‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 7 sur 90 · Transactions of the Royal Society, vol. GXLVIIT · texte numérisé non relu

Transactions of the Royal Society, vol. GXLVIIT

LOMBRICIENS TERRESTRES, 13

vibratiles découverts par Hering et même lexistence réelle des ovaires.

Malheureusement pour lui, le docteur Williams s’est laissé entrainer par une idée préconçue; c’est ainsi qu'il n’a pas vu des choses que tous les observateurs consciencieux ont retrouvé sans trop de peine, ont pu revoir avec la plus grande netteté et qui ont été figurées de nouveau, en 1865', par l’un de ses compatriotes, le docteur Ray Lankester.

Toutefois le docteur Williams a introduit dans la science des idées morphologiques qui paraissent justes, quand on ne veut pas les exagérer, et qui ont été adoptées en particulier par Claparède et par Ray Lankester.

Ce sont ces considérations. morphologiques que nous allons maintenant exposer.

Chez un grand nombre d’Annelés, il existe, dans chaque anneau du corps, des organes s’ouvrant à l'extérieur et présentant le plus souvent la forme de longs tubes tortueux, glandulaires sur une portion plus ou moins grande de leur longueur, munis intérieurement de cils vibratiles et se terminant, à l’intérieur du corps, par un pavillon béant et vibratile. Chez les Naïdiens ce pavillon traverse, en général, la cloison antérieure de l'anneau dans lequel est situé le tube tortueux ; il en résulte que chaque anneau du corps communique avec l’extérieur par l'intermédiaire d’un tube situé dans l'anneau suivant et s’ouvrant à l'extérieur à travers les téguments de ce dernier anneau. Williams a donné à cet appareil le nom d’organe segmentaire (segmental organ ) *. Les orifices de ces organes segmentaires sont chez nos Lombrics et chez les Naïdiens situés en avant de chacun des faisceaux de

soies de la rangée inférieure.

1. Quarterly Journal of microscopical science, janvier 1865. 2. Transactions of the Royal Society, vol. CXLVIIT, 1858. Researches on the structure and homology of the reproductive organs of the Annelids.

Ces organes sont connus depuis longtemps.

Willis. Morren, Leo les ont décrits chez le Lombric comme des vésicules aériennes, des espèces de trachées. Dugès constata que les tubes qui y sont annexés sont pourvus de cils vibratiles et contiennent un liquide aqueux. Henle ! fit la même observation en ce qui concerne l'Enchytrœus, petit ver transparent, plus voisin des Naïs que des Lombrics, mais habitant la terre humide, comme ces derniers.

Déjà, en 1893, Gruithuisen les figure chez sa Naïs proboscidea ?, et en 1828 chez divers Chætogaster; il leur attribue, comme tous les auteurs dont nous venons de parler, le rôle d'organes respiratoires. C’est aussi l'opinion de Siebold * qui signale le premier l'ouverture interne de ces organes dans les Tubifex rivulorum, Lumbriculus variegatus, Naïs elinguis, et même chez l'£nchytrœus albidus. Mais il n’a pu voir cet orifice chez les Lombrics dont les organes segmentaires sont compliqués d'un appareil vasculaire très-développé. La première bonne description de ces organes et de leur mode de terminaison, chez le Lombric terrestre, a été donnée en 1853, par Gegenbaur *, qui attribue à Leydig la découverte de l’orifice interne de ces canaux ; mais le Mémoire de Leydig sur la Branchiobdelle et la Pontobdelle auquel il est fait allusion n’est que de 1852.

A peu près à la même époque, et un peu avant le travail précédent, d'Udekem publiait son mémoire sur le Tubifex rivulorum *, daté du 5 février 1853 et, pour la première fois, il attribuait nettement aux organes segmentaires le rôle d'organes sécréteurs et excréteurs; il les comparait aux reins des animaux supérieurs. Cette interprétation de d'Udekem a été depuis universellement adoptée.

C'est ici que doit se placer le travail du docteur Williams dont nous

A. Archiv. für Anatomie von J. Müller, 1837. Uber Enchytrœus. 2. Nova Acta Academiæ Leopoldinæ curiosorum naturæ, t. XT.

3. Manuel d'anatomie comparée, pag. 216, t. I. (Trad. franç., 1849.)

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