PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES
ForoMiUoii des rnmleni, patréfftetloii de la viande a« eontaet
de rafr.
Expérience nM . — Dans la grande cloche de ÛO litres, on a introduit une masse de fumier pesant environ 8 kilogrammes et disposée préalablement sous forme de pyramide dans un lai^e vase de faïence. Ce fumier, peu consommé, se composait presque en totalité de crottin de cheval mélangé de débris de paille.
ET SUR LA FORMATION DES FUMIERS. h9
On a interposé plusieurs couches de craie dans la masse du fumier, qui a été en outre fortement arrosé avec deTeau. Avant de commencer l'expérience, l'appareil, muni de ses différents tubes et robinets, était soumis à des épreuves donnant toute sécurité sur la solidité des fermetures ; puis un courant d'air rapide était établi dans la cloche au moyen d'une puissante machine pneumatique.
Durée de l'expérience, six jours; volume de l'oxygène fourni, 39'*^ ,5 ; air normal au début de l'expérience; température, li degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,54
Oxygène 4 9,30
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote eu excès est de 1 pour 100.
Ecopérience n" 2. — Cette expérience, qui est la continuation et la suite de celle qui précède, commence immédiatement après la prise du gaz, l'air de la cloche contenant alors, coname nous venons de le dire : acide carbonique, 0,54; oxygène, 19,30; azote, 80,16.
Le volume de l'oxygène fourni est de 49'"*, 5 environ ; durée de l'expérience, dix jours; température, l/i degrès. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,34
Oxygène 47,91
Azote .,. 84,75
tOO,00
50 EXPÉRIENCES SUR lA PUTRÉFACTION
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote en excès est de 1,59 pour 100.
Expérience if 3. — Même masse de fumier ; aucun changement dans la disposition de l'appareil ; air normal au commencement de l'expérience; température, 12 degrés. 100 volumes d'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique.' 0,10
Oxygène 4 8,20
Duréederexpérience, vingt-six jours; volume del'oxygène fourni, 103"*, 4. On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote en excès est de 2,6 pour 100.
Expérience n° û. — Une nouvelle couche de fumier de cheval est disposée dans la grande cloche, de manière à laisser circuler l'air au centre même de la masse. Le poids du fumier est de 10 kilogrammes environ; on ajoute une certaine quantité de craie délayée dans l'eau. Durée de l'expérience, vingt et un jours; volume de l'oxygène fourni, 15/i litres; air normal au commencement; température, 12 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0)72
^ Oxygène 47,38
Azote ... * 84.90
On n'a pas trouvé de gaz combustibles .
L'azote en excès est de 2,8 pour 100*
Expérience n"* 5. — Même masse de fumier ; aucun changement dans l'appareil ; air normal au commencement de l'expérience; température, 22 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique , 0,23
Oxygène 18,85
On. n'a pas trouvé de gaz combustibles. Durée de Texpérience , seize jours ; volume de l'oxygène fourni
L'azote en excès est de 1,8 pour 100.
Expérience n° 6. — Dans le grand appareil transporté à la campagne et monté à nouveau, on a disposé une couche de 10 kilogrammes environ d'un bon fumier de ferme mélangé de fumier de cheval et de mouton; l'air pouvait circuler de toutes parts; on avait ajouté, dans la masse du fumier, de la marne en petits morceaux. Durée de l'expérience , vingt-trois jours ; volume de l'oxygène fourni, environ 104 litres; air normal au commencement de l'expérience ; température, 2/i degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,39
Oxygène 4 8,83
Azote 80,78
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote en excès est de 1,7 pour 100.
Expérience rt!"!. — Dans une cloche de 8 litres environ de capacité, sont placées sur un petit bâti en bois, des tranches de viande de bœuf; entre ces tranches, on a interposé d'assez gros morceaux de craie- Le poids de la viande est de 1500 grammes. Durée de Texpérience, trente-trois jours; volume de l'oxygène fourni, 27"'',6; air normal au commencement de Texpérience; température, 15 degrés. 100 volumes de Tair recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,37
Oxygène 42,37
Azote 87,26
, On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote en excès est de 8,1 pour 100.
La viande était dans un état de putréfaction bien caractérisée; une coloration d'un vert livide s'étendait sur une grande partie de la masse devenue gluante; son odeur était infecte.
Expérience n° 8. — Pendant un mois après Texpérience n* 7, cette même viande, déjà putréfiée, a été abandonnée dans la cloche qui est restée mastiquée dans sa rainure. On a alors de nouveau monté l'appareil pour étudier les produits gazeux formés pendant celte période de putréfaction avancée.
Au moyen d'une forte pompe aspirante et foulante, on a fait circuler dans la cloche plus de 150 litres d'air. La masse de viande putréfiée se trouvait donc dans l'air normal au commencement de l'expérience.
La température fut maintenue à 2«S degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 4,10
Oxygène 4 6,83
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
Durée de Texpérience, dix-sept jours; volume de Toxygène fourni, 8 litres environ.
L'azote en excès est de 2,9 pour 100.
Expérience n* 9. — Dans un appareil en tout semblable à celui ayant servi à étudier la respiration des petits animaux et des insectes, on a placé 30 grammes de viande de bœuf coupée en longs filaments et disposée sur une espèce de gril en verre; l'air de l'appareil, dont le volume est de 900 centimètres cubes environ, peut ainsi circuler de toutes parts. Durée de l'expérience, douze jours; volume de l'oxygène fourni, 1025 centimètres cubes ; air normal au commencement ; température, 22 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,13
Oxygène 4 4,28
Azote 85,59
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
L'azote en excès est de 6,5 pour 100.
La viande, entièrement putréfiée à la fin de l'expé-
5li £XPÉBIENGES SUE LA PUTRÉFACTION
rience, avail pris une couleur noire, son odeur était fétide: l'absorption de Toxygène, très rapide dans les premiers jours de Texpérience, s'est ralentie peu à peu, au point de devenir presque nulle.
Expérience nMO. — Dans la cloche de 8 litres, on a placé environ 5 kilogrammes d'un fumier de ferme très consommé et réduit à l'état de beurre noir. Un vase de verre à large ouverture contenait cette masse de furaier, très humide, très compacte et plongeant en grande, partie dans l'eau.
Durée del'expérieuce, sept jours; volume de l'oxygène fourni, 6 litres ; air normal au commencement de l'expérience; température, 25 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 0,43
Hydrogène protocarboné. . . 7,U Azote 92,43
On n'a pas trouvé d'oxygène. L'hydrogène prolocarboûé analysé était parfaitement pur.
L'azote en excès est de 13,3 pour 100.
Expérience 4f 11. — Même disposition dans l'appareil; air normal au cotamencement de Texpérience; température, 21 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique 4,92
Oxygène 4,57
Hydrogène protocarboné. . . 8,54
Azote 84,97
Durée de Texpérience, neuf jours; volume de Toxygène fourni, 12 litres environ.
L'azote eu excès est de 5,87 pour 100:
Expérience tf iû. — Même fumier, même disposition de Tappareil. Durée de Texpérience, neuf jours; volume de l'oxygène fourni, environ Ift litres; air normal au commencement de l'expérience ; température, 22^,5. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
Acide carbonique ...... 2,35
Oxygène 2,64
Hydrogène protocarboné . . 4 ,55
Azote 93,46
L'azote en excès est de l&,â pour 100.
Des expériences qui précèdent, on peut tirer les conclusions suivantes :
Les matières organiques en voie de décomposition ou de putréfaction, au contact de l'air, absorbent une quantité considérable d'oxygène^t produisent de l'acide carbonique.
La quantité d'oxygène qui a disparu étant exactement connue, et l'acide carbonique dégagé se dosant par l'analyse de la dissolution de potasse placée dans l'appareil condenseur, on peut déterminer rigoureusement le rapport qui existe entre la quantité d'oxygène consommée et la quantité d'oxygène employée à produire de l'acide carbonique.
L acide carbonique produit pendant ces combustions
lentes contient au moins les 90 centièmes de Toxygène consommé.
Dans Texpérience n" 4, le fumier de cheval absorbe 209 grammes d'oxygène. On retrouve 192 grammes de cet oxygène dans l'acide carbonique produit; 17 grammes d'oxygène ont donc été employées autrement qu'à faire de l'acide carbonique. Ce qui donne pour 100 d*oxygène absorbé :
94,80 employés à faire deTacide carbonique, 8,20 fixés autrement.
Dans l'expérience n** 7» pendant la putréfaction de la viande, on a trouvé que pour 100 d'oxygène absorbé il y en a eu 98,80 employés pour faire de l'acide carbonique, tandis que les autres produits de loxydation n'ont fixé que 1,19 d'oxygène.
Les sels ammoniacaux, les nitrates, les matières azotées fixes qui peuvent prendre naissance pendant la combustion lente ou la putréfaction des matières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitivement dans ces matières.
La formation des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de Tair, sont toujours accompagnées d'un dégagement très notable d'azote à l'état gazeux.
Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygène.
La. décomposition d'un fumier en partie plongé sous l'eau a donné lieu à un dégagement abondant d'bydro-
gène protocarboné et d'azote : eu se reportant aux expériences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra que l'air puisé dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. U est intéressant de voir que dans ce cas, l'azote peut encore se dégager à l'état de gaz.
Je ferai remarquer , que dans toutes ces expériences j'ai eu soin d'ajouter des carbonates terreux pour faciliter la formation de nitrates, et que, néanmoins, le dégagement de l'azote Ta emporté de beaucoup sur la fixation de ce gaz, en admettant qu'elle ait eu lieu.
Dans une seconde série d'expériences, j'ai suivi Tétude de la putréfaction et de la formation des fumiers, à l'abri du contact de l'air^ soit sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre. Je puis dire, dès à présent, que dans ces conditions, j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote, à l'état gazeux.
Dans tous les cas, lorsqu'une matière organique azotée éprouve la décomposition putride, une partie de son azotç se dégage à l'état d'azote gazeux. C'est là un fait qui me paraît maintenant tout à fait hors de doute et qui a son importance.
La pratique agricole devra en retirer un enseignement utile pour le meilleur emploi des fumiers qui, on le voit, perdent la plus grande partie de leurs éléments fertilisants par une fermentation trop longtemps prolongée.
Le cultivateur aurait un véritable intérêt à porter et à enfouir, le plus promptement possible, ses fumiers dans la terre. 11 éviterait l'élévation de température qui, se développant au milieu de masses de fumier amon-
lentes contient au moins les 90 centièmes de l'oxygène consommé.
Dans Texpérience n** 4, le fumier àe cheval absorbe 209 grammes d'oxygène* On retrouve 192 grammes de cet oxygène dans l'acide carbonique produit; 17 grammes d'oxygène ont donc été employés autrement qu'à faire de l'acide carbonique. Ce qui donne pour 100 d'oxygène absorbé :
94,80 employés à faire deTacide carbonique, 8,20 fixés autrement.
Dans l'expérience n"* 7, pendant la putréfaction de la viande, on a trouvé que pour 100 d'oxygène absorbé il y en a eu 98,80 employés pour faire de l'acide carbonique, tandis que les autres produits de loxydation n'ont fixé que 1,19 d'oxygène.
Les sels ammoniacaux, les nitrates, les matières azotées fixes qui peuvent prendre naissance pendant la combustion lente ou la putréfaction des matières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitivement dans ces matières.
Information des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de l'air, sont toujours accompagnées d'un dégagement très notable d'azote à l'état gazeux.
Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygène.
La. décomposition d'un fumier en partie plongé sous l'eau a donné lieu à un dégagement abondant d'hydro-
gène protocarboné et d'azote : eu se reportant aux expériences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra que Pair puisé dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. Il est intéressant de voir que dans ce cas, Tazote peut encore se dégager à Tétat de gaz.
Je ferai remarquer , que dans toutes ces expériences j'ai eu soin d'ajouter des carbonates terreux pour faciliter la formation de nitrates, et que, néanmoins, le dégagement de l'azote Ta emporté de beaucoup sur la fixation de ce gaz, en admettant qu'elle ait eu lieu.
Dans une seconde série d'expériences, j'ai suivi l'étude de la putréfaction et de la formation des fumiers» à l'abri du contact de l'air j soit sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre. Je puis dire, dès à présent, que dans ces conditions, j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote, à l'état gazeux.
Dans tous les cas, lorsqu'une matière organique azotée éprouve la décomposition putride, une partie de son azotç se dégage à l'état d'azote gazeux. C'est là un fait qui me paraît maintenant tout h fait hors de doute et qui a son importance.
La pratique agricole devra en retirer un enseignement utile pour le meilleur emploi des fumiers qui, on le voit, perdent la plus grande partie de leurs éléments fertilisants par une fermentation trop longtemps prolongée.
Le cultivateur aurait un véritable intérêt à porter et à enfouir, le plus promplement possible, ses fumiers dans la terre. 11 éviterait l'élévation de température qui, se développant au milieu de masses de fumier amon-
lentes contient au moins les 90 centièmes de Toxygène consommé.
Dans Texpérience n'* 4, le fumier àe cheval absorbe 209 grammes d'oxygène. On retrouve 192 grammes de cet oxygène dans Facide carbonique produit; 17 grammes d'oxygène ont donc été employés autrement qu'à faire de l'acide carbonique. Ce qui donne pour 100 d'oxygène absorbé :
94,80 employés à faire de Tacide carbonique, 8,20 fixés autrement.
Dans l'expérience n** 7, pendant la putréfaction de la viande, on a trouvé que pour 100 d'oxygène absorbé il y en a eu 98,80 employés pour faire de l'acide carbonique, tandis que les autres produits de loxydation n'ont fixé que 1,19 d'oxygène.
Les sels ammoniacaux, les nitrates, les matières azotées fixes qui peuvent prendre naissance pendant la combustion lente ou la putréfaction des matières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitivement dans ces matières.
La formation des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de l'air, sont toujours accompagnées d'un dégagement très notable d'azote à l'état gazeux.
Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygène.
La, décomposition d'un fumier en partie plongé sous l'eau a donné lieu à un dégagement abondant d'hydro-
gène protocarboné et d'azote : eu se reportant aux expériences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra que l'air puisé dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. Il est intéressant de voir que dans ce cas, l'azote peut encore se dégager à l'état de gaz.
Je ferai remarquer que dans toutes ces expériences j'ai eu soin d'ajouter des carbonates terreux pour faci* liter la formation de nitrates, et que, néanmoins, le dégagement de l'azote Ta emporté de beaucoup sur la fixation de ce gaz, en admettant qu'elle ait eu lieu.
Dans une seconde série d'expériences, j'ai suivi l'étude de la putréfaction et de la formation des fumiers, à l'abri du contact de l'air, soit sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre. Je puis dire, dès à présent, que dans ces conditions, j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote, à l'état gazeux.
Dans tous les cas, lorsqu'une matière organique azotée éprouve la décomposition putride, une partie de son azotç se dégage à Tétat d'azote gazeux. C'est là un fait qui me paraît maintenant tout à fait hors de doute et qui a son importance.
La pratique agricole devra en retirer un enseignement utile pour le meilleur emploi des fumiers qui, on le voit, perdent la plus grande partie de leurs éléments fertilisants par une fermentation trop longtemps prolongée.
Le cultivateur aurait un véritable intérêt à porter et à enfouir, le plus promplement possible, ses fumiers dans la terre. 11 éviterait l'élévation de température qui, se développant au milieu de masses de fumier amon-
lentes contient au moins les 90 centièmes de l'oxygène consommé.
Dans rexpérience n** 4, le fumier de cheval absorbe 209 grammes d'oxygène. On retrouve 192 grammes de cet oxygène dans l'acide carbonique produit; 17 grammes d'oxygène ont donc été employés autrement qu'à faire de l'acide carbonique. Ce qui donne pour 100 d'oxygène absorbé :
94,80 employés à faire de l'acide carbonique, 8,20 fixés autrement.
Dans l'expérience n* 7, pendant la putréfaction de la viande, on a trouvé que pour 100 d'oxygène absorbé il y en a eu 98,80 employés pour faire de l'acide carbonique, tandis que les autres produits de loxydation n'ont fixé que 1,19 d'oxygène.
Les sels ammoniacaux, les nitrates, les matières azotées fixes qui peuvent prendre naissance pendant la combustion lente ou la putréfaction des matières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitivement dans ces matières.
La formation des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de l'air, sont toujours accompagnées d'un dégagement très notable d'azote à l'état gazeux.
Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygène.
La. décomposition d'un fumier en partie plongé sous l'eau a donné lieu à un dégagement abondant d'bydro-
gène protocarboné et d*azote : eu se reportant aux expériences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra que l'air puisé dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. 11 est intéressant de voir que dans ce cas, l'azote peut encore se dégager à l'état de gaz.
Je ferai remarquer , que dans toutes ces expériences i*ai eu soin d'ajouter des carbonates terreux pour faciliter la formation de nitrates, et que, néanmoins, le dégagement de l'azote Ta emporté de beaucoup sur la fixation de ce gaz, en admettant qu'elle ait eu lieu.
Dans une seconde série d'expériences, j ai suivi l'étude de la putréfaction et de la formation des fumiers, à l'abri du contact de l'air^ soit sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre. Je puis dire, dès à présent, que dans ces conditions, j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote, à l'état gazeux.
Dans tous les cas, lorsqu'une matière organique azotée éprouve la décomposition putride, une partie de son azotç se dégage à T état d'azote gazeux. C'est là un fait qui me paraît maintenant tout à fait hors de doute et qui a son importance.
La pratique agricole devra en retirer un enseignement utile pour le meilleur emploi des fumiers qui, on le voit, perdent la plus grande partie de leurs éléments fertilisants par une fermentation trop longtemps prolongée.
Le cultivateur aurait un véritable intérêt à porter et à enfouir, le plus promplement possible, ses fumiers dans la terre. 11 éviterait l'élévation de température qui, se développant au milieu de masses de fumier amon-
celées, détermine de véritables combustions, et il ne laisserait pas ainsi amoindrir en pure perte la quantité et la richesse des engrais de son exploitation.
Dans une série de recherches entreprises en Angleterre pour décider si l'azote qui est à l'état gazeux dans lair atmosphérique est directement assimilable par les végétaux, MM. Lawes, Gilbert etPugh annoncent qu'ils ont fait de nombreuses expériences, dans le but de déterminer s'il y a émission d'azote pendant la destruction des matières organiques azotées.
Ces recherches, publiées le 21 juin 1860 dans les Proceedings oflhe Royal Society , sont reproduites dans l'ouvrage de M. Boussingault : Agronomie^ chimie agricole et physiologie (t. II, p. 847).
Je tiens à transcrire ici quelques-uns des résultats obtenus par MM. Lawes, Gilbert et Pugh, et je le fais avec d'autant plus de plaisir, que ces résultats s'accordent entièrement avec ceux fournis par mes expériences personnelles, fondées sur une méthojie tout à fait différente. Les chimistes anglais paraissent les avoir ignorées, quoiqu'elles aient été publiées en janvier 1856 dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XLII, p. 53.
a Dans la première série, comprenant six observations, du froment, de l'orge, de la farine de féverole, ont été môles séparément à de la pierre ponce, à de la terre calcinée, et abandonnés durant plusieurs mois k la décomposition dans un courant d'air, avec une disposition propre à recueillir l'ammoniaque émise et à la
doser. Le résultat a été que, dans cinq cas sur six, il y a eu émission plus ou moins prononcée de gaz azote, s'élevant dans deux cas à 12 pour 100 de l'azote contenu dans la substance.
» La seconde série, comprenant neuf observations, a de même été faite avec du froment, de Torge, des féveroles, le sol étant constitué comme précédemment par de la pierre ponce ou de la terre calcinée. Dans plusieurs cas, on a mis les graines entières, elles se sont développées, et les plantes, après leur mort, ont été abandonnées à la décomposition. Dans d'autres, on a fait usage de graines concassées ou moulues. On a continué ces expériences pendant plusieurs mois, pendant lesquels les matières ont perdu de 60 à 70 pour 100 de leur carbone. Dans huit expériences sur neuf, il y a eu émission d'azote libre s élevant dans la plupart des cas à un septième ou un huitième, et dans un cas à l\0 pour 100 de l'azote constituant de la substance. La décomposition de la matière organique a toujours été très complète, et la proportion de carbone perdu a été relativement uniforme. Il paraît d'après cela que si, dans de rares circonstances, il peut ne pas y avoir émission d'azote pendant la décomposition des matières organiques azotées, le plus ordinairement la perte peut être très considérable; c'est là, il faut le remarquer, un fait important, en ce qu'il touche h l'aménagement des fumiers dans les fermes, »
Ces conclusions sont, on le voit, absolument conforpaes à celles que j'ai déduites, moi-même, de mes expériences.
EXPÉRIENCES
SDR
En dehors des herbages et des pâturages, Fengraissèment méthodique du bétail donne généralement peu de bénéfice à l'agriculture.
Les animaux nourris à Tétable payent difficilement, par leurs produits, les- fourrages et les grains d'une grande valeur commerciale : aussi, le fumier obtenu sur place est-il trop souvent le solde d'une opération d*engraissement bien conduite.
C'est là un fait admis en pratique par beaucoup de cultivateurs intelligents, et je dois dire que j'ai eu le regret de le voir, de temps en temps, confirmé à mes dépens par les comptes de mon exploitation.
, Cette production des fumiers sur place est assurément très nécessaire; mais il conviendrait d'établir sa valeur sans l'exagérer; il serait intéressant de voir si cette valeur est en rapport avec les chances de toutes sortes que supporte l'agriculteur qui entreprend de nourrir dans ses étables ou dans ses bergeries des animaux destinés à la boucherie.
De bons esprits sont frappés de cette pensée que l'animal à l'engrais doit recevoir le plus promptement
EXPÉRIENCES SDR l'aUMENTATION. 61
possible une ration alimentciire supérieure à sa ration d'entretien ; ils admettent comme un principe que l'engraissement ne peut être avantageux qu'à la condition d'être mené très rapidement. Suivant ce principe, les animaux reçoivent donc, dès le début, d'abondantes rations de grains, de tourteaux, de fourrages.
J'ai moi-même pratiqué cette méthode, mais sans obtenir tous les avantages qu'elle semble promettre.
On ne tient pas, suivant moi, assez compte de cette loi physiologique qui tend à maintenir l'équilibre dans l'économie animale. Par les sécrétions, la nature s'oppose nécessairement à un engraissement trop rapide. Tandis que l'animal absorbe une ration alimentaire abondante, supérieure à sa ration d'entretien, ses différents organes ont pour fonctions d'éliminer les éléments de cette alimentation exagérée, et qui sans doute n'est pas eu rapport avec la force d'assimilation, qu'on ne peut augmenter à volonté.
Pour arriver à bien apprécier toute l'influence de cette force de l'assimilation, pendant l'engraissement du bétail, on est tout naturellement amené à chercher un moyen d'établir un compte de balance entre les principes élémentaires mis en circulation pendant l'alimentation, les principes assimilés ou fixés, et les principes qui sont éliminés, soit à letat d'excréments, soit à l'état de gaz, par la respiration.
Parmi les principes élémentaires qui se retrouvent dans les aliments, dans les excréments ou dans les tissus, l'azote est celui qui possède la plus grande valeur. Les engrais les plus azotés sont incontestablement les plus
fertilisants, et c'est à leur richesse en azote qu'il faut attribuer le prix élevé des tourteaux et des grains.
On devait espérer trouver quelques indications utiles pour la pratique agricole, en étudiant pendant un temps assez long, les différentes transformations que ranimai à Tengrais fait subir aux matières azotées.
Les beaux travaux de M. Boussingault avaient ouvert la voie : je pouvais donc suivre cette voie avec confiance, et j'ai entrepris une série d'expériences dans le but de rechercher les conditions économiques de la production de là viande. '
Le vendredi 5 décembre 1856, on a pesé cinq moutons nés à la ferme au mois de mars 1855; ils avaient été choisis dans le troupeau aussi pareils que possible.
Ils étaient tous cinq produits d'un second croisement de la race de la Charmoise.
Le poids des cinq moutons était enseuible de 208 kil., soit en moyenne 41\600 par tête.
Le mouton n° 60 pesait seul iO kilog.
Ces pesées ont été faites entre huit et neuf heures du matin, avant que les moutons aient reçu aucune nourriture. Les animaux étaient donc à jeun depuis la veille au soir.
ET {.'engraissement DU BÉTAIL. 6d
Immédiatement après cette pesée, les trois moutons portant les n"' 60,67 et 71 ont été placés dans une petite bergerie disposée pour rexpérience.
Les deux moutons portant les n**" 62 et C8 ont été abattus ce môme jour à trois heures devant moi, à la ferme :
Voici quels ont été les produits de chacun de ces moutons après l'abatagci
Mouton n° 62.
« -j X t« l'i ^ Pour 100 d«
Poids Vivant, 43 kilogrammes. poids Tivant.
Poids des quatre quartiers 20 ^500 47,67
Peau et toison avec pattes (sans tète] . 5 200 42,09
Suif 3 070 7,43
La tête 4 750
Pojumons, foie, cœur 4 320
Sang , < 500
Mouton n° 68.
-.« , .1 PourlOOde
Poids Vivant, 3 8 kilogrammes. poids vivant.
Poids des quatre quartiers 4 8^,800 49,47
Peau et toison avec pattes (sans tête) . 3 870 '40,48
Suif. . 2 250 6,92
La tête < 720
Poumons, foie, cœur * 260 >
La moyenne des produits fournis par les deux moutons abattus est pour 100 de poids vivant :
Les quatre quartiers 48,67
Peau et toison 4 4,49
Suif 6»62
En prenant pour base la moyenne des produits fournis par les deux moutons abattus le 5 décembre, on peut
6/i EXPÉRIENCES SUR l'aUMENTATION
admettre que les tipis moutons n" 60,67 et 71 mis en expérieuce auraient donné ce même jour :
Mouton n* 60.
Pois vivant :
40 kilogr.
Mouton n" 67.
Poids vivant :
45 kilog.
Mouton no 71.
Poids vivant :
42 kilog.
Les quatre quartiers. . .
Peau et toison. . . .
Suif
Les moutons ainsi pesés ont été placés sans litière sur un carrelage parfaitement imperméable et convenablement disposé pour recueillir ensemble tous les excréments liquides et solides. Ces excréments mixtes ou mélangés étaient chaque jour pesés et analysés.
Une légère pente était combinée de manière à laisser couler facilement les urines dans un vase placé sous le carrelage, et ce carrelage était lui-môme gratté quatre fois par jour avec une palette de fer pour rassembler les excréments solides et les réunir aux urines.
Les animaux ont pu rester ainsi pendant plus de cinq mois sans litière dans un état de propreté convenable.
D'un autre côté, les aliments donnés aux moutons étaient exactement pesés et analysés. On les déposait dans une profonde mangeoire de zinc pour éviter toute perte.
Avant de donner une nouvelle ration, on avait soin d'enlever les aliments non consommés. On pesait et on tenait compte de ces résidus de manière à établir le poids exact des aliments réellement absorbés.
Procédé analytique".
Pour éviter les lenteurs et les inconvénients de la dessiccation, toutes les analyses d'azote ont été faites en mêlant directement avec la chaux sodée des excréments mixtes en nature, bien mélangés et réduits à l'état de pâte dans un mortier de porcelaine.
La matière à analyser est placée dans un petit flacon à large ouverture bouché à l'émeri, dont on prend le poids; au moyen d'une spatule de platine on extrait ensuite du flacon la quantité de matière nécessaire pour l'analyse, et Ton procède à une nouvelle pesée. La différence entre les deux pesées donne le poids des excréments à analyser, que l'on divise au moyen de la spatule de platine dans la masse alcaline.
Ce mélange se fait très bien en disposant la chaux sodée dans un petit entonnoir de verre, dont rorifice est bouché par un tampon d'amiante. Ce tampon cède ensuite très facilement en le poussant légèrement avec mie tige de cuivre que Ton enfonce dans l'entonnoir, et le mélange tombe ainsi doucement dans le tube à combustion.
Comme les excréments en nature contiennent une très grande proportion d'eau, il est nécessaire, pour éviter l'absorption pendant la combustion, d'ajouter à la chaux sodée qui doit remplir le tube 1 gramme d'un mélange de sucre et d'acide oxalique à parties égales. Une production constante de gaz permanent rend alors la marche de l'analyse très régulière, et aucun accident n'est plus à craindre.
BEISF.T. K
66 EXPÉKiKNGËS SUR L AÛMENTATION
Pendant le mélange des excréments frais en nature avec la chaux sodée, il se dégage toujours une petite quantité d'ammoniaque; l'odeur en est sensible : il y a là une certaine perte qu'il ne parait pas possible d'éviter en procédant de cette manière. Il m'a donc paru nécessaire de comparer les résultats analytiques fournis par celte méthode, avec ceux que l'on obtiendrait en procédant à la combustion par l'oxyde de cuivre, pour recueillir l'azote à l'état gazeux, suivant la méthode des volumes.
C'était le seul moyen de savoir si cette perte d'ammoniaque est ou non de quelque importance.
Les analyses qui suivent ont été faites dans ce but. .
Comparaison des résultats fournis par les deux méthodes
analytiques.
r Excréments pesés le lundi 22 décembre 1856. On a trouvé pour 100, excréments en nature :
0,866 azote, combustion par la chaux sodée.
4 ,017 azote recueilli à rétat de gaz.
0,154 différence entre les deux analyses.
S"" Excréments pesés le mardi 23 décembre 1856. On a trouvé pour 100, excréments en nature :
0,730 azote, combustion par la chaux sodée.
0,890 azote recueilli à Tétat de gaz.
0,1 60 différence entre les deux analyses.
On voit, par la comparaison de ces résultats analyti-
er L^ENGRAISSBMENT M BÉTAIL. 67
ques, que la méthode des volumes donne une proportion d'azote un peu supérieure à celle que fournit la méthode de combustion par la chaux sodée.
Toutefois la différence doit être au-dessous d'un millième, si l'on tient compte des difficultés que Pon éprouve à débarrasser l'azote gazeux de tout mélange de gaz nitreux.
En opérant avec un tube de 80 centimètres de longueur, et malgré son passage sur une longue colonne de cuivre métallique, le gaz obtenu dans les analyses qui précèdent avait une odeur nitreuse prononcée et se colorait même légèrement à l'air.
J'avais déjà remarqué plusieurs fois que les urines analysées à l'état liquide par l'oxyde de cuivre fournissent tout particulièrement des gaz nitreux.
J'admets donc qu'en procédant directement à l'analyse des excréments en nature par combustion avec la chaux sodée, en prenant les soins indiqués, on obtient des résultats aussi exacts que possible.
Cette méthode simple et facile a été appliquée à l'analyse des aliments secs ou humides.
Je rappelle que la proportion d'ammoniaque obtenue par la combustion des matières avec la chaux sodée est déterminée avec l'acide sulfurique titré et normal, ainsi que Ta indiqué M. Péligot {Comptes rendw des séances de r Académie des sciences^ t. XXIY, p, 550).
Pour s'assurer que le mélange de chaux sodée employée dans les combustions ne peut pas fournir de 1 ammoniaque, on a brûlé i gramme de sucre blanc et d'acide oxalique mélangés à parties égales.
68 EXrÉRIENCHâ SUR L ALIMENTATION,
Avant la combustion, le litre des 10 coati mètres cubes d'acide sulfurique normal était à 43,2.
Après la combustion, le titre est encore à 43,2.
Il n'y a donc pas eu d'ammoniaque formée pendant la combustion du mélange de sucre et d'acide oxalique avec la chauj; sodée.
Enfin, pour montrer la concordance des résultats fournis- par le procédé analytique, je consigne deux analyses d'un même échantillon d'excréments mixtes.
1'" analyse : 2*%212 excréments en nature ont donné 0,0098 azote; soit 0,4û4 azote pour 100.
^"^ analyse : l*',ù42 mêmes excréments ont donné 0,0072 azote; Soit 0,505 azote pour 100.
La différence entre les deux analyses est donc seulement de 0,06 azote pour 100 de matières.
L'expérience, commencée le 5 décembre 1856 et prolongée pendant cent soixante-huit jours jusqu'au 21 mai 1857, est divisée en quatre périodes, afin de suivre mieux les résultats.
Première période.
La première période comprend quarante et un jours, du 5 décembre 1856 au 14 janvier 1857.
Le tableau suivant indique :
1* Le poids des excréments mixtes pesés chaque matin à huit heures ;
2** La quantité d'azote trouvée pour 100 d'excréments en nature ;
3* Le poids total de l'azote émis chaque jour dans les excréments;
4** Le poids des aliments consommés.
Première période , du 5 décembre 1856 au \h janvier 1857.
DATES
ogès
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