Acanthodrilus, pag. 87 et
LOMBRICIENS TERRESTRES. 179
els sont les deux modes de formation du pénis qu'il m'a été donné d'observer chez les Lombriciens postclitelliens.
J'ai dit que les organes copulateurs manquaient chez les autres. En effet, chez les antéclitelliens je n'ai rien vu qui rappelât même de loin un pénis. Mais chez les intraclitelliens, dans le genre Titanus, si le pénis n'existe pas lui-même, on trouve quelque chose d’analogue à la bourse du pénis des £Zudrilus, également intraclitelliens. Là, le canal déférent, avant de s'ouvrir à l’intérieur, s’élargit en une sorte d'ampoule aplatie, ayant la forme d’une ellipse, dont le grand axe serait longitudinal ‘. Cette bourse est reliée aux parois du corps par trois brides latérales et extérieures ; son aspect étant le même que celui de la bourse du pénis des Eudrilus, on s'attendrait volontiers à trouver aussi un pénis dans son intérieur; mais si on vient à la fendre, on trouve simplement sur ses parois quelques papilles qui lors de l’accouplement font peut-être légèrement saillie à l'intérieur. On pourrait concevoir que ces papilles en s’allongeant et s’accolant l’une à l’autre puissent dans d'autres espèces former un vrai pénis; je ne serais donc pas surpris que cela ait été réalisé dans des types autres que ceux dont je me suis occupé, et qu’on le retrouvât en particulier chez quelques postclitelliens. |
De même l'existence de soies modifiées chez les Rhinodrilus, au voisinage des orifices génitaux, semble indiquer que le second mode de formation du pénis que j'ai indiqué chez les postclitelliens pourra aussi se rencontrer chez les intraclitelliens.
Toutelois je dois faire remarquer que ces soies modifiées se trouvant ici sur la ceinture, comme cela a lieu chez les Lombrics, il est possible que leur adaptation ait suivi une autre voie, car chez les Lombrics ces soies ne deviennent jamais pénis. Le second mode de
formation de l'appareil copulateur a donc, en quelque sorte, une
chance de moins que le premier de se rencontrer chez les Lombriciens intraclitelliens.
J'ajouterai enfin que tous les Lombriciens à appareil copulateur bien développé se sont montrés en même temps porteurs d’une prostate ou d’une vésicule séminale. Il y a peut-être entre l'existence de ces deux organes une relation de cause à effet qu'il serait intéressant d'établir et qui deviendrait probable s’il se vérifiait que l'existence de ces accessoires ne peut cadrer avec la situation antéclitellienne des orifices génitaux mâles, et qu’en même temps les animaux présentant cette disposition n’ont jamais que des organes copulateurs mâles rudimentaires.
On voit combien de questions d'anatomie philosophique soulève l'étude des organes génitaux mâles des Lombrics. Puis-je espérer avoir jamais assezlfdeMdocuments pour les résoudre? S'il inspire à d’autres le désir d'aborder ces question, mon travail n’en aura pas moins porté ses fruits.
J’aborde maintenant l’étude comparative des organes génitaux
femelles.