APPAREIL GÉNITAL FEMELLE
Dans l'appareil génital femelle, nous trouvons aussi des parties essentielles :
Les Ovaires;
Et des parties accessoires qui sont:
4° — Les Oviductes ;
2° — Les Poches copulatrices.
De ces diverses parties, les ovaires et les oviductes sont en général d’une délicatesse et d’une petitesse extrêmes; leur découverte ne remonte pas à plus de quinze ou vingt ans, et leur étude est toujours difficile. Aussi n’aurons-nous pas grand’chose à en dire à
LOMBRICIENS TERRESTRES. 181
propos d'animaux conservés dans l'alcool et où tous les organes sont plus ou moins flétris. D'ailleurs, les ovaires ne peuvent être sûrement reconnus qu'au moyen de l'examen histologique, qui est trop souvent impossible sur les animaux conservés. Nous avons eu heureusement à notre disposition quelques individus vivants, d'autres assez bien conservés, ce qui nous permettra de donner néanmoins un certain nombre de détails qui paraîtront nouveaux.
Ovaires. — Chez les Lombrics indigènes, les ovaires sont, comme on sait, de petits corps piriformes, intimement unis aux! tissus sousjacents et situés de chaque côté de la chaîne ventrale dans le douzième ou le treizième anneau. Ils sont assez difficiles à voir et à étudier.
Cette disposition n’est pas générale et il y a un certain nombre de Lombriciens chez qui les ovaires sont beaucoup plus faciles à apercevoir.
Parmi eux se trouvent deux animaux que j'ai pu observer vivants : le Lombric de Damiette que j'ai appelé Lumbricus Victoris, et le Perichæta Houlleti.
Chez le premier de ces animaux, les ovaires forment deux petites glandes étroites et mamelonnées suspendues perpendiculairement à la face postérieure de la cloison antérieure du quatorzième anneau. Ils sont très-évidents dans la préparation dès qu’on ouvre l'animal ; mais on est porté à les méconnaître quand on se rappelle la disposition ordinaire de ces organes chez les Lombrics. Aussi ne fus-je pas peu surpris, en portant ces petites glandes sous le microscope, de les trouver remplies d'œufs. Je me rappelai alors avoir vu chez d’autres Lombriciens conservés dans l'alcool, quelque chose d’analogue. Malheureusement, l'examen histologique de ces parties étant impossible, je n'avais pu m'assurer de leur nature, et je n’ai pu retrouver dans mes notes d'indications suffisamment précises à leur sujet.
Chez le Perichæta Houlleti, les ovaires sont encore plu visibles et ont une forme toute spéciale. Ce sont des disques membra-
neux ‘ remplis d'œufs et supportés par un long pédoncule très-grêle. Ce pédoncule est fixé à la base de la cloison postérieure du treizième anneau, il est traversé par des vaisseaux qui.se rendent au disque, s'y épanouissent en rayonnant et forment, en se bifurquant, une anse double autour de la plupart des œufs. Les deux branches résultant de la bifurcation se réunissent de nouveau après s'être repliées et constituent un vaisseau de retour qui regagne le pédoncule. La membrane qui forme le disque est formée d'une simple couche de cellules, à noyaux très-apparents.
Nous avons eu occasion de signaler chez d’autres Perichæta des formes plus élémentaires.
Rappelons encore ici les ovaires si évidents des Perionyæ et des Moniligaster, et ceux des Æ£udrilus greffés sur les poches copulatrices.
Chez les Anteus et Titanus dont la taille est si considérable, j’espérais trouver quelque chose qui rappelât l'ovaire ; cela m'a été impossible. Rapprochant ce fait de l'absence, au moins chez les derniers, de poches copulatrices, on voit que là l’hermaphroditisme est loin d'être évident. Les Woniligaster nous montrent cependant que les ovaires peuvent exister sans qu'il y ait pour cela nécessairement des poches copulatrices, La question demeure donc entière.
Oviductes. — Je n'ai étudié les oviductes que chez les Perichæta et chez les Honiligaster ; je renvoie pour leur étude à ce que j'en ai dit en parlant de ces Vers et aux figures que j'en donne *. Chez les Perichæta, ces appareils ressemblent absolument à ceux que Hering a décrits chez le Lumorieus terrestris; ils sont plus développés et un peu plus complexes chez les Moniligaster. IL est probable que l’existence
de ces organes est constante.