‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 8 sur 90 · Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, t. IV · texte numérisé non relu

Zeitschrift für wissenschaftliche Zoologie, t. IV

5. Mémoires couronnés de l’Académie royale de Belgique, t&. XXVI, 1854-1855.

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avons déjà parlé. Ce naturaliste, reprenant les travaux de ses devanciers, y ajoutant ses propres observations, considère l'existence des organes segmentaires comme l’un des traits fondamentaux de l'organisation des Annelés. On les retrouve en effet chez les Hirudinées, chez la plupart des Annélides, et quelque chose d’analogue existe chez Ha Bonnellie, comme Pa montré M.de Lacaze-Duthiers, et même chez les Rotifères ; à ce point de vue, M. Williams a raison d'attribuer une grande importance à ces organes ; il va beaucoup plus loin.

Pour lui les organes segmentaires représentent en quelque sorte la portion génitale du zoonite. Ils ne se spécialisent pas de cette façon dans tous les anneaux; mais partout où se trouve un organe tenant en quelque façon à la génération c’est, selon M. Williams, par une transformation de tout organe segmentaire ou de lune de ses parties que l’organe en question est produit. Cette idée conduit M. Williams à dire qu’il n'existe pas d'autre canal déférent que les organes segmentaires des anneaux où sont situés les testicules ; que les testicules sont greffés sur la base de ces organes et possèdent avec eux une ouverture extérieure commune ; qu’il en est de même pour les ovaires et les oviductes.

Ce sont là manifestement des erreurs anatomiques qu'il eût été facile à M. Williams d'éviter.

Toutefois il y a dans cette doctrine quelque chose à garder. Depuis le mémoire de Williams, depuis ceux de d’Udekem, l'étude des Lombriciens aquatiques a fait, entre Les mains de Claparède, de grands progrès.

Dans deux mémoires publiés par les archives de la Société des sciences physiques et naturelles de Genève‘, Claparède s'occupe de la structure des Eombriciens, auxquels il donne le nom d’Annélides oli-

gochètes?.

1, Tome XVI, 2° partie, 1862, 2. Recherches sur les Annélides, Turbellariés, etc., du golfe de Naples; et Recherches

anatomiques sur les Oligochètes.

Il est surtout question dans ces mémoires du groupe des Naïdiens, et l’auteur y démontre que, dans tous ces animaux, les glandes génitales se développent indépendamment des organes segmentaires ; mais que les canaux déférents ne sont pas autre chose que des organes segmentaires diversement modifiés. Il va plus loin et soutient que les poches copulatrices ne sont également que des modifications de ces mêmes organes et parfois de leur portion inférieure seulement, la portion supérieure se terminant comme d'habitude en pavillon vibratile et allant se greffer sur l'organe segmentaire de l'anneau suivant.

Ainsi Claparède admet les doctrines du docteur Williams, sauf cependant en ce qui touche les testicules et les ovaires qui, bien évidemment, ne sont jamais greffés sur des organes segmentaires.

Il est remarquable, en effet, que, chez tous les Naïdiens, les organes segmentaires disparaissent dans tous les segments génitaux et qu'à leur place on trouve des organes qui leur ressemblent jusque dans leur forme (canaux déférents, oviductes) ou tout au moins s'ouvrent à l'extérieur par un orifice à peu près placé comme le leur (poches copulatrices).

Cette coïncidence perd peut-être un peu de sa valeur si l’on remarque que, chez les Naïdiens, les organes segmentaires manquent encore souvent dans les quatre ou cinq premiers anneaux du corps, bien que ceux-ci ne contiennent ni canaux déférents, ni poches copulatrices; que de plus ces mêmes anneaux sont fréquemment modifiés de manière à ne pas ressembler à ceux qui les suivent, comme on le voit chez plusieurs Naïs et chez les Dero, où le faisceau supérieur des soies disparait. Néanmoins la coïncidence en question existe et, jointe à l’analogie de la forme et de la fonction, excrétive dans les deux cas, des canaux déférents et des organes segmentaires, elle suffit à donner un certain poids à l'opinion commune de Claparède et de Williams.

Quand on passe des Naïdiens aux véritables Lombrics, une grosse

difficulté se présente toutefois à ce sujet : c’est que chez ces derniers

LOMBRICIENS TERRESTRES. 17 les organes segmentaires coexistent ordinairement avec les canaux déférents et les poches copulatrices, dans les anneaux génitaux. L'homologie n'est donc plus possible et il fallait s'y attendre, dit Claparède, car, chez les Lombrics, l’orifice des poches copulatrices est situé tout autrement que celui des organes segmentaires. Le premier est trèsrapproché de la paire de soies supérieures, tandis que les seconds sont compris au contraire entre les deux paires de soies inférieures. Quant au canal déférent, il traverse plusieurs anneaux sans appartenir plus spécialement à aucun d'eux et doit être, suivant Claparède, considéré comme un organe de nouvelle formation.

De prime abord cette conclusion paraîtra étrange. Physiologiquement, ces divers organes jouent chez les Lombrics le même rôle que chez les Naïs; anatomiquement, ils présentent exactement la même constitution; il est très-surprenant que dans des animaux aussi voisins, pour former des organes presque identiques dans la forme et dans la fonction, la nature ait employé des procédés différents.

De deux choses l’une : ou l'homologie généralement acceptée pour les Naïs est aussi vraie pour les Lombrics, ou elle est fausse pouf les deux groupes d'animaux. Tel est le dilemme qui semble s'imposer de lui-même aux naturalistes.

Tandis que Claparède s’efforçait de l’esquiver, le docteur ay Lankesler' proposait une solution, sans l'appuyer cependant sur aucun fait d'observation.

Pour lui, on doit considérer le zoonite du Lombricien comme portant normalement quatre paires de soies symétriquement placées el quatre organes segmentaires s’ouvrant, deux dans la région ventale, deux sur les côtés, entre les paires de soies latérales; mais dont il ne peut cependant préciser davantage la position. Chez iles Nais,

l'organe segmentaire supérieur avorte constamment; chez les Lom-

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