‹ Recherches pratiques pour servir à l'histoire des maladies de l'oreilleChapitre 4 sur 6 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Applications à la pathologie et à la thérapeutique .

Avant d’émettre les conséquences pathologiques qui me paraissent ressortirde ce travail, j’ai cru devoir exposer brièvement un mémoire important sur ce sujet, publié il y a quelques années par M. J. Toynbee (1).

Comme les résultats auxquels je suis arrivé sont assez éloignés de ceux que M. Toynbee a obtenus lui-méme, j’ai dû rechercher, autant que possible, les causes de cette différence , et je crois y être parvenu.

Une analyse rapide du mémoire original permettra mieux de juger la question.

Analxjie des recherches de M. Toynhee. — En 1849, M. Joseph Toynbee, chirurgien du dispensaire de Saiut-Georges et Saint-James, à Londres, fit connaitre, dans les Médico-chirurgical transactions , les résultats de l’examen anatomique de 915 oreilles qui lui avaient été envoyées par divere médecins d'hôpitaux de Londres; ces pièces avaient été prises au hasard sur des sujets dont ils avaient fait l’autopsie.

M. Toynbee a décrit toutes les altérations qu’il a pu rencontrer dans l’appareil auditif, et analysé les faits de façon à établir, selon lui, le degré de fréquence de chaque altération.

Malheureusement, les symptômes correspondant aux altérations n’ont pas été recueillis, et tout ce qu’il a pu savoir, en fait de symptomatologie, c’est que 184 seulement, de ces 915 cas, étaient relatifs à des individus qui auraient été sourds pendant leur vie.

(i) Medico-chirur^ical Irfuavt.'ons by M. J. Toynl>ce

Telle esl la seule donnée bien peu précise, comme on le voi(, qui lui a servi de critérium dans l’examen des 731 cas resianis, sur lesquels ou n’avaii pu fournir aucun renseignemeiii.

Panam de là , et analysant par la dissection et surtout par le raisonnement, ces 731 cas, M. J. Toynbee n’hésite pas à considérer, comme devant être très-probablement atteintes d’un certain degré diQdysécée, oreilles : ce qui réduit le chiffre 731 a 303; ce chiffre 303 lui-même, ou si l’on aime mieux, le tiers du total, exprimant le nombre des oreilles parfaitement saines.

Un petit tableau synoptique fera mieux voir combien ces résultats, tout appuyés qu’ils paraissent, sur de gros chiffres, sont loin de satisfaire même un observateur indulgent :

Pièces envoyées des divers hôpitaux de Londres, 915.

Pièces avec des notes à l’appui, 18à.

Pièces anatomiques seules, 731.

Nous avons donc :

Nombre total d’oreilles. Avec des notes. Sans notes.

M. Toynbee examine d’abord les 184 oreilles notées comme ayant appartenu à des sourds; et appliquant les données qui lui ont paru résulter de ces 184 dissections, il en conclut, d’après une formule algébrique non applicable à des faits d’observation , que, des 731 pièces sur lesquelles les renseignements étaient nuis, 428 avaient dû appartenir à des sujets atteints de dysécée.

Puis, ajoutant ce chiffre 428 à celui de 184 , il trouve le chiffre de 612 , qui , ôté de 915, nombre total , donne un reste de 303 oreilles déclarées saines, on ne sait trop pourquoi.

Personne plus que nous n’est disposé à rendre hommage au talent de M. Toynbee; mais nous ne pouvons accepter sans réserve les résultats fournis par une manière de procéder aussi peu rigoureuse.

Passant de là aux déductions pathologiques, et s’appuyant sur les résultats qu’on vient de lire, M. Toynbee conclut :

1° Que la lésion la plus fréquente dans la surdité est l’épais- ' sissement de la membrane muqueuse qui tapisse la caisse.

2® Que la présence du mucus dans celle caisse, considérée jusqu’ici comme cause de surdilé, ne s’esl renconlrée que 19 fois.

3° Que les trompes n’onl offert d’aliéraiion appréciable que dans une irenlaiue de cas ; d’où il résulte, d’après M. Toynbee, que les trompes étant rarement altérées, la caisse plus rarement encore baignée de mucus, le cathetérisme et les injections médicaynenteuses ne peuvent être d’aucnne utilité. M. Toynbee ne s’inquiète nullement des auteurs qui l’ont précédé, et surtout d’ilard qui a traité d’une manière si remarquable ce point de pathologie relatif à l’oreille moyenne.

Évidemment, ces conclusions ne sauraient être admises, puisque les données ou prémisses sur lesquelles elles reposent, et dont elles ne sont qu’un corollaire, sont elles-mêmes ine.xactes. En effet, nous avons montré péremptoirement que, sur 915 pièces d’où émanent ces conclusions , 731 fois l’induction du raisonnement avait été substituée aux faits proprement dits : ce qui n’est pas la même chose.

Maintenant, nous pouvons entrer en matière.

I. Depuis les travaux d’Itard , rinllammaiion de l’oreille moyenne était bien connue (1).

H. Mais, comme nous l’avons dit ailleurs, [tard s’esl arrêté devant l’étude dçs lésions de l’oreille interne.

III. Aujourd’hui, il n’est plus permis de dire avec le célèbre médecin des sourds-muets : « Je ne sais pas précisément si le labyrinthe participe à l’inflammation. »

IV. Les détails minutieux d’anatomie pathologique dans lesquels je suis entré , ne laissent pas le moindre doute à cet égard (2).

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