BERGER IBS ET ÉTABLES MOBILES
Les essieux doivent être places de manière à laisser environ 0°,12 de vide entre la partie inférieure du poteau d'encoignure et la surface du sol, de manière à éviter tout obstacle pendant la marche. La force d'un enfant de douze à quinze ans suffit pour faire avancer l'étable de toute sa largeur.
Pour augmenter la solidité de la construction, les différentes pièces de bois sont assemblées et reliOes uni ri! elles au moyen de boulons de fer. On a soin de bien goudronner extérieurement tous les bois, afin d'assurer leur meilleure conservation.
La dépense pour établir une de ces bergeries mobiles no dépasse pas 500 francs, tout compris.
J'ai dit précédemment (1) quelles considéra lions m'avaient amené à cultiver les belteraves et à tirer de ces racines le meilleur parti possible, en établissant sur ma ferme, des l'année 1857, une distillerie agricole suivant le procédé de M. Cbamponnoia.
Je n'entreprendrai pas ici h description de ce procédé, maintenant bien connu du monde agricole. Le Traité complet de la distillation publié par M. l'iiveu donne d'ailleurs avec une clarté remarquable tous les détails que comporte le sujet: il mentionne les simplifications et les derniers perfectionnements apportés dans son système par M. Champonnois lui-même.
Je me bornerai à décrire quelques observations personnelles sur la marche de ma distillerie ; et en comparant mes comptes de fabrication avec les rendements obtenus pendant cinq aimées, je chercherai à établir le prix de revient d'un hectolitre d'alcool dans une exploitation rurale.
J'avais monté, en 1857, ui> appareil tout de cuivre,
(() iHTIIODIICTKm, p. IV.
17fl DISTILLATION AlîBICOLE
je l'ai remplacé avec avantage, enjuillet 1860. par une colonne Je fonte et une chaudière do tôle. Ce dernier appareil fonctionne en ce moment sans avoir exigé de notables réparations.
Opérant seulement sur les betteraves de ma récolle pour la meilleure alimentation de mon bétail, mafabrication porte régulièrement chaque jour sur 5000 kilogrammes de racines, sans travailler la nuit. Je suspends également tout travail les dimanches et jours de fête, en réglant la dépense delà pulpe de manière à faire consommer exactement, après trente-six heures de fermentation, laquantilé dcp^pcubk'iiiic chaque semaine. Cette interruption do travail n'apporte aucun préjudice aux fermentations qui marchent généralement avec beaucoup de régularité ; elle motive seulement chaque lundi une dépense de 10 kilogrammes de levûre pour mettre en fermentation lesjus sucrés obtenus» nouveau, et sans coupage préalable avec les jus déjà fermentés.
Pour obtenir do la betterave le meilleur rendement alcoolique, il faut, d'une part, extraire par la macération tout le sucre que contient la racine; d'un autre côté, il faut que ce sucre soit livré à une fermentation franchement alcoolique.
J'obtiens une macération complète en faisant couler jusqu'à 28 hectolitres de vinasse bouillante sur un cuvier contenant 1000 kilogrammes de betteraves en cossettes : le jus de ce macérateur est continuellement pompé dans un réservoir supérieur qui le distribue en jet continu sur deux autres cuviers pleins de betteraves fraîches. En agissant ainsi, on maintient la température
du jus fermenté au- dessous de 30 degrés, sans avoir besoin d'employer l'appareil indique par M. Champonnois, pour refroidir la vinasse i'ii échauffant le vin. C'est entre 25 et 30 degrés que la fermentation s'accomplit le miens ; je n'insisterai pas sur les inconvénients bien connus, et déjà signalés, des variations brusques do température.
D'un autre coté, l'emploi méthodique et raisonné de l'acide sulfurique est uni: des conditions essentielles pour obtenir de bonnes fermentation;; régulièrement alcooliques.
Il est incontestable que le phénomène de la fermentation alcoolique ne se développe que dans les jus présentant une réaction acide: mais on est Lsénéialemcul disposé dans les distilleries à exagérer les quantités d'acide sulfurique : "n emploie cet aride sans discernement, comme un remède à tous les accidents qui peuvent survenir pendant la fabrication.
J'ai cherché à établir d'une manière précise les proportions d'acide siill'uriqne nécessaires pour un travail normal. Ces proportions varient forcément suivant la nature même des betteraves ; mais j'ai constaté d'une manière générale, par une série d'observations alcaliniétriqnes continuées pendant quatre campagnes, que l'on obtient des fermentations régulièrement bonnes et alcooliques dans les jus qui renferment une quantité d'acides libres correspondant à 3 grammes d'acide sulfurique monohjdraté par litre de jus.
Celte proportion de 3 grammes d'acides libres, que je représente par A, se compose dés acides oxalique et
lactique contenus dans la racine elle infime, ces acides organiques étant déplacés par l'acide sulfurique qui s'unit aux bases alcalines et ferreuses.
Afin de maintenir conslante, dans les jus, celle proportion A d'acides libres nécessaires à tino bonne fermentation, il faut, en suivant l'indication alcalimelt iquc. augmenter ou diminuer la quantité d'acide sulfurique que l'on emploie en mélange avec les jus faibles pour mendier les cossette* qui tombent sens le eonpo-ranues. Avec certaines bel le raves, trois quarts de Mire d'acide sulfurique concentré suffisant poni' 1 IM.K! kibgramaies de racines; avec d'autres betteraves, il faut porter la quantité d'acide jusqu'à deux litres pour le même poids de racines. Toutefois je n'ai jamais dépassé celle dernière quantité d'acide : encore n'était elle nécessaire que par exception pour des racines récoltées sur des [erres nouvellement marnées. I.a proportion moyenne d'aeide sulfurique employé dans ma distillerie csl de
1 litre à 1 l/2lilre d'acide ooncenlré par 1000 kilo-
J'ai fait de nombreux essais pour diminuer autant que possible la proportion d'acide sulfurique : j'ai presque toujours observé un trouble grave dans la marche de la fermentation, dès que les jus sucrés ne contiennent [ lus
2 grammes d'acides libres par lilre. Les fermentations deviennent languissantes, du gaz nilreux se dégage en abondance dans les cuves. Enfin, après ce dégage me al de gaz nilreux que je ne m'explique pas encore, la fermentation alcoolique s'arrête ordinairement pour ne plus réparât Ire, quellesque soient d 'ail leurs les quantités
de levùre ajoutées dans ces cuves. Le ferment lactique se développe, il domine, et le sucre passe rapidement à l'état d'aride lactique. J'ai pu ainsi eonstuler que des jus qui ne contenaient pas 2 grammes d'acides libres aviiiilceUelVriijeiitiilii.nl, arrivaient rapidement ù une
pourrait rendre dans les distilleries un simple essai alcali m étriqué, dont la mise en pratique ne présente d'ailleurs aucune difficulté. La marchedu travail se trouverail ainsi surveillée et réglée d'une manière logique : d'uncôlé, on éviterai! des [enuenlatioiis ludiques se développant le plus souvent dans les jus qui ne contiennent pas une Militante proportion d'acides libres, etron éviterait aussi m splui exagéré d'acide sull'urique, toujours nuisible à la bonne conservation des appareils,
macération provenant d'une distillerie qui employait
dans son travail régulier ti litres d'acide sulfurique
et 1800 grammes de sulfate de fer, pour le traitement de f 000 kilogrammes du betteraves.