‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 64 sur 90 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

cet organe et s'ouvre finalement dans celui-ci, au point même où il se réfléchit.

Cet organe allongé sert donc de réservoir au produit mixte constitué par les sécrétions de la deuxième paire de testicules et des glandes en tubes (?) qui lui sont annexées, si tant est que l'organe feuilleté soit une glande.

Nous n'avons pas encore indiqué l’orifice externe de cet appareil si compliqué.

Si l’on cherche à suivre l'organe allongé (Vésicule séminale ?) que nous venons de décrire en avant du douzième anneau, on le voit se transformer bientôt en un gros tube d'aspect nacré, de couleur jaunâtre qui ne tarde pas à s’infléchir vers l'extérieur et se termine enfin sur la ligne d'insertion de la cloison qui sépare le dixième anneau du onzième.

Son orifice externe n’est pas autre chose que l'orifice que nous avons signalé en ce point, dans notre description générale de l'animal.

Cette seconde paire d’orifices est encore par conséquent une paire d'orifices mâles. Le Moniligaster Deshayesi possède donc quatre orifices mâles, comme les Acanthodrilus : seulement ces orifices sont beaucoup plus espacés que dans ces derniers animaux, placés beaucoup plus en avant et surtout dépourvus de ces remarquables soies péniales que nous avons figurées *.

Ce second appareil mâle diffère, comme on le voit, beaucoup du premier; il se rapproche des appareils décrits dans les autres genres en ce sens que le canal déférent se dirige d’abord en arrière, et s'ouvre, comme chez les Eudrilus, dans une sorte de vésicule séminale. Cependant l’orifice extérieur par où s’écoulent tous les produits de l'appareil se trouve finalement ramené sur l'anneau même qui

contient le testicule; c’est encore un fait que nous n'avons rencontré

A. PI. 1v, fig. 75, et pl. 11, fig. 47, 21 et 22.

LOMBRICIENS TERRESTRES. 199

qu'une autre fois, chez l'Anteus gigas, et d’ailleurs dans des conditions toutes différentes.

On se demande à quoi peut servir une complication si grande dans l'appareil mâle. À la vérité, le nombre des testicules n’est pas supérieur à celui que l’on trouve dans les autres groupes; mais dans quel but chaque paire de ces organes a-t-elle été pourvue d'annexes si différents et d’un mode d'excrétion si particulier?

Peut-être la réponse à cette question est-elle indiquée par l'inégal développement des deux paires de testicules; il semble que chacune d'elles doive entrer en activité à des époques de l’année différentes et {peut-être à des moments où les conditions extérieures ne sont plus les mêmes et nécessitent par conséquent un mode différent de fécondation.

Mais ce n’est là qu'une hypothèse dont le fondement demande à être bien plus solidement assis que je n'ai pu le faire.

L'accouplement doit se passer d’ailleurs autrement que chez la plupart des autres Lombriciens, car ici, bien que tous les autres organes essentiels ou accessoires de la génération soient parfaitement développés, je n'ai pas pu découvrir une trace de ces poches copulatrices dont l'existence est cependant si générale.

L'appareil génital femelle se trouve donc réduit aux ovaires et aux oviductes qui présentent les uns et les autres de remarquables particularités. Au-dessus de l'intestin, entre les vésicules séminales (?) et immédiatement au-dessus d'elles, on voit deux bandelettes! granu-

leuses, légèrement ondulées qui s'étendent, en flottant assez librement

dans la cavité générale, maintenues seulement par les cloisons qu'elles traversent, du douzième anneau à la partie postérieure du

quinzième.

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