième anneaux; ces cœurs sont simplement des vaisseaux bosselés contractiles. Dans les cinquième etsixième anneaux, qui contiennent les glandes en tubes de l’œsophage, l'appareil vasculaire prend un développement tout à fait remarquable, qui ne m'avait pas frappé chez le P. Houlleti. On trouve là des vaisseaux formant de gros pelotons entortillés, qui semblent indiquer qu'il s’'accomplit dans ces anneaux une modification assez importante du liquide des vaisseaux rouges.

Les organes segmentaires sont ici très-rudimentaires, ce qui concorde avec l'absence d’orifice extérieur attribuable à ces organes,

absence sur laquelle nous avons déjà eu occasion d'insister ‘.

1. On ne peut s'empêcher de rapprocher ces deux faits : 1° l'absence (los organes segmentaires et de leur réseau vasculaire propre; — 2° le développement énorme et exceptionnel des tubes slandulaires de l’œæsophage et d’un appareil vasculaire qui leur est propre.

Nous ne voulons certainement établir aucune homologie anatomique entre ces deux systèmes d'organes; mais, au point de vue physiologique, il est peut-être permis de se demander si les seconds ne seraient pas destinés à suppléer à l'absence des premiers. Le produit de leur sécrétion serait rejeté dans l’œsophage et entrainé avec les autres déjections, au lieu d’être rejeté

directement au dehors.

A la vérité on se demande alors pourquoi ces tubes sont situés sur l’œæsophage, circonstance

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L'appareil génital mâle se compose, comme chez les autres espèces, de deux paires de testicules situés dans les onzième et douzième anneaux, d'une paire de canaux déférents et d’une paire de prostates à peu près semblables à celles des autres espèces.

Le canal déférent et le canal excréteur de la prostate se réunissent en un canal musculaire commun, semblable à celui que j'ai décrit chez le P. Houlleti. Ce canal musculaire existe également, ainsi que je m'en suis assuré, chez le P. posthuma; mais il n’a pas été décrit par M. Vaillant.

Les canaux déférents sont terminés chacun par deux pavillons vibratiles, rapprochés des pavillons symétriques, sur la ligne médiane au-dessous de l'intestin et immédiatement en contact avec la face postérieure du pédoncule de chaque testicule.

La forme de ces pavillons diffère peu de celle décrite pour le P. Houlleti.

Les poches copulatrices sont au nombre de quatre paires situées dans les anneaux six, sept, huit et neuf. Nous avons vu que la cloison huit-neuf a disparu dans le Ver qui nous occupe; aussi trouve-t-on deux paires de poches copulatrices entre les deux cloisons qui maintiennent le gésier, une pour chaque anneau; c'est même ce fait inattendu qui a éveillé notre attention et nous a conduit à découvrir que le gésier correspondait à deux anneaux.

La constitution de ces poches copulatrices est du reste exactement celle que M. Vaillant a figurée et décrite pour le P. cinqulata.

Nous devons un grand nombre d'individus de cette espèce à notre

qui semble devoir leur faire attribuer un rôle dans la digestion; mais est-il impossible que le liquide sécrété par ces tubes soit lui-même modifié de manière à pouvoir être utilisé partiellement par l'économie? La bile chez les animaux supérieurs n’est-elle pas, elle aussi, une sécrétion excrémentilielle d’une part, et utile à la digestion de l’autre ?

Je prends cette hypothèse pour ce qu'elle vaut. C'est simplement une question que pose Panatomie à l'expérience.

parent M. Victor Borie, qui a bien voulu, pendant qu'il remplissait les

fonctions de directeur du Comptoir d'escompte de Paris, demander à

ses agences à l'étranger les Vers des localités où elles étaient situées. Remarquons que s'il était prouvé que le P. afjinis et le P. posthuma

sont bien la même espèce, celle-ci se rencontrerait à la fois dans

l'île de Java et sur le continent, ce qui serait un fait géographique

assez intéressant.

PERECHÆHA HR@BUS'HA. Ed. Perr.

SyN. : P. cingulata. L. V. pars.

Dans sa note sur les Perichæla, déjà plusieurs fois mentionnée dans le cours de ce travail, M. Léon Vaillant à écrit à propos de ces Vers les phrases suivantes :.

« Au voisinage des orifices mâles, on trouve des papilles dont le rôle est d'assurer l’adhérence des individus au moment de la copulation ; leur disposition n’est pas la même dans les deux espèces dont je m'occupe ici.

« Chez le P. Cingulata, ces papilles sont situées dans le quinzième anneau, exactement sur la ligne médiane, entre les ouvertures mâles ; je ne les ai pas vues sur tous les échantillons du Muséum ; quatre sur six seulement les offraient ; celui que j'ai disséqué en était précisément privé. »

J'ai trouvé dans la collection du Muséum, en dehors des échantillons que j'y ai moi-même placés et de ceux dont M. Vaillant a fait son P. posthuma, neuf Vers appartenant au genre Perichæla et parmi lesquels je ne compte pas un animal de Ceylan, étiqueté P. cingulata et pour qui j'ai dû créer le genre Honiligaster.

De ces neuf Vers, l’un, originaire du Pérou, est hors de cause ;

deux provenant des Indes orientales portaient, l’un la simple étiquette

Enterion, l'autre était appelé P. cingulata, Schm.; un troisième, de taille considérable était dépourvu de toute étiquette; un quatrième, rapporté de lle de France par M. Desjardins, est l'individu même déterminé et disséqué par M. Vaillant. Ces quatre échantillons présentent ce caractère commun d'être absolument dépourvus de papilles dans le voisinage de leurs orifices génitaux mâles. Ce sont en conséquence ceux qui se rapprochent le plus de l'individu dont M. Vaillant a donné l'anatomie et qui doit être considéré comme le Perichæta cingulata type. La description de Schmarda est trop incomplète pour qu'il soit possible de tenir compte d'autre chose dans la détermination de cette espèce que du travail de M. Vaillant, qui permet au contraire de la distinguer nettement. C’est donc au Ver décrit par M. Vaillant et à ceux qui lui ressemblent que nous appliquerons le nom de Perichæta cingulata.

Voyons maintenant quels sont ceux que nous pouvons grouper avec lui.

Ceux qui paraissent s'en rapprocher le plus sont les deux échantillons des /ndes orientales: mais l'examen de leur tégument ne montre pour les poches copulatrices qu'un seul orifice situé entre le septième et le huitième anneaux, et nous verrons que l'anatomie confirme ce fait.

Nous sommes loin des quatre paires de poches copulatrices du P. cingulata: ces deux individus doivent donc être écartés.

Le grand individu sans indication de provenance présente environ soixante-cinq soies par anneau; c'est beaucoup plus que M. Vaillant n'en assigne au ?. cingulata. De plus, les orifices de ses poches copulatrices sont au nombre de deux paires situées l’une entre le sixième et le septième anneau, l'autre entre le septième et le huitième '. C'est

encore un individu à écarter.

Restent les quatre individus que M. Vaillant signale comme pourvus de papilles entre les orifices génitaux mâles". Mais ces individus se distinguent immédiatement par leurs formes plus massives, la moins grande longueur de la partie de leur corps postérieure à la ceinture, et aussi, nous allons le voir, par leurs caractères anatomiques.

Ils forment donc encore une espèce distincte.

Il résulte de là que des six individus déterminés par M. Léon Vaillant comme étant des Perichæla cingulata, aucun ne présente les caractères propres au Ver qu'il a disséqué. I a eu la singulière fortune de mettre la main sur un échantillon unique, ayant des caractères spéciaux qui le rapprochent énormément du Perichæla posthuma et qui est heureusement demeuré dans la collection comme type de l'espèce à laquelle M. Vaillant a cru avoir affaire.

Ces détails — que nous donnons à regret — étaient nécessaires pour guider les naturalistes qui auraient à rechercher dans la collection du Muséum les échantillons visés par M. Vaillant et dont nous sommes responsable.

Il est nécessaire d'ajouter d'ailleurs qu'entre le P. cingulata, tel que j'ai cru devoir le conserver, et le P. posthume, il n’y a de différence bien établie que l'absence chez le premier de toute papille au voisinage des orifices génitaux et le nombre un peu moins considérable des soies portées par chaque anneau *.

Je réserverai le nom de Perichæla robusta aux individus de l'Ile de

France, recueillis par M. Desjardins — probablement en 1835 — et

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