‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 9 sur 90 · VIN · texte numérisé non relu

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briciens cet avortement se produit aussi dans presque tous les anneaux, sauf cependant dans les anneaux génitaux où les organes segmentaires supérieurs persistent, pour former les canaux déférents et les poches copulatrices.

Cette théorie est ingénieuse; mais elle ne peut être défendue sérieusement que si toutes les conséquences qu'elle entraîne avec elles sont vérifiées par l'observation. Ces conséquences sont les suivantes :

4° On ne voit pas à priori de raison pour que les poches copulatrices et les vaisseaux déférents occupent plutôt tel ou tel anneau que tel autre. On doit donc s'attendre à voir les positions relatives de ces organes varier dans les différents types de Lombriciens vrais;

2% Dans un anneau qui présente déjà un organe segmentaire, on ne doit jamais trouver à la fois une poche copulatrice et un canal déférent ;

3 Si la condition fondamentale du zoonite est réellement de posséder quatre organes segmentaires, on ne voit pas pourquoi l'organe supérieur avorterait toujours, sauf dans les anneaux génitaux; on doit dans certains types en retrouver des traces, et ces types doivent pouvoir conserver, au moins dans quelques anneaux, quatre organes segmentaires ;

h° L'avortement doit pouvoir porter tout aussi bien sur le système inférieur que sur le système supérieur; il doit donc y avoir des types dans lequel c'est l'organe supérieur qui persiste et l'organe inférieur qui avorte ;

5° [ doit être possible de rattacher morphologiquement chaque série d'organes segmentaires à une autre série d’organes plus constants de manière à pouvoir affirmer, quand il n’y a qu'une seule paire d'organes segmentaires, que cette paire dépend de tel ou tel système ;

6° Il doit enfin y avoir des cas où l'organe segmentaire et le

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canal déférent soient assez évidemment semblables pour que l'homologie que l’on cherche à établir soit indiscutable.

De toutes ces propositions, la deuxième est absolument exclusive; si, dans un seul cas, elle n'est pas remplie, il faut rejeter de toute nécessité la théorie supposée; quant aux autres, si les conditions qu'elles expriment n'étaient jamais réalisées, cela ne rendrait pas l'hypothèse absurde; mais celle-ci ne pourrait jamais être considérée comme démontrée; de plus, elle serait inutile parce qu'une théorie n’a d'autre but que de grouper des faits en apparence différents et que, dans le cas actuel, il serait beaucoup plus court de constater purement et simplement ce qui existe et de l’énoncer comme une loi, que de faire une supposition gratuite et de la substituer à la réalité des faits.

Au contraire, s’il existe des types dans lesquels se manifestent ces diverses conditions, diversement combinées, il y a avantage à accepter l'hypothèse tant que d’autres faits ne viennent pas l’infirmer; il y a de plus des chances pour qu’elle exprime réellement une loi de la nature; on peut s’en servir comme d’un point de départ pour de nouvelles investigations et prévoir à l'avance un certain nombre de combinaisons organiques qu'il sera possible de rencontrer.

IL était probable qu'un travail du genre de celui-ci pourrait servir d'épreuve à la théorie de Ray Lankester; après ce que nous venons de dire, la conclusion ressortira d'elle-même de l'exposé de nos

observations anatomiques.

Les questions relatives aux organes segmentaires et à l'appareil génital se trouvant ainsi posées, considérons maintenant les diverses $ Ï parties de l'organisation des Lombrics, parties qui, pour avoir sou-

levé moins de discussions, n’en sont pas moins intéressantes.

Le système digestif des Lombrics se trouve exactement décrit

dans tous les ouvrages qui ont traité d’une manière générale de l'ana-

tomie de ces animaux; il est inutile d’en parler ici, d'autant plus que nous n'avons pas à indiquer de grandes modifications de cet appareil dans les types que nous avons examinés.

Au contraire, il est bon d'indiquer ce que l’on connaissait de l'appareil circulatoire. Les meilleures figures qui en aient été données sont dues à M. de Quatrefages”®. On y voit un vaisseau dorsal unique et deux vaisseaux médians sur la ligne médiane ventrale. Le premier de ces derniers vaisseaux est entre l'intestin et la chaîne ganglionnaire, le second est au-dessous de la bandelette nerveuse. Le vaisseau dorsal est plus ou moins contractile; antérieurement il est uni au vaisseau ventral supérieur par une série de six paires de gros vaisseaux latéraux, en chapelet, éminemment contractiles, embrassant assez lâchement l'intestin et qui jouent le rôle de cœur.

Le vaisseau dorsal et les deux vaisseaux inférieurs émettent chacun dans chaque anneau une paire de branches lätérales; il est probable que les ramifications ultimes des branches émises par les vaisseaux ventraux et celles des branches du vaisseau dorsal s'unissent finalement en anses. ainsi que je l’ai constaté sur les Perichæta?. Du reste, le vaisseau ventral supérieur dessert principalement l'appareil digestif, tandis que le vaisseau ventral inférieur est plus spécialement dévolu à la circulation périphérique.

Dans un mémoire sur les Perichæta. publié à la fois dans les Annales des Sciences naturelles* et dans le Recueil d’une société savante de Montpellier, M. Léon Vaillant donne une figure inédite de d’Ukekem représentant l'appareil circulatoire du Perichæta posthuma. Chez cet animal le vaisseau sous-nervien paraît manquer; M. Vaillant ne

s'étend pas davantage sur ce point dans une communication‘ qu'il a

1. Règne animal de Cuvier, grande édition de Masson; et Suites à Buffon, Annélides, pl. 1 2. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 871, 2° semestre, page 277. 3. T. X, 5° série, 1868.

&. Comptes rendus, 1871, 2° semestre, page 385.

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adressée depuis à l’Académie des sciences. Nous avions fait nousmême à l’Académie, dans la séance précédente, une communication sur les Perichæta; mais, préoccupé à ce moment d’autres recherches, nous n’avions pas porté notre attention sur ce point de manière à émettre une opinion suffisamment motivée. Nous regrettons de n'avoir pu jusqu'ici combler cette lacune. Quoi qu'il en soit, à part ce point réservé, à part aussi le nombre des cœurs latéraux qui n’est que de cinq paires, dont deux incomparablement plus développées que les autres, l'appareil circulatoire des Perichæla ne paraît pas s'éloigner beaucoup de celui des Eombrics. Il y a cependant un point que nous avons indiqué dans la communication déjà visée et sur lequel nous insisterons ici. c’est le suivant: il est manifeste que du vaisseau ventral unique que nous avons observé naissent deux séries de branches dans chaque anneau. les unes réservées à l'intestin qu’elles embrassent étroitement et sur lequel elles émettent de nombreux rameaux; les autres, constamment accompagnées chacune d’une branche du vaisseau dorsal qui se divise comme elle, les ramifications terminales des deux branches s’unissant finalement en anses”; ces derniers sont uniquement consacrés à la circulation périphérique. Le vaisseau ventral en question cumulant ainsi les fonctions des deux vaisseaux sus et sous-nervien du Lombric, il ne serait pas étonnant que chez les Perichæta l'un de ces vaisseaux fût supprimé; mais une pareille remarque ne saurait en aucune façon tenir lieu d'une bonne observation, et la question, pour nous, demeure entière.

Voilà, à notre connaissance, tout ce qui a été dit sur la constitution générale de l'appareil circulatoire des Lombriciens vrais, nous aurons occasion de montrer dans la suite de ce travail quelles modi-

fications nombreuses peut subir cet appareil dans le type Lombric.

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