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opéreraient pareillement sur les femmes blanches et sur les femmes affranchies.
8 Il faut donc attribuer aux circonstances inhérentes à l'esclavage, l’affaiblissement de la reproduction qui, dans la classe soumise à ce dur régime , empêche les naissances, à Bourbon et à la Guyane, de combler les lacunes causées par la mortalité annuelle, et qui, sans agir avec la même puissance à la Guadeloupe et à la Martinique, n’efface pourtant ces lacunes qu'à moitié.
o° Cette influence malfaisante semble avoir pour causes principales :
1° L'inégalité du nombre d'hommes et de celui des femmes à Bourbon et à la Guyane, d’ou ré-
sultent, pour les uns un célibat forcé, et pour les autres une fécondité limitée par leur infériorité numérique.
9 Les obstacles qui s'opposent partout au mariage des nègres , et qui empêchent les mœurs et les habitudes de famille de se former, de se transmettre et de se propager.
3° Un concubinage passager et stérile si grand, qu'il n’y a nulle part de filles publiques, et si général, qu'il reproduit, sous l’empire des lois de l'Europe, la polygamie africaine.
4° Les avortements facilités par le climat, provoqués par des travaux pénibles, et multipliés
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j COLONIES FRANÇAISES. 75 bien plus encore par des pratiques coupables qui tiennent lieu de l’infanticide et qui dispensent de l'exposition des enfants, crimes des sociétés civilisées entierement inconnus aux esclaves des colonies.
5° Le nombre considérable des nègres nouveaux qui, par exemple , à Bourbon, en 1897 ;
formaient bien plus de la moitié des esclaves de:
cette ile, et qui sont dédaignés comme des mésallances par les négresses créoles.
Ces causes sont-elles particulières aux colonies françaises,etn’agissent-elles quesurlenrs esclaves, ou bien les retrouve-t-on dans les établissements des autres puissances européennes? C’est ce qu'il importe d'éclaircir; car, dans ce dernier cas, au lieu d’être locales ou éventuelles , ces causes se montreraient à nous comme liées intimement à . l'esclavage, et peut-être même comme ayant
toujours agi depuis les siècles les plus reculés sur les populations malheureuses, soumises au joug pesant de la servitude personnelle.
En portant nos investigations sur les colonies anglaises, nous obtiendrons ; si toutefois notre espoir n’est pas trompé, la solution de ces doutes et la confirmation péremptoire des résultats que nous a donnés la Statistique des colonies françaises.
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SECTION IH
Pour établir les mouvements de la population
esclave des colonies anglaises, nous avons eu recours aux tableaux qui, dans la Statistique officielle de l’Angleterre , font connaitre les naissances , les déces et les mariages des établissements britanniques des deux Indes ; mais en décomposant les chiffres qui en expriment les nombres, et en les comparant aux populations recensées , à des époques correspondantes, leur défectuosité est devenue évidente , et nous avons acquis des preuves multipliées de limpossibilité d’en tirer des notions dignes de foi. Les causes de l’imperfection de ces documents tiennent à ce que les registres des actes civils sont confiés, dans les colonies anglaises , aux pasteurs des sectes religieuses qui partagent les habitants, et qu’étant facultatifs, on ne peut en attendre ni exactitude ni régularité.
A défaut de cette source d'informations , nous en avons trouvé une autre dans les tableaux des recensements triannuels dressés par l'autorité, en conformité de la loi sur l'enregistrement des esclaves dans chaque colonie. Leurs éléments
de pouvoirs coercitifs, on a pu les rassembler dans chaque colonie , et suivre ce travail pendant une période assez longue, pour donner des moyens de vérification. Voici ces éléments numériques , tels que les fournissent les relevés des registres tenus dans chaque établissement