‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 66 sur 90 · PL 1v, fig · texte numérisé non relu

PL 1v, fig

LOMBRICIENS TERRESTRES. AL

opaques et qui sont déjà visibles à l'œil nu ou tout au moins avec une faible loupe. Au contraire, la paroi interne se modifie de manière à présenter de nombreux replis en forme de feuillets, d'apparence bien évidemment glandulaire.

Je n'ai pu découvrir l'orifice extérieur de ces pavillons; mais j'ai voulu du moins me rendre compte de la signification des apparences qu'ils présentaient et j'ai examiné à cet effet une portion de l'un d'eux au microscope.

J'ai ainsi reconnu que la portion feuilletée était constituée par des cellules glandulaires très-volumineuses, à fort beaux noyaux nucléolés et dont la nature demeure inconnue.

Quant aux stries opaques, elles sont produites par le grand développement de l’épithelium qui sur les bords de chaque strie se montre fortement cilié; on peut voir des œufs engagés entre deux stries voisines, comme si le sillon qu’elles limitent était le chemin que ces œufs doivent suivre pour arriver à l'extérieur. Cette distribution particulière de la partie ciliée est encore un fait que je n'ai rencontré nulle autre part.

On voit par les détails dans lesquels je viens d'entrer que le Woniligaster Deshayesi ne peut être rattaché à aucun des types de Lombriciens déjà étudiés. C’est encore un de ces points isolés, si nombreux jusqu'ici dans la classe qui nous occupe et que les découvertes ulté-

rieures pourront seuls relier entre eux d’une manière rationnelle.

L'échantillon, unique dans la collection que nous venons de décrire, est originaire de Ceylan; le Muséum le doit à M. Lechesnault.

IL portait dans la collection l'étiquette : Perichæta cingulata.

GENRE /NCERTÆ SEDIS : UROCHÆTA. Nov. Gen.

UROCHÆTA SYSHTEREX. Edm. Perrier.

Je laisse incertaine la place que doit occuper le Lombricien pour lequel je forme ce genre. Il n’en existe que deux échantillons trèsdétériorés dans la collection du Muséum, et chez tous deux l'appareil génital est incomplétement développé.

D'ailleurs l’£rochæta hystrir ne peut être raisonnablement rapproché en ce moment d'aucun des types que nous avons étudiés jusqu'ici.

La taille de ce Ver est celle de nos Lombrics ordinaires ; mais ses soies ont une disposition tout à fait remarquable; à la région ventrale, dans la première moitié du corps, on distingue nettement de chaque côté deux rangées de soies isolées, parfaitement régulières, semblables à celles que l’on trouve chez certains Lombrics proprement dits, c'est-à-dire que les soies se succèdent sans interruption d’anneau en anneau. À la région dorsale, du moins à partir du deuxième tiers de la longueur, on distingue des soies assez espacées, mais ces soies alternent d’anneau en anneau de manière à former des quinconces fort réguliers. Dans le dernier quart les soies paraissent se multiplier beaucoup et rendent comme tuberculeuse la partie caudale de lanimal'; elles forment alors seize rangées telles que toutes les soies d’une rangée alternent d’anneau en anneau avec les soies des rangées voisines. Sur chaque anneau on trouve huit soies rangées symétriquement; il n’y en a jamais sur la ligne médiane

dorsale. I n’y en a pas non plus sur la ligne médiane ventrale.

A. PI. 1v, fig. 85 et 86.

LOMBRICIENS TERRESTRES. 143

Cette disposition des soies en quinconce rapproche les Vers qui nous occupent des Geogenia de Kinberg et des Pontoscolex de Schmarda. Mais chez les premiers les soies n'alternent que dans la région antérieure du corps, tandis qu'ici l'alternance est surtout marquée à la région postérieure; chez les seconds, les soies paraissent alterner aussi bien à la région ventrale qu'à la région dorsale, et de plus il n’y aurait que quatorze séries au lieu de seize que j'ai pu constater chez les échantillons du Muséum. Je n'ai pas pu d'ailleurs consulter l'ouvrage même de Schmarda, et les diagnoses reproduites par d'Udekem et par M. Léon Vaillant sont trop brèves pour qu'il me soit possible d'apprécier bien nettement la distance qui sépare les Pontoscolex des Urochæta.

J'ai trouvé après le quatorzième anneau une ceinture composée de sept anneaux, mais incomplétement développée. Il m'a été impossible d’apercevoir aucune trace des orifices génitaux.

L'anatomie m'a montré un tube digestif pourvu de glandes æsophagiennes et composé à la manière ordinaire, mais à gésier placé très en avant!, comme nous l'avons vu chez plusieurs Intraclitelliens, et comme cela se voit encore, mais à un degré moindre, chez les Postelitelliens.

Sur le dos de l'intestin court un vaisseau dorsal dont la partie antérieure présente un aspect franchement moniliforme semblant indiquer que la contractilité se localise ici comme chez les Anteus et certains Perichæta.

Dans les trois anneaux qui suivent le gésier on voit de chaque côté de l'intestin de singuliers organes; ce sont de petites poches surmontées chacune d’une couronne de petits culs-de-sar * contenant chacun quelques noyaux; les poches sont du reste régulièrement striées verticalement. J'ignore ce que ces remarquables organes

peuvent ètre.

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