‹ Recherches pratiques et expérimentales sur l'agronomieChapitre 28 sur 71 · G EXPÉRIENCES SUR TA PUTRÉFACTION · texte numérisé non relu

G EXPÉRIENCES SUR TA PUTRÉFACTION

lentes contient an moins les 90 centièmes de l'oxygène consommé.

Dans l'expérience n" fi, le fumier de cheval absorbe 209 grammes d'oxygène. On retrouve 192 grammes de cet oxygène dans l'acide carbonique produit; 17 grammes d'oxygène ont donc été employés autrement qu'à faire de l'acide carlioui(|iie. Ce qui donne pour 100 d'oxygène absorbé :

91 ,S0 emploies il r.iire île l'acide carbonique, 8,20 Dife autrement.

Dans l'expérience n° 7, pendant la putréfaction do ta viande, on a trouvé que pour 100 d'oxygène absorbé il y en a eu 08,80 employés pour faire de l'acide carbonique, tandis que les autres produits de l'oxydation n'ont fixé que 1,19 d'oxygène.

Les sels ammoniacaux, les nitrates, les matières azotées fixes qui peuvent, prendre naissance pendant la combustion lenle ou la put ré lac lion des matières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitivement dans ces matières.

La formation des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de l'air, sont toujours accompagnées d'un dégagement très notable d'azote à l'élat gazeux.

Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygène.

l'eau a donné lien à un dégu^eineuE abondant d'hydro-

périences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra que l'air puise dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. Il est intéressant île voir que dans co cas, l'azote peut encore se dégager à l'état de gaz.

Je ferai remarquer que dans toutes ces expériences j'ai eu soin (l'ajouter des carbonates terreux pour faciliter la formation de nitrates, et que, néanmoins, le dégagement de l'azote l'a emporté de beaucoup sur la fixation de ce ^a/, en admettant qu'elle ait eu lieu. - Dans une seconde série d'expériences, j'ai suivi l'étude de la putréfaction et de !a formation des fumiers, a l'abri du contact de l'air, soit .sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre. Je puis dire, dés à présent, que dans ces concilions, j'ai toujours observé un dégagement abondant d'hydrogène [irotociirboné et d'azote, h l'état gazeux.

Dans tons les cas, lorsqu'une matière organique azotée éprouve la décomposition putride, une partie de son azote se dégage à l'état d'azote gazeux. C'est lii un fait qui me parait nniiiileuaiit tout à fait hors de doute et qui a son importance.

La pratique agricole devra eu retirer un enseignement utile pour le meilleur emploi des fumiers qui, on le voit, perdent la plus grandi; partie de leurs éléments fertilisants par une fermentât ion trop longtemps prolongée.

IÀ cultivateur aurait un véritable intérêt à porter et à enfouir, le plus prompte meut possible, ses fumiers dans la terre. Il éviterait l'élévation de température qui, se développant au milieu de masses de fumier amon-

celées, détermine de véritables combustions, et il ne et la richesse des engrais de son exploitation.

Dans une série de recherches entreprises en Angleterre pour décider fi l'azote nui est à l'étal gazeux dans l'air atmosphérique est directement assimilable par les végétaux, MM. Lawes, Gilhert et Pugh annoncent qu'ils ont fait de nombreuses expériences, dans le but do déterminer s'il y a émission il' azote pendant la destruction des matières organiques azotées.

Ces recherches, publiées le 21 juin 1860 dans les l'raceedings oflhe Royal Society . .sent, reproduites dans l'ouvrage de M. Ifoussîngault : Agronomie, chimie agricole et physiologie (t. H, p. 347).

Je tiens à transcrire ici quelques-uns des résultats obtenus par MM. Lawes, Gilbert et Pugh, et je le fais avec d'autant plus de plaisir, que ces résultats s'accordent entièrement avec ceux fournis par mes expériences personnelles, fondées sur une méthode tout à fait différente. Les chimistes anglais paraissent les avoir ignorées, quoiqu'elles aient été publiées en janvier 1856 dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t. XLU, p. 53.

a Dans la première série, comprenant six observalions, du froment, de l'orge, de la farine de féverole, ont été mêlés séparément à do la pierre ponce, à de la terre calcinée, et abandonnés durant plusieurs mois à la déeum position dans un courant d'air, avec une disposition propre à recueillir l'ammoniaque émise et à la

doser. Le résultat a élé que, dans cinq cas sur six, il y a eu Omission plus ou moins prononcée de gaz azote, s'élevant dans deux cas à i~2 pour 100 de l'azote contenu dans la substance.

» La seconde série, comprenant neuf observations, a de même élé faite avec du froment, de l'orge, des fé véroles, le sol étant eonsliSué commu précédemment par de la pierre ponce ou de la terre calcinée. Dans plusieurs cas, on a mis les graines entières, elles se sont développées, et les plantes, après leur mort, ont élé abandonnées à la décomposition. Dans d'antres, on a fait usage de graines concassées ou moulues. On a continué ces expériences pendant plusieurs mois, pendant lesquels les matières ont perdu de 60 à 70 pour 100 de leur carbone. Dans lui il expériences sur neuf, il y a eu émission d'azote libre s'élevant dans la plupart des cas à un septième ou un huitième, et dans un cas à aO pour 100 de l'azote constituant de la substance. La décomposition de tu matière organique a toujours été très complète, et la proportion de carbone perdu a été relativement uniforme. Il parait d'après cela que si, dans de rares circonstances, il peut ne pas y avoir émission d'azote pendant la décom position des matières organiques azotées, lopins ordinairement la perte peut être très considérable; c'est là, il faut le remarquer, un fait important, en ce qu'il touche à l'aménagement des fumiers dans les fermes. »

Ces conclusions sont, on le voit, absolument conformes à celles que j'ai déduites, moi-même, de mes expériences.

EXPÉRIENCES

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