‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 83 sur 90 · PI. ur, fig · texte numérisé non relu

PI. ur, fig

a. PI. mi, fig. 62, et pl. 1v, fig. 81 et 84.

Rien n'indique jusqu’à présent qu'on doive les considérer comme des modifications des organes segmentaires.

Poches copulatrices. — Les poches copulatrices soulèvent d’intéressantes questions au point de vue morphologique. Elles varient nonseulement dans leur forme, mais encore dans leur nombre et dans leur position relativement aux autres organes de l'animal. Je n'ai aucun exemple bien constaté de leur variation de position relativement aux autres parties constitutives de l'anneau dans lequel elles sont situées.

Les variations de forme et de nombre peuvent s'expliquer trèsfacilement par des réductions ou des avortements plus ou moins complets, portant soit sur la totalité, soit sur certaines parties de l’organe.

Les variations de position relativement aux autres viscères s'expliquent plus difficilement. A la vérité, nous avons constaté ailleurs un déplacement analogue du gésier; mais le gésier n'étant autre chose qu'une partie du tube digestif modifiée d’une certaine façon, on conçoit sans peine que cette modification puisse se produire plus haut ou plus bas. Ces changements, qui portent sur le point où un organe déjà formé subit une modification spéciale, n’ont pas la même importance que ceux qui portent sur la position relative de deux organes indépendants, lesquels, dans un même type, doivent toujours naître dans la même position et gardent pendant toute la durée de la vie de l’animal des traces plus ou moins évidentes des relations qu'ils présentaient d’abord. C’est là ce qu'on observe chez tous les animaux dont l'organisme ne peut être scindé en unités inférieures, plus ou moins près de s’équivaloir, chez les mollusques, par exemple, et jusqu'à un certain point chez les vertébrés où l'unité de l'individu prime, plus que partout ailleurs, l'individualité des unités inférieures, des segments dans lesquels on a voulu diviser ces

animaux, à l’imitation des annelés.

Un Ver, au contraire, est en quelque sorte la réunion d'individualités nombreuses, placées bout à bout, plus ou moins incomplétement fusionnées, présentant d’un bout à l’autre les mêmes organes, répétés dans chaque anneau et capables de se modifier de manière à remplir telle ou telle fonction nécessaire à l'existence ou à la propagation de l'individualité collective.

Cette manière d'envisager un Ver conduit à penser que les relations de position des organes ne sont fixes que dans un même anneau; mais qu'aucune loi morphologique nécessaire ne détermine la position de l’anneau dans lequel un organe, faisant partie d'un système donné, peut subir telle ou telle modification en vue d'une adaptation spéciale. La modification en question peut se produire dans un anneau ou dans un autre, suivant les conditions dans lesquelles l'animal est destiné à vivre.

Ainsi, typiquement, les anneaux ayant tous la même constitution, lorsque dans l’un d’eux un organe en apparence nouveau apparaît, il y a toujours lieu de se demander si cet organe est bien en réalité une formation nouvelle, ou s’il ne résulte pas de quelque modification d’un organe préexistant.

Nous aurions pu nous poser cette question pour les testicules et les ovaires qui sont évidemment homologues entre eux, mais il est bien probable que ce sont là des formations nouvelles; nous ne nous y sommes pas arrêtés. Nous nous sommes posé cette même question pour les canaux déférents et nous en avons peut-être avancé la solu-. tion. Elle se représente maintenant pour les poches copulatrices.

Remarquons d’abord qu'avec la manière de considérer les annelés que nous venons de développer, les changements de position qu’elles présentent relativement aux autres organes n’ont plus rien d’extraordinaire, qu'on les considère comme des formations nouvelles ou comme de simples transformations d'organes préexistants. Il faut néanmoins choisir entre ces deux manières de voir.

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La dernière est, à priori, la plus probable.

En effet, les orifices des poches copulatrices sont exactement placés comme le seraient ceux des organes segmentaires supérieurs, dans la plupart des Lombriciens, aussi tant qu'on n'a pas eu montré des cas où les poches copulatrices coexistaient dans le même anneau avec les deux paires d'organes segmentaires ou des organes qui en soient certainement dérivés, cette manière d'envisager les poches copulatrices s’imposait d'elle-même à l'esprit.

Pour mon compte je n'ai longtemps rien vu qui fût contraire à cette manière de voir; puis les £udrilus sont venus présenter une exception assez singulière sous ce rapport, et dès lors j'ai dû revenir à la première interprétation.

Néanmoins, je dois le dire, il faudrait pour l’établir solidement des faits plus nombreux que ceux que nous possédons actuellement. L'étude des organes segmentaires est délicate; elle se fait mal sur des individus conservés dans l'alcool; je crois donc qu’il est bon de réserver encore son jugement définitif, tout en indiquant néanmoins sa tendance vers une opinion déterminée.

Voici maintenant les faits que j'ai pu observer, je les grouperai en signalant les lacunes que j'ai dû laisser dans mes recherches.

Le nombre des poches copulatrices varie de quatre paires à une seule paire. Il existe quatre paires de poches copulatrices chez les Perichæta cingulata et posthuma et chez le P. affinis; je n'en ai trouvé que trois paires chez le P. Houlleli et chez un autre d'espèce douteuse que j'ai observé. Il n'existe également que trois paires de poches copulatrices au plus chez les Lombrics; je n’en ai trouvé que deux chez le L. Americanus, chez les Acanthodrilus, les Perionyr, certains Pericheta et les Digaster. Enfin il n’en existe qu'une seule chez les £udrilus et quelques Perichæta, et pas du tout chez les Titanus et les Moniligaster.

Voilà donc un organe sujet à de nombreuses variations comme

nombre: ses variations de position ne sont pas moins nombreuses.

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