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L'examen de co tableau conduit à celte conclusion, que, dans les deux espériciu es, la quantité d'eau diminue à mesure que la maturité du grain augmente.
On remarqua aussi certaines variations dans la proportion du gluten ; mais elles sont pou importantes, et no paraissent pas suivre une marche déterminée.
Dans l'expérience n° 11, le grain arrivé à sa complète maturité contient le plus d'azote; dans l'autre expérience, cette conclusion ne se confirme pas.
J'ai d'ailleurs l'intention de compléter, par de nouvelles recherches, l'élude de ce sujet, qui offre un véritable intérêt.
Le blé récolté pendant l'année 1852 a présenté, dans presque toutes les localités, ce rein arquais phénomène, qu'il était déjà mûr et bon à couper sans que te grain eût cependant atteint son entier développement; il est resté maigro et ridé, en sorte que la proportion du petil blé séparé par le crible était [dus considérable qu'à l'ordinaire.
J'ai cru intéressant d'examiner si, dans une même variété de blé, les gros grains, parfaitement développés, ont la même composition que les grains maigres et ridés. Voici le résumé de ces expériences :
Ces analyses montrent que, dans les trois variétés de lilés examinas, les grains maigres contiennent notablement plus de gluten que les gros grains : ce fait ressort surtout pour la variété du blé Victoria, où une différence très marquée existait entre !es grains maigres et les gros grains qui avaient atteint un degré de développement remarquable. Dans la variété du blé spalding, les grains étaient plus généralement maigres et ridés, aussi les différences sont-elles moins sensibles.
Ces faits portent à croire que, dans une certaine phase de leur croissance, les grains de blé contiennent une proportion égale de matières azotées, et il semble que, dans la dernière période de leur développement, la njatière féculente vient s'ajouter peu à peu aux principes azotés : c'est ainsi que pourrait s'expliquor comment, dans une même variété de blé, le grain maigre contient, relativement à son poids, plus d'azote que le gros grain.
Quanta la proportion d'eau, elle reste notablement plus considérable dans les gros grains que dans les grains maigres.
Dans les exploitations rurales, le petit blé est généralement consacré il faire le pain nécessaire à la consommation des gens de la terme. Nus expériences démontrent que cet usage se trouve èlre rationnel en même temps qu'économique, puisque lu petit blé, composé presque exclusivement de grains maigres, contient moins d'eau et plus de malières azotées que les gros grains, dont la valeur marchande est d'ailleurs plus considérable.
On objectera peut-être qu'à l'épreuve de la meule, les
Liés maigres i t-iKh uul plus U'i'corce, et une farine moins blanche et moins abondante que les gros grains très féculents. C'est lu un fait que- je n'ai pas encore été à mÊrne de constater directe ment.
Il serait cependant d'un grand intérêt de déterminer, par des expériences comparatives, les proportions île farine et A'hsues qu'il est pos-iMe d'extraire des différents blés. Mais ce rendement en farine doit nécessairement varier pour la même espèce de blé, suivant que les moyens d'extraction sont plus ou moins parfaits. Les meules grossières de nos campagnes ne peuvent fournir des produits comparables, ni en qualité ni en quantité, à ceux des moulins perfectionnés. Il faut espérer que celte partie si importante do l'histoire du blé pourra être étudiée sur une assez grande échelle pour donner des résultats de quelque valeur.
Les Sociétés d'agriculture et les Conseils généraux ont été consultés sur la question de la vente des grains, soit au poids, soit au volume. Chacun de ces deux systèmes a trouvé sos défenseurs, et, après de nombreuses discussions, on continue à vendre aujourd'hui, sur les différents marchés, indisiiiicli'iuciit au poids ou au volume. Un îles plus graves inconvénients de cet étal de choses est que, dans une même contrée, les systèmes les plus divers servent de base à la vente des grains. Ainsi, dans le département de la Seine -Inférieure, le tac de blé représente tantôt 2 hectolitres, tantôt 1G0, 165, 180 ou 200 kilogrammes, suivant qu'il est vendu sur un marché ou sur un autre.
Il en résulte une confusion d'autant plus grande, que
ces systèmes si différents sont mis en pratique dans des localités quelquefois dvs rapprochées.
Un calcul assez complique devient alors nécessaire pour établir la relation qui existe entre les pris cotés sur les différents marchés.
Le Gouvernement s'est déjà préoccupé de ces inconvénients; en prenant l'avis des Sociétés d'agriculture et des Conseils généraux, il avait sans doute pour but de s'éclairer sur l'opportunité de réglementer le commorce des grains, en établissant sur tous les marchés une base uniforme. Chacun apprécierait les avantages d'une pareille mesure.
En adoptant pour base la vente au poids, le Gouvernement ne ferait que réglementer ce qui se pratique chaque jour. La vente au volume, telle qu'elle s'opère aujourd'hui, n'est en réalité qu'une vente au poids, puisqu'en achetant un hectulilre de grain, on exige toujours qu'il pèse un poids déterminé, en sorte que pour fournir lé poids qui lui est demandé, le vendeur est obligé de livrer beaucoup plus que la mesure. L'hectolitre, avec son comble, représente alors 110 litres et souvent même 1 15 litres de grain.
Si, d'un autre côté, on ne vend exactement que 100 litres de blé, on règle le prix en prenant pour base le poids du grain contenu dans la mesure.
Dans la pratique, le poids sert donc à régler le prix des grains : seulement, au lieu de prendre pour base une unité de poids, comme 100 kilogrammes par exemple, on adopte les poids les plus différents.
Il est bon de rappeler encore ici quelles difficultés se
présentent lorsqu'il s'agit de mesurer exactement un volume déterminé rie grain. On sait aussi avec quelle habileté certains individus parviennent à mesurer le grain toujours à leur profit.
La vente au poids aurait donc encore cet avantage que la balance donne toujours des résultats certains et comparables.
J'ai cherché à savoir si le poids d'une mesure déterminée de grains pouvait donner d'utiles indications sur la valeur alimentaire de ce grain : je crois avoir démontré, par les expériences demies dans ce mémoire, que l'on ne peut pas apprécie!' la qualité, d'un grain d'après son poids apparent, puisque ce poids, qui dépend presque exclusivement de la forme du grain, n'est généralement pas en rapport avec sa densité réelle.
Il me paraît ilenc impossible d'admettre qu'il y ait un intérêt quelconque pour celui qui achète 100 kilogrammes de blé, à savoir le poids de l'hectolitre do ce même blé.
Pour les personnes expérimentées, le maniement et l'aspect du grain leur indiquent d'ailleurs avec certitude si le grain est convenablement préparé, et s'il ne contient qu'une quantité d'eau normale,
La vente au pouls, en prenant mie base uniforme, ne présente donc, suivant moi, aucun inconvénient sérieux; elle remplacerait avec avantage un système mixte, qui amène une grande confusion dans le commerce des grains.
Je serais heureux si ces considérai ions, fondées sur des expériences précises, pouvaient aider à la solution
d'um: question qui intéresse vivement l'agriculture pratique, et qui, à ce titre, ne peut manquer de mériter l'intérêt de l'administration.
L'ensemble des Faits contenus dans ce mémoire m'a conduit aux conclusions générales qui suivent :