‹ Recherches pour servir à l'histoire du système nerveux des céphalopodes dibranchiauxChapitre 16 sur 27 · C. — COMMISSURES · texte numérisé non relu

C. — COMMISSURES

La commissure postérieure est très-large, formée par l’entrecroisement des nerfs optiques, le cervelet, la bande postérieure et une partie de la deuxième. Elle est épaisse, et présente en son milieu (2) le nerf optique, dont la section en ce point est presque circulaire et plus étendue que celles de l’Êlédone et du Poulpe, beaucoup moins que celle du nerf optique de la Sèche. Elle s’unit à la portion postérieure et à la portion moyenne de la masse sous-œsophagienne.

La commissure antérieure se bifurque dès son origine au ganglion en patte d’oie. Le cordon postérieur se porte en arrière à l’angle externe de la deuxième bande ; le cordon antérieur se porte en avant au ganglion sus-pharyngien, en dehors du cordon qui réunit directement ce ganglion à la deuxième bande du cerveau.

(1) Fig. 25, n° 1, et fig. 50, n° 16.

(2) Fig. 50, n° 8.

Nerfs auxquels le collier nerveux donne naissance.

Les masses sus-œsophagiennes et sous-œsophagiennes fournissent les mêmes paires nerveuses que ces mêmes organes chez la Sèche ; aussi n’insisterai-je que sur les différences qu’elles présentent dans leur distribution.

NERFS FOURNIS PAR LA MASSE SUS-OESOPHAGIENNE

Les nerfs fournis par la masse sus- œsophagienne sont d’arrière en avant :

Le nerf optique (1).

Le nerf olfactif.

Les nerfs des lèvres (2).

Le nerf buccal (3) .

Le nerf optique émane du milieu de la commissure postérieure, et se porte en dehors et un peu en avant dans l’orbite, où il se perd dans un ganglion optique semblable à celui que l’on observe chez la Sèche. Entre les deux mamelons qui constituent celui-ci, on remarque le petit ganglion olfactif, de la base duquel part le nerf destiné à l’organe de l’odorat. Les deux extrémités externes du ganglion optique se prolongent sous forme de longues cornes, qui portent des fibres nerveuses au delà de la moitié interne du globe oculaire.

Les nerfs labiaux et les nerfs buccaux sont fournis par le ganglion sus-pharyngien, que Brandt rapporte au stomato-gastrique. Comme je l’ai exposé en parlant de cet organe chez la Sèche, il est rationnel de considérer ce ganglion comme représentant la troisième bande transversale qu’on observe au cerveau du Poulpe et à celui de l’Élédone ; et le fait de l’existence des nerfs labiaux et buccaux fournis par ce ganglion dans le Calmar et la Sèche,

(1) Fig. 50, n° 8.

(2) Fig. 50.

(3) Fig. 50.

et fourni par la troisième bande du cerveau chez le Poulpe et l’Élédone, est une des raisons les plus concluantes en faveur de la manière de voir que je présente.

Les nerfs labiaux sont au nombre de huit ou dix paires, émis par 'le ganglion, de son bord antérieur, entre ses deux angles latéraux.

Ges nerfs se portent aux lèvres en se divisant. En arrière des deux angles latéraux, quelques petits filets se portent en dehors et en bas dans la membrane limitante du sinus veineux.

Le nerf buccal est émis par le ganglion sus-pharyngien. Il part de l’angle antéro-latéral de ce dernier, et se porte au ganglion sous-pharyngien du stomato- gastrique, sous forme de connectif embrassant l’œsophage.

Il pénètre sous le névrilème et envoie quelques fibres s’entrecroiser avec celles du côté opposé. La majeure partie du faisceau continue son trajet pour se distribuer à la masse buccale, en se divisant en plusieurs branches. Le passage du nerf buccal sous le névrilème du ganglion sous-pharyngien représente l’anastomose de ce ganglion avec le nerf buccal chez le Poulpe et chez FÉlédone.

NERFS FOURNIS PAR LA MASSE 50US-0ES0P1IAG1ENNE

D’arrière en avant, ce sont :

Le grand nerf viscéral (1).

Le nerf postérieur de l’entonnoir (2).

Le nerf palléal et son accessoire (3).

Le nerf ophthalmique supérieur (h).

Le nerf delà grande veine (5).

Le nerf auditif (6).

(1) Fig. 25, n° 11, et fig. 50, n° 11

(2) Fig. 25, n° 18.

(3) Fig. 25, n“ 6, et fig. 50, n° 10. (li) Fig. 50, n° 9.

(5) Fig. 50, n° 13, et fig. 25, n° 5.

(6) Fig. 50, n° \li, et fig. 25, n° 3.

Le nerf antérieur de l’entonnoir (1).

Les nerfs ophthalmiques inférieurs (2).

Les nerfs antérieurs de la tête (3).

Les nerfs des bras (à).

Les nerfs viscéraux naissent de la portion postérieure de la masse sous-œsophagienne, en son point le plus abaissé, comme chez le Poulpe, l’Élédone et la Sèche.

Leurs origines sont distinctes dans la boîte crânienne, mais ils s’accolent aussitôt, et ne se séparent l’un de l’autre qu’en traversant la membrane charnue qui recouvre la face ventrale du foie. En ce point, chaque nerf donne des rameaux qui se distribuent à l’enveloppe charnue et au pilier de l’entonnoir (5). Ainsi qu’une longue branche qui présente une disposition particulière. Cette branche (6) se porte en arrière parallèlement au nerf principal ; elle se bifurque. La branche externe de la bifurcation s’unit à celle du côté opposé, et se porte au rectum en croisant la branche interne. La branche interne, qui devient externe, se porte, celle de droite à gauche, celle de gauche à droite, sur les côtés du rectum, et se perd dans les parois de la poche du noir. Un rameau est fourni au conduit excréteur de la glande sexuelle.

Le nerf principal longe les parois de la grande veine, et arrivé au niveau du conduit excréteur des organes urinaires, il fournit un filet interne tellement grêle, qu’il ne m’a jamais été possible de l’apercevoir sans l’emploi préalable de réactifs, tels que l’acide chromique en dissolution ou l’alcool coloré par le rouge d’aniline. Ce filet anastomotique s’unit au nerf opposé, de façon qu’il en résulte une anse à convexité postérieure (7) de laquelle émanent des filets nerveux d’une finesse extrême, très-difficiles à suivre au delà de leurs points d’origine. Leur distribution est probablement analogue à ce que nous avons observé dans la Sèche.

(1) Fig-. 50, n0 12, etfig. 25, n° 4.

(2) Fig. 50, n° 5.

(3) Fig. 50.

(4) Fig. 50, n° 16, et fig. 25, n° 1.

(5) Fig. 25, n° 17.

(6) Fig. 25, n° 13.

(7) Fig. 25, n° 14.

68 JULES CJ1ËRON.

L’observation microscopique m’a permis de constater la présence des éléments ganglionnaires, au niveau de cette bifurcation du viscéral, ce qui autorise à considérer ce point du nerf, comme l’analogue du ganglion fusiforme del’Élédone et du Poulpe.

La branche externe, qui a conservé le volume du nerf, se porte en dehors vers la base de la branchie, se renfle en un petit ganglion allongé (1) avant de pénétrer dans cet organe, et enfin augmente de volume pour former un nerf ganglionnaire, duquel émanent (2) de nombreux filets qui se distribuent à la branchie. Le petit ganglion qu’on observe au point où le nerf se réfléchit d’arrière en avant envoie des filets au canal branchio- cardiaque, et au cœur branchial, sur lequel il n’est pas appliqué comme dans les Octopodes.

Chez le Calmar, le nerf postérieur de l’entonnoir (3), avant de sortir de la cavité crânienne, s’engage dans un canal creusé dans le cartilage, en arrière des cavités auditives; il se distribue (4) à la portion postérieure du tube, à la calotte et au disque creux qui sert de moyen d’union entre la bourse et la tête chez les Céphalopodes décapodes.

Le nerf paliéal (5), qui émane en dehors des viscéraux, mérite une description particulière.

Il se dirige en arrière et en dehors, et fournit antérieurement un rameau qui se porte au pilier de la tête. Il traverse ensuite celui-ci et se bifurque en même temps. La branche externe (6) aboutit au ganglion étoilé (7). Celui-ci a une forme triangulaire. Le nerf aboutit à l’angle antéro-externe. L’angle postérieur fournit une grosse branche (8) qui s’anastomose avec le nerf (9) de la nageoire, et une deuxième branche qui se porte directement

(1) Fig. 25, n° 15.

(2) Fig. 25, n° 16.

(3) Fig. 25, n° 18.

(4) Fig. 25, n° 19.

(5) Fig. 25, n° 7.

(8) Fig. 30, n° 4.

(9) Fig. 30, n° 6.

en arrière (1) dans l’épaisseur du manteau, d’où elle envoie un rameau anastomotique au nerf de la nageoire.

Le pourtour du ganglion compris entre les deux angles que je viens de signaler, envoie huit ou neuf branches nerveuses qui se distribuent dans l’épaisseur du manteau. On peut les suivre fort loin et observer leurs anastomoses (*2).

Le nerf de la nageoire est représenté par la branche interne de bifurcation du nerf palléal. Il longe le bord interne du ganglion étoilé, et reçoit une anastomose de son angle postérieur. Il traverse le manteau et arrive à la face inférieure et au bord interne de la nageoire. Il fournit dans tout son parcours, jusqu’à l’extrémité du corps, un grand nombre de filets externes seulement, tous destinés à l’organe de la natation. On n’observe point de nerf récurrent comme dans la Sèche, la nageoire se trouvant placée tout entière en arrière du ganglion étoilé.

Les accessoires des palléaux ne présentent rien de remarquable, ils se distribuent à la partie supérieure des piliers, ainsi qu’à la calotte.

En avant du palléal et un peu au-dessus, naît le nerf ophthalmique supérieur; sa distribution est la même que chez la Sèche (3).

En avant des viscéraux, sur la face inférieure, naissent les deux nerfs de la grande veine (à); ils se comportent comme chez les autres Céphalopodes dont nous venons de nous occuper.

Les nerfs antérieurs de l’entonnoir (5) émanent de la face inférieure de la portion moyenne de la masse sous-œsophagienne, près du sillon postérieur. Ils se portent en bas et se distribuent aux deux tiers antérieurs de l’entonnoir, après s’être divisés en quatre branches (6) .

Les auditifs (7) prennent naissance un peu en dehors de ces

(1) Fig. 30, n° 5.

(2) Fig. 25.

(3) Fig-, 50, n° 9.

(4) Fig. 25, ti° 5, et fig. 50," n° 13^

(5) Fig. 25, n° 4, et ftg. 50, n° 12.

(G) Fig. 25, n° 10.

(7) Fig. 25, n° 3, et fig. 50, n° 13.

JLMiS CHÉRO\.

derniers; leur parcours et leur mode de distribution sont analogues à ce que nous avons observé chez la Sèche.

Les ophthalmiquès inférieurs (1), qui naissent sur les limites des faces latérale et inférieure, se portent en dehors et se distribuent aux membranes de l’œil, ainsi qu’aux muscles moteurs.

D’autres petits nerfs émanent au pourtour de l’origine des nerfs des bras, ils se rendent aux muscles de la tête.

Enfin, les nerfs des bras (“2), au nombre de dix, terminent la portion antérieure de la masse sous -œsophagienne. Chacun d’eux se porte à la face interne de la cavité musculaire qui contient le bec, pénètre dans l’axe du bras correspondant, et se renfle en un ganglion lenticulaire, qui fournit à droite et à gauche une branche anastomotique au ganglion du nerf voisin. Partout son pourtour, ce petit ganglion émet un grand nombre de petits filets destinés aux muscles.

.^ccompagné d’une artère, le nerf continue son trajet dans le béas. Il est ganglionnaire sur toute son étendue; il ne présente pas de renflements, et fournit de nombreux filets nerveux aux cupules et aux muscles.

Le nerf qui se porte au grand bras est en dehors des deux nerfs médians inférieurs ; il pénètre promptement dans l’axe de cet organe, après avoir reçu un filet anastomotique des nerfs voisins, ce qui complète le cercle nerveux qui entoure la masse buccale.

Système nerveux de la vie organique (stomato-gaslrique) .

Le Calmar, dont l’organisation est si voisine de celle de la Sèche, offre dans la disposition de son système stomato-gastrique la répétition des faits que celle-ci nous a présentés.

Le ganglion sous-pharyngien est plus distinctement hilobé que dans la Sèche ; il est manifestement formé de deux masses soudées sur la ligne médiane. La manière dont le nerf buccal se distribue, les branches qui sortent du ganglion, la disposition

(1) Fig. 50, n° 15.

(2) Fig. 25, n° 1, et fig. 50, n° 16.

des filets œsophagiens, présentent la plus exacte copie de ce que la Sèche nous a fait voir.

Le ganglion stomacal est extrêmement allongé, comme toute la partie stomacale du tube digestif. 11 reçoit en avant un filet extrêmement grêle, et distribue ses branches au gésier par son bord droit, au rectum par son bord gauche, et par son extrémité postérieure au long cæcum qui représente l’estomac spiraL

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