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cultivateurs : elles ont pour eux un attrait tout particulier, et, en examinant les causes véritables de la fortune de quelques-uns d'entre eux, on voit trop souvent que leur prospérité est due à l'habileté mise en œuvre dans les ventes et achats répétés le plus souvent possible, plutôt qu'à Tintelligence déployée dans la conduite de l'exploitation elle-même.
Grâce à une ressource exceptionnelle d'engrais, j'obtins rapidement de très belles récoltes. Dans mes promenades à Dieppe, j'avais remarqué que toutes les vidanges de la ville étaient jetées sur la plage et abandonnées sur certains points où la mer devait les emporter à la marée montante. Le sol sur lequel Dieppe est construit ne se prêtant que difficilement à l'établissement des fosses d'aisances, ces vidanges renfermaient des matières d'une richesse extrême. L'analyse m'a permis d'y constater 1,10 pour 100 d'azote. J'achetai ces en* grais un prix insignifiant, environ 1 fr. 50 c. le mètre cube. J'avais des tonneaux semblables à ceux qu'emploient les entrepreneurs de vidanges à Paris. Ces tonneaux revenaient chaque jour, à la ferme, vers midi; on étendait immédiatement en nappe leur contenu sur mes terres, à raison de 4^0 à 50 mètres cubes par hectare. J'évitais ainsi touteperledespriiicipesaclifset toute manipulation inutile. Sous cette puissante influence, j'ai obtenu
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des récoltes tout à fait extraordinaires : dans le cours de Tannée 1852, une comniîssion de la Société centrale d'agriculture de Rouen a constaté un rendement de 102,000 kilogrammes de betteraves champêtres sur un hectare de terrain fertilisé par ce procédé, et une récolte de 92 hectolitres de graines de colza sur une surface de 2 hectares. Comprenant combien il serait désirable que mon exemple pût trouver des imitateurs, cette même Société m'avait décerné une médaille d'or pour signaler à l'attention publique l'intérêt qui s'attache à l'emploi des vidanges recueillies dans les villes. Les cultivateurs voisins ne tardèrent pas, en effet, à être frappés par les résultats obtenus avec ce précieux engrais. La leçon profita au point que je fus bientôt évincé par des agriculteurs plus rapprochés de la ville de Dieppe. Ils sont arrivés aujourd'hui à payer de 12 à 15 francs les quantités qui m'avaient été livrées au prix de 1 fr.50c.En présence de cette concurrence, je dus renoncer à l'emploi de ces engrais, en emportant toutefois la satisfaction d'avoir ajouté un témoignage de plus à Tappui de toutes les réflexions que suggère à si juste raison aux agronomes la perte des riches substances que produisent les vidanges des grandes villes. J'ai cherché depuis lors à utiliser d'autres engrais que peuvent fournir les ports de mer : j'ai employé un poisson que les