‹ Recherches pratiques et expérimentales sur l'agronomie (volume 2)Chapitre 57 sur 84 · Variété de mars · texte numérisé non relu

Variété de mars

lliS RECHERCHES SUR LE COLZA.

WLéeéiit dn e«l«i. — MUie em meules*

La récolte et le battage du colza se font, en Normandie, dans le courant du mois de juillet. La plante sciée avec des faucilles, un peu avant la complète maturité du grain, est déposée en javelles pendant huit à dix jours; puis on procède au battage en faisant dépiquer par les chevaux de la ferme la récolte préalablement amassée sur de grandes toiles. Le grain, parfaitement mûri par son séjour en javelles, est immédiatement séparé de la* paille, criblé et rentré dans les greniers. Le travail se fait ainsi rapidement et d^une manière peu coûteuse.

Cependant cette méthode présente plusieurs inconvénients qui ont leur gravité : qu'une grosse pluie d'orage, qu'une averse de grêle vienne assaillir le colza abandonné en javelles, toute la récolte est alors compromise ou perdue par ce battage instantané; qu'une de ces bandes de corbeaux/ si nombreuses en Normandie, vienne à s'abattre dans le champ, sur la plante séchant au soleil, les cosses, qui ne demandent qu'à s'ouvrir, laissent échapper et perdre une grande quantité de grains.

Dans certains départements du Nord, le colza, coupé un peu vert, comme en Normandie, est immédiatement mis en meules.

Ces meules sont disposées de manière à faire converger vers le centre les rameaux chargés de grains, et Ton conserve ainsi le colza pendant plusieurs mois avant de procéder au battage.

Ce système fait disparaître plusieurs des inconvénients de la mise en javelle, mais il ne présente pas cependant

tous les avantages qu'on lui attribue : ses partisans prétendent que le colza mis en meules donne un grain de qualité supérieure, contenant plus d'huile et trouvant un prix plus élevé sur les marchés.

Le récit de tels avantages ne pouvait laisser insensibles nos bous cultivateurs du pays de Caux, et la mise en meules du colza fut pratiquée dans le département de la Seine-Inférieure pendant la campagne de 1853. La Société centrale d'agriculture du département avait fait venir à grands frais des ouvriers habitués à ce genre de travail ; elle les mettait généreusement à la disposition des cultivateurs qui en faisaient la demande. L'expérience des meules de colza a donc été pratiquée dans les meilleures conditions possibles.

La plus grande partie de ma récolte de 1853 a été ainsi faite sans difficultés et avec un succès complet pour la bonne conservation du colza. Battu deux mois après sa mise en meules, le grain était de première qualité : mais nous devions chercher à savoir s'il contenait effectivement plus d'huile que le même grain récolté en juillet dans les mêmes champs, suivant le système normand ; celui-ci était d'ailleurs également de très bonne qualité et son apparence ne laissait rien à désirer.

Les analyses comparatives pouvaient seules décider la question.

150 RECHeRGHES SUR LE COLZA,

C;Ol«i mlfl en Javelles et récollé à Éeoreheliœaff en Jalllet iSSS*

Eaa poar 100 Matière grasse pour 100

du graia normal. du grain sec.

Première analyse H,&9 43,40

Deuxième analyse U^'^i 42,95

Moyenne 4 4,40 43,00

ColB» réeolté daiui le même eliami» en Juillet iS&S^ mM en meuleA et battu dan^ le molA d'oetobro.

Eau pour 100 Matière (rrasse pour 100

du grain normal. du grain sec.

Première analyse 4 2,40 43,45

Deuxième analyse 4 4,62 42,65

Troisième analysé . .... H, 39 43,05

Moyenne 4 4,70 42,95

Ces analyses démontrent clairement que le même grain contient absolument la môme proportion d'huile, qu'il soit mis en meules, ou qu'il soit récolté en javelles.

J'ai voulu confirmer encore ces résultats en analysant les grains récoltés dans les mômes conditions, en 1853, chez M. le comte de Malartic, à Tôtes,

Colza ml0 en JavelleA et réeolté à Tôtes en Juillet ld»S.

Eau pour 100 Matière grasse pour 100

du grain normal. du grain sec.

Première analyse 4 0,77 42,43

Deuxième analyse 4 0,70 43,03

Moyenne 4 0,73 4Î,73

ColBA réeolté h Tètes en Juillet tSftS, et battu après avoir été mis pendant ¥inst*nenr Jours en meules.

Eau pour 100 Matière grasse pour 100

du grain normal. du grain sec.

Première analyse 4 4,40 42,95

Deuxième analyse . . .. 41,4 6 42,48

Moyenne 4 4,43 42,56

Tout en présentant de sérieux: avantages, la mise en meules du colza ne tient pas, on le voit, une de ses plus belles promesses : elle n'augmente pas la quantité d'huile dans le grain. Les cultivateurs ont trouvé généralement que ce système exigeait plus de dépense; il n'a pas été adopté dans nos contrées.

FomuilioB de to nuillère srMNie émm» la iiUuite.

£n observant les différentes phases de la végétation du colza, j'ai toujours été vivement frappé des transformations remarquables que subit cette plante.

Les feuilles présentent d'abord un grand développe-* ment, puis elles sont absorbées ipen à peu au moment où la tige s'élance et se ramifie, pour disparaître complètement après la floraison du végétal*

II semblerait que les feuilles soient destinées à élaborer, à garder en réserve les principes qui doivent, à un moment donné, concourir à la nutrition de la plante; il semblerait que la nature vienne puiser dans cette réserve lentement accumulée les principes gras, les principes azotés^ les principes si divers qui vont, dans un temps très court, constituer et former le grain.

Telles étaient mes pensées, lorsque j'entrepris de suivre la formation de la matière grasse pendant les différentes périodes de la végétation du colza ; mais je dois dire que les résultats de mes expériences m'ont obligé à modifier ma belle théorie sur le rôle des feuilles pendant la maturation de la plante.

Vue première série comprend les analyses faites depuis

FeniUes.

Flears.

ToUl.

gr.

le 15 mai 1851, avant la floraison du colza, jusqu'au 7 juillet, époque où a commencé la récolte.

Une deuxième série comprend les résultats analytiques obtenus pendant la campagne de 1853, depuis la floraison de la plante jusqu'à sa complète maturité.

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