‹ Recherches pratiques et expérimentales sur l'agronomie (volume 2)Chapitre 4 sur 84 · IV • INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV • INTRODUCTION

surface de 80 hectares; j'y ai ajouté depuis lors 20 hectares de terres nouvelles conquises sur des bois défrichés, et qui m'ont donné des récoltes admirables, particulièrement pendant les premières années qui ont suivi leur mise en culture. Le sol tout entier de la ferme forme un vaste plateau composé de terres d'assez bonne qualité, sans être tout à fait cependant du premier ordre. Ma ferme étant située à 10 kilomètres de Dieppe, dans un pays riche et peuplé, je ne devais pas manquer de débouchés; et j'étais dans toutes les conditions voulues pour me livrer à ce que les agronomes ont appelé la culture intensive, c'est-à-dire un système d'exploitation qui consiste à ne jamais laisser reposer le sol, et à élever chaque pièce de terre à son maximum de fécondité par des sacrifices d'argent et par des façons coûteuses qui exigent une première mise de fonds importante.

Sous ce rapport, il est certain qu'en agriculture comme en industrie, le capital engagé joue un rôle considérable, et la plus grande faute que commettenthabituellementlescultivateursdes terres riches et fertiles, c'est assurément d'embrasser uneculture trop étendue pour le capital dont ils disposent. Il arrive, la plupart du temps, que l'argent qu'ils ont entre les mains au moment de leur premier établissement, est engagé tout entier dans un matériel d'exploitation trop souvent insuffisant. Au moindre

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