VI INTRODUCTION
blé, avoine et fourrages, telles sont les trois périodes qui partagent les cultures du pays; sur la troisième sole seulement, des terres sont réservées pour être consacrées à la culture des plantes industrielles, et principalement du colza. Le blé sert à l'alimentation des hommes de la ferme, l'excédant seul est vendu; l'avoine entre presque tout entière dans la nourriture des chevaux et des moutons; le colza, exporté au dehors, ne laisse à peu près rien au sol qui l'a nourri : de telle sorte que ce système a pour cause fatale l'appauvrissement de la terre, lorsqu'il n'est pas suivipar des cultivateurs qui achètent des engrais ou qui se livrent à des engraissements de bestiaux avec des aliments apportés du dehors. Je donnai la préférence à l'assolement de quatre ans, qui laisse une plus grande place aux fourrages, et permet d'entretenir un plus grand nombre de têtes de bétail par hectare. Mon but était du reste de mettre mon exploitation en état de se suffire à elle-même, et de ne rien acheter, à l'exception des engrais que je pourrais me procurer en dehors de mon exploitation. C'était un plan tout opposé à celui que me traçait l'exemple des cultivateurs environnants. La ferme qui voit naître les animaux n'est pas ordinairement celle qui les élève, et encore moins celle qui les engraisse et les amène à la boucherie. Les transactions faites sur les marchés jouent un rôle capital dans la vie de nos