‹ Recherches pratiques et expérimentales sur l'agronomieChapitre 35 sur 71 · I L ALIMENTATION · texte numérisé non relu

I L ALIMENTATION

Le mouton ti° 60, pesant vivant 59 kilogrammes, a donné après la mort : ^ p °i" r,?lld „t

Qualra quartiers 35,600 i3,i

Suif . 6,700 9,6

Peau et toison 8,000 I3,S

Au commencement de l'expérience, le 5 décembre, ce même mouton pesait vivant fiO kilogrammes; l'augmentation de poids a donc été de 19 kilogrammes.

Le mouton u* 67, pesant vivant 59 kilogrammes, a donné après la mort : m, ioo &

r kil. poids vivrai.

Quatre quartiers 26,8*0 iS,S

Suif. . 8,100 U,7

Au commencement de l'expérience, le 5 décembre, eu môme mouton pesait hh kilogrammes; l'augmentation de poids a donc été de \h kilogrammes.

On se rappelle que j'ai chc relui Rétablir par analogie, au commencement rie l'expérience, le poids des quatre quartiers, suif, peau et toison de chaque mouton ; il est intéressant de rapprocher les données fournies alors par le calcul, des données fournies directement par la pesée, après la mort.

Quatre quartiers. . . 19,128 îS.fiOO 6.I7Î Peau et loisou. . . . 1,476 8,000 3,BSi Suif 2,608 5,700 3,09S

ut l'ekgr.mssehent nu bétail.

Mouton rC 67.

Peau ei toison.

s dans ces tableaux,

1! y a là une anomalie qu'il convient de signaler en cherchant à l'expliquer.

Pour connaître la proportion des produits utiles formés pendant l' alimentât ion, j'ai dû admettre comme base de comparaison le poids déduil, par analogie, au commencement de l'expérience, afin d'établir ce que chaque mouton contenait alors de viande, de suif, de peau et toison. On comprend que cette base, qui doit se rapprocher heauçoup de la vérité, peut cependant présenter quelques incertitudes. Mais je suis dispose à croire que l'écart observé, en comparant l'augmentation de poids vivant et les produits formes pendant l'engraissement, lient ans quantités plus ou moins grandes d'excréments ou d'aliments en voie d'élaboration que renfermait l'appareil digestif des animaux, soit au commencement, soit à la fin de l'expérience.

9â expériences sur l'alimentation

On n'a pas leiiu complu du pniils de ces matières, dont la proportion varie néivssaireineol suivant l'aptitude de chai) ut; animal à conserver plus ou moins de lest dans son estomac.

Connaissant d'une manière il peu prés absolue le poids iks prn:luils I"-: ■ i ■ l 1 1 1 "■■ s [H'iidant IViiivaisseniont des deuv moulons, nous devons roriierclier lu quantité d'azote que représente cliiU'un do ces produits.

La viande dos moulons a été analysée à l'état de nature.

Une ii™ 11 '*™ analyse ■: :■: ■ ri tl i ■ ; dV.wiû pour 100 de viande. Une deuxième — 3,38 — Moyenne 3,35

L'échantillon de viande analysée avait été pris au centre de la noix d'une côtelette.

Laine du mouton ti° 60, le jour de sa mort :

Première analyse. 9,.i2 d'aïolu pour 1 00 do la bine en nature, Dousicmo- id. 9,72 — Moyenne. . . 9,57

Laine du moulon n° 67 le jour de sa mort :

Première analyse. 7,87 d'aiole pour 100 delà laine en nature. Moyenne . . . 7,94

On voit que la laine dos deus moutons présente une proportion d'aiote très notablement différente.

et l'engraissement du bétail. 95 On a recherché l'azote du suif de mouton.

Une première analysa donna 0,33 d'arolepour 100 de suif.

Une deuxième id 0,30 —

Moyenne 0,32

Le suif analysé avait été prisautour du rognon. Après en avoir détaché un fragment dans la partie la plus épaisse, il a été divisé autant que possible, en le hachant avec nu couteau. Une légère iiiemliratie se trouvait ainsi mélangée avec la matière grasse.

En appliquant les données analytiques qui précédent aux divers produits obtenus pendant 1* engraissement des deux moutons, on trouve :

Mouton n° 60.

6173 gram. de viande contiennent 206,763 d'aioie.

3S3i — de laine il 9,57 pour 100. . . 337, Si6 30SÏ — de suif à 0,32 pour 100 .... 9,900 6212 — «icrémentî ou aliments mm digérés dans l'estomac, à I p, 100. 62,130 19000 gr. augmentation cnpoiii* vivant, liiiiuiiiMe. 616,038

Mouton n° 87.

de viande i 3,S5 p. 1 00 contiennent. 1 66*964

de laine a7,9i pour 100. ...... 131,361

do suif à 0,3ï pour 100. ...... IS.iol

excréments ou alimenta, non digores,

dans l'estomac, à 1 pour 100. . . 16,850

1 4O00 gr. augmentai™ en poids vivant,. Ensemble, 330,536

i9Si gram.

96 expériences sur l'alimentation

Produila du mouton n° «0 616,028

Produits du mouton a" 67 326,626

Ensemble 912, 55i aïole.

Les divers produits fournis par les deux moulons pendant la durée de l'expérience contiennent donc ensemble gW.ôÔfid'aiote.

Pour chacune des périodes de l'expérience, nous avniis établi la différence existant entre l'azote contenu daiislesaliments et l'azote contenu dans les excréments.

Voici le relevé du ce compte de balance pour l'ensemble des quatre périodes :

Première période, au 1 1 janvier (pour 3 moulons). 313.0 Deuiièma période, au 31 février (kl.). ...... 725,5

Troisième période, au i mai (id.) 1662,0 .

Qualrième période, au 20 mai (id.) i67,i

Excédant total de l'azote fourni par les aliments. . . . 3072,9

L'azote fixé dans les divers produits élant de 942", 554, il faut admettre que 2130 grammes d'azote ne se retrouvent, ni dans les excréments, ni dans les principes Gxes de l'organisme.

Cet azote a été nécessairement exhalé sous forme gazeuse par la respiration.

Cette quantité d'azote exhalé parait tout d'abord considérable, et l'on serait tenir de juger ce résultat comme inadmissible. Mais il faut se rappeler que l'expérience a duré cent soixante-huit jours el, d'un autre côté, il faut encore faire remarquer que les deux moulons avaient éprouvé une perte très notable de subsiance

et l'engraisse h ent du Bétail. 97 pendant la première période de leur alimentation : celte perle de substance était de (> kilogrammes; pour la récupérer, l'organisme a dû fixer une certaine proportion d'azote dont on n'a pu tenir compte, et je pense me rapprocher beaucoup de la vérité, en admettant que, sur 6 kilogrammes de substance, 3 kilogrammes constituent de la chair musculaire renfermant environ 105 grammes d'azote, à déduire des 2130 grammes.

L'azote exhalé à l'état gazeux par la respiration serait ainsi 2055 grammes pour deux moulons pendant cent soixanle-hui t jours, soit 12gram. en vingt-qualre heures, ou 6 grammes en vingt -quatre heures pour un mouton soumis à un régime très ricin.' en matières azolées.

Je rappellerai que dans un Mémoire sur la respiralion, publié en 1819 (1), noua avons démontré, M. Regnault et moi, que les animaux des diverses classes dégagent constamment de l'azote, quand ils sont à l'état d'entretien : la proportion de ce gaz exhalé est aussi considérable que celle qui vient d'être déduite par la méthode indirecte.

D'ailleurs, pour ne laisser aucun doute sur ce fait, j'ai entrepris mie série d'expériences, dans le but d'étudier directement la respiration de divers animaux de la ferme ; ces expériences trouveront place dans ce recueil. Je me bornerai à dire que j'ai trouvé 5", h d'azote exhalé en vingt-quatre heures pour une brebis à la ration d'entretien, et k", 3 pour un mouton dans les mêmes conditions. Je tenais à signaler la concordance

(Il AiM'ila de eftfmw et dtphjpiqiie, 3° série, t. XXVI.

98 EXPÉRIENCES SUR l' ALIMENTATION

remarquable des résultats obtenus par deux méthodes d'observation tout à fait différentes.

M. Boussitigault avait déjà vociitmu re fait intéressant, que les animaux exilaient par la respiration une portion de l'azote contenu dans les aliments : en sou mettant pendant plusieurs jours une vache el un cheval à une alimentation réglée, dont il connaissait rigoureusement la quantité et la composition chimique, en pesant et analvsmii avec le. plus ^rand suie toules les déjections solides et liquides, ce savant observateur a trouvé ■2o grammes d'azote exhalé en vingt-ijuatre heures par le cheval, et 27 grammes dans le même temps par la

Un porc de neuf mois a exhalé h",!\ d'azote en vingtquatre heures.

Dans une expérience faite, sur le mouton, un savant danois, M. Jorgensen, a trouvé 1", 3 d'azote exhalé eu vingt-quatre heures.

Cette dernière proportion me parait faible, mais elle peut tenir au régime ou à l'aptitude particulière de l'animal.

De son coté, M. Barrai a fait, en juillet 1 849, trois expériences sur le mouton (2). En suivant la méthode do M. Boussingault, il a trouvé successivement 2 ,r ,S9, 9*' ,38 et 6' r ,19d'azote exhalé en vingt-quatre heures pourun animal dont les aliments et les excréments ont été exactement pesés et analysés pendant un espace do temps qui a varié de quatre à cinq jours.

(I) Boussingault, Économt rural., !' Adition, t. II, p. 363. (ï) Statique chimique lisi animaux, publies en (850, p. 31t.

et ï. 'engraissement du bétail. 99 Je résume les autres faits consignés clans mes recherches.

Pour 100 d'azote mis en circulation par les aliments:

Ii8,3 sa retrouvent dans los escremenls.

(3,7 80 retrouvent rlsns les ; roJuils viande, suif, toison, 28,0 sont ustialiis par la respiration. 400,(1

Ces chiffres rcprésenlcut les moyennes ohlenues pendant toute In durée de Ta! i m eu talion.

Dans la première période Je l'alimentation, on a retrouvé dans les excréments les 72 centièmes de l'azote contenu dans Ici aliments.'

Dans la deuxième période, les excréments ne contiennenl plus qui' les 01,1 centièmes de l'imite des aliments.

Dans la troisième période, la proportion se fixe à 56,07, pour arriver il !iï),«7 dans la quatrième période.

La force de l'assimilation, quant à l'azote, a donc augmenté très notablement et d'une manière progressive dans les trois dernières périodes.

Le tableau suivant présente la proportion d'azote et la valeur en argent des excréments mixtes fournis pendant vingt-quatre heures par un mouton à l'engrais.

Troisième période.

Qiiii'.riOmo période

J'ajoute ici, comme renseignements, les analyses faites pour déterminer les quantités d'eau que contenaient les

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