LEONE
persistante, c’est que l’oxydation n’est pas complète, et il faut ajouter encore un peu de peroxyde ; dans le cas contraire, qui est celui qu’on observe d'ordinaire, la combustion est terminée : elle a duré environ une heure et a exigé l'emploi de 16 à 17 gr. de peroxyde.
Le dosage du soufre est conduit suivant le mode habituel. »
En utilisant cette technique, les auteurs ont obtenu les résultats suivants avec deux gélatines déminéralisées, préparées à partir de deux marques commerciales différentes :
Moyenne
gr. 0,242 » 0,232 | ÿ
ar. 0,241 Soufre dans 100 gr. de gélatine Coignet déminéralisée n er | gr. 0,237
Soufre dans 100 gr. de gélatine Grübler déminéralisée
On le voit, les valeurs trouvées concordent d’une facon absolument satisfaisante.
Nous avons répété le dosage du soufre dans la gélatine au moyen du manuel opératoire préconisé par DHÉRÉ et GORGOLEWSKI ; mais, Comme nous n'avions pas de gélatine déminéralisée à notre disposition, nous avons utilisé telle quelle une gélatine commerciale. Nous avons ensuite étendu nos analyses à d’autres substances protéiques. Nos résultats sont consignés dans le tableau suivant :
Tableau 1 Substance prie) Ba SO Sy Mo d'essai é () Éprs GÉLATIN ENS Mere gr. 2,00 0,1076 0,739 LME > 2,00 | 01080 | 0,740 0,740, | SIN PCR 5 1,60 12 0.078622 |10/740 | Mbumines TE » 2,00 0,2054 1,415 cc L'RE LAPS PA NEEE » 2,00 | 0,2082 | 1,420 || 4,420 °, QUE. CRE CFE » 0,50 0,0520 1,425 Hémoglobine* . . » 2,00 0,0612 0,420 | » 7 » 2,00 | 0,0632 0,430 || 0,423 °/, | » RAS »> 0,50 | 0,0160 | 0,420 | HAGaSS inerte er EX > 2,00 | 0,1038 0,710 | AREA ie dr » 2,00 | 01043 | 0,715 || 0,705 ‘, | HAUT PA EURE » 0,50 | 0,0256 | 0,690 | | }
L'examen de ce tableau permet de se convaincre que la méthode fournit des chiffres bien concordants entre eux, même dans le cas où l’on n’opère que sur une très petite prise d’essai, ce qui est particulièrement avantageux pour les recherches physiologiques. Au point de vue technique, nous croyons devoir ajouter quelques indications à celles données par DHÉRÉ et GORGOLEWSKI.
Quand on effectuera la minéralisation en vue du dosage
1 Marque « Bear » extra.
2 Albumin aus Ei (Kahlbaum).
3 Hémoglobine pure du commerce (Adrian).
4 Caseïn nach HAMMARSTEN (Kahlbaum). Produit desséché à poids constant entre 1000 et 1059. — La valeur que nous avons obtenue pour la teneur moyenne en soufre de cette caséine correspond très bien à la valeur moyenne des déterminations d'Ham- MARSTEN, qui est o,71 % (les chiffres extrêmes étant 0,619 et 0,775 9%). Cf. O. HAMMARSTEN, Zur Frage, ob das Caseïn em einheitlicher Stoff sei. Zer!schr. f. phystol. Chem., VIT, 259 ; 1883.
du soufre seul, on se trouvera bien d'employer, dans la dernière période de la combustion, une lampe à alcool de Bar- THEL 1 qui permet de porter rapidement le creuset au rouge sombre. En inclinant le creuset, maintenu au-dessus de la flamme de la lampe Barthel, et lui imprimant un mouvement de rotation autour de son axe, on parfait en quelques instants la combustion des particules de substance imprégnées de peroxyde qui, restées attachées aux parois au-dessus du fond, n'auraient pas été encore brülées complètement. En aucun cas, on ne portera le creuset au rouge pendant plus de deux minutes environ, ce qui évitera toute attaque profonde du creuset. (Quand cette attaque a eu lieu, on le reconnait à ce que la solution du produit provenant de la combustion présente, après acidification, une coloration rose tenant à la présence de cobalt que contient le nickel de qualité ordinaire ?.)
Voici, à titre d'exemples, les quantités d’eau introduite, de peroxyde de sodium employé pour la minéralisation, et d'acide chlorhydrique (dens. 1,125 — 25 %) versées pour la neutralisation après combustion, dans l'analyse d’un échantillon de deux grammes chaque fois de gélatine, d’albumine, d'hémoglobine et de caséine. Quant à la durée de la combustion, elle était à peu près constante, et d’une heure environ dans chaque cas.
1 G. BARTHEL, Ueber Spiritusbunsenbrenner. Bey. d. D. chem. GES XXN., 2640: 1802:
? Quand on observe ces précautions, on ne constate, après chaque opération, qu’une attaque tout à fait insignifiante du creuset. Ainsi, dans un même creuset, nous avons pu, en moyenne, faire une trentaine de minéralisations. Plusieurs creusets ont même servi à une cinquantaine de combustions avant d’être mis hors d'usage. On ne peut donc pas adresser à notre procédé de combustion le reproche d’être dispendieux du fait de l'emploi comme récipients de creusets de nickel. C’est là un point que nous tenons à relever, car Worr et ŒSTERBERG (/0c. cit., 431) ont fait valoir contre la méthode de PRINGSHEIM que l’emploi de creusets de nickel, rapidement détériorés après quelques fusions, est très onéreux.
Tableau II SDS NC ie Eau HSE Acide d’essai de sodium chlorhydrique GÉRLDeR RE NET? cc. 4-6 | gr. 16-17 CC M5 AIDUMINE EE. DE > 4-5 » 19 PROS | Hémoglobine. . > 4 ». 4-7 » 19-20 » 60 OA ITE RE de SI » 5-6 NS 47 > 58 | | || |
Ajoutons que le dosage du soufre, amené à l’état de sulfate dans la Hqueur d’incinération, a toujours été effectué par le procédé classique de transformation en sulfate de ‘baryum. On versait dans la liqueur (préalablement filtrée si, ce qui est exceptionnel, il y avait des particules de charbon en suspension) très légèrement acide, portée à l’ébullition, un excès de solution bouillante de chlorure de baryum à 4 °/,, et on maintenait au voisinage de l’ébullition pendant quelques minutes. On laissait alors la liqueur au repos pendant 12 à 24 heures. Le précipité de sulfate de baryum, recueilli dans un creuset de Goocx taré !, était soigneusement lavé et desséché et enfin chauffé (jusqu'à poids constant) au voisinage du rouge sombre. Le poids du soufre est calculé d’après le poids du sulfate de baryum obtenu.
b) Dosage du chlore.
Quand on se propose de doser le chlore, on pratique l’incinération comme il a été dit plus haut, mais en évitant de porter le mélange à une température trop élevée, pour ne
1 [e fond du creuset de Goocn est garni d'amiante spécialement préparée pour cet usage. On doit faire passer dans le creuset de l’eau distillée jusqu’à ce qu’il n’y ait plus entraînement de la moindre particule d'amiante. Ce n’est qu’alors que l’on peut procéder à la dessiccation du creuset en vue de la pesée.
pas volatiliser de chlorures. On ne devra donc, dans aucun cas, atteindre la température du rouge sombre, et on cherchera même à ne pas dépasser la température de 30021. (L'emploi de la lampe BARTHEL n'est donc pas recommandable dans ce cas.) Pour obtenir une oxydation bien complète sans surchauffer le mélange, il est en général nécessaire de forcer notablement la dose de peroxyde, d'arriver presque, dans certains cas, aux doses indiquées dans la méthode originale de PRINGSHEIM.
La masse provenant de la combustion est dissoute dans l’eau, additionnée d'acide nitrique ? jusqu'à légère acidification, et le chlore est précipité à chaud (600-700) au moyen de nitrate d'argent. On abandonne au repos pendant 12 à 24 heures. Le précipité de chlorure d'argent est recueilli dans un creuset de GOOCH garni d'amiante, soigneusement lavé, enfin chauffé à une température ne dépassant pas 25002%eL/"peSÉ.
.Nous croyons bon de relater ici quelques-uns de nos essais préliminaires qui nous ont permis de nous rendre compte de la valeur de ce procédé de dosage. Nous avons préparé une solution contenant approximativement un gramme par litre de chlorure de sodium chimiquement pur (de TH. SCHUCHARDT, Gœærlitz), c’est-à-dire environ o gr. 6078 de chlore par litre. Le titre de cette liqueur, déterminé par la méthode volumétrique de MozR, était de o gr. 6035 de chlore par litre. De cette solution nous avons prélevé 25 cc.
! Pour apprécier approximativement la température la plus élevée à laquelle parvenait la masse pendant la minéralisation, nous avons mis le creuset chauffé en contact avec des substances à point de fusion connu : nous avons observé la fusion de la phénanthrènequinone (2000), mais non celle de l’anthraquinone (2850).
? Chimiquement pur, vérifié exempt d’halogènes.
8 A l’article « Chlorure d'argent » du Traité de Chimie minérale de H. Moissan (V, 524; 1906) il est dit que le chlorure d’argent commence à se vclatiliser à 2609, et qu’au rouge, la perte de poids est sensible ; c’est pourquoi, dans les dosages d’argent par le.chlorure, on évite de le fondre complètement.
AS er
dans lesquels nous avons dosé le chlore par la méthode gravimétrique ordinaire.
Les résultats ont été les suivants :
P. 1000 cc. en moyenne
a) 25 cc. de liqueur ont donné ClAg gr. 0,606 soit gr. 0,05093 CI. D)25Cc: » » ClAg » 0,608 » » o,0505 CI.
| gr. 0.594.
La teneur obtenue par dosage gravimétrique était donc légèrement inférieure à celle obtenue par dosage volumétrique, comme c'est le cas habituel.
Nous avons alors introduit dans 25 cc. de la solution titrée de chlorure de sodium, 10 grammes de nitrate de sodium !; cela afin de nous rendre compte si la présence d'une grande quantité de nitrate de sodium, comme celle qui devait se trouver dans nos liqueurs physiologiques, ne nuisait pas au dosage du chlore.
Voici le résultat obtenu dans cet essai :
25 cc. de liqueur + 10 gr. de Na NO, ont donné CI Ag gr. 0,0604, soit gr. 0,598 CI. p. 1000 cc.
Dans un second essai, nous avons porté la dose de nitrate de sodium à 30 grammes et avons encore obtenu un résultat suffisamment concordant avec le précédent
25 cc. de liqueur + 30 gr. de Na NO, ont donné CI Ag gr. 0,0612, soit gr. 0,604 CI. p. 1000 cc.
On voit donc que, dans une liqueur très chargée en nitrate de sodium, la précipitation des chlorures est bien totale. Nos résultats semblent même indiquer que la précipitation, dans un tel milieu, est plus complète qu'en l'absence de nitrate de sodium, puisque le précipité de nitrate d'argent obtenu fut alors très légèrement supérieur ; à moins que cet excès de précipité ne soit dû, ce que nous ne croyons pas être, à l'existence d’une trace d'impureté.
1 Nitrate de sodium chimiquement pur, vérifié exempt de substances précipitables par le nitrate d'argent.
Nous avons complété cette étude en brûlant, au moyen du peroxyde de sodium, du saccharose exempt de chlore (1 gr.), arrosé de solution de chlorure de sodium (4 ce. de notre solution titrée).
Une première détermination nous donna 0 gr. 0096 CI Ag, soit une teneur en chlore de 0 gr. 591 p. 1000 cc. ; une seconde détermination nous donna 0 gr. 0097 CIAg, soit une teneur en chlore de o gr. 597 p. 1000 cc.
Nous groupons dans un tableau nos résultats successifs :
Tableau III 1OMPEICCNSOlUTAN a CIS 10/5930 MDUUICCE DOM SECC ER D TR I EN NES 0 595 »
SOMPEECC » +10 gr. NaNO, . » 0,598 » | | ORDSNCC RE DMC SULET SR EE 0 604 »
| DOMMEICC » + 1 gr. saccharose. » 0,594 » | | 60 4 cc > SEAT IE TE 0/5 0/7 »
Les deux derniers essais, en présence de saccharose, dans lesquels la quantité de solution titrée de NaCl était plus de 6 fois inférieure à celle utilisée dans les dosages précédents, ont donné, comme on le voit, des résultats d’une exactitude très suffisante ; et nous pouvons, croyons-nous, considérer le procédé de dosage du chlore que nous venons de décrire, comme entièrement satisfaisant.
B. Remarques critiques sur les procédès de dosage précédents.
Nous allons examiner quelques objections dont on pourrait croire passibles les procédés de dosage précédents. a) L’oxydation du soufre est-elle complète ?
Plusieurs auteurs, qui ont dosé le soufre contenu dans des produits organiques physiologiques après combustion
par le peroxyde de sodium, ont cru qu'il était nécessaire de parfaire l'oxydation en traitant la liqueur à chaud par l’eau de brome, avant d'effectuer la précipitation. C’est le cas, par exemple, dans la technique de combustion par le peroxyde de sodium qu'ont proposée NEUMANN et MEINETZ 1. Montrons que cette oxydation complémentaire est absolument superflue avec notre procédé.
Dans les essais parallèles dont nous allons relater quelques-uns, les dosages étaient conduits comme il a été dit p. 16 et suivantes, sauf que, pour une des deux séries, on faisait précéder la précipitation par le chlorure de baryum d’un traitement par l’eau de brome, conformément aux indications données par NEUMANN et MEINETZ.
Avec traitement par l'eau de brome :
Caséine gr..0,5 ont donné Ba SO, gr. 0,0266, soit gr. 0,72 S 9%. Albumine » 0,5 » BESO),, SOI SMS De
Sans traitement par l'eau de brome :
Caséine DOROPÉON TONNES O ME I0 0200 MS0I0 T0; 71285 07 Albumine » 0,5 » BaSOM #00 TA SN
Il n’y a, par conséquent, aucun inconvénient à supprimer, comme nous l'avons fait, le traitement par l’eau de brome.
Nous avons fait de plus quelques essais pour apprécier le pouvoir oxydant du peroxyde de sodium sur les sulfures alcalins, essais qu’il n’est peut-être pas sans intérêt de consigner 1C1.
Pour tous ces essais, nous nous sommes servi de sulfure de sodium chimiquement pur ? en solution aqueuse à 2% environ. Nous avons déterminé rigoureusement tout d’abord le titre de notre solution, en oxydant un volume exactement mesuré par l’eau de brome, suivant la technique décrite par:
1 A. NzumanNet J. MEINETZ, Zur Schwefelbestimmung mittels Natriumperoxyd. Zestschr. f. physiol. Chem., KLIIT, 37 ; 1904-05. 2 Natriumsulfid zur Analyse mit Garantieschein (Kahlbaum).