‹ Recherches statistiques sur l'esclavage colonialChapitre 33 sur 82 · C. TRINITAD · texte numérisé non relu

C. TRINITAD

Naissances. Excéd. desnaiss. Excéd. des déc.

1BIT 1408 1,361, 1822. 1,488 916 Le D SUN 1,636 119 1898340 1,469 337

Total en12ans 6,001 Are d. TABAGO.

1897. 334 1898. 369 1829. 374 1830. 320 1851... 341 515 LCEVIRE 306 551

‘Total en 6 ans. 2,044 3,041

e. SAINT-VINCENT.

1899. .. 9,656 4,205 SON. . . | 1,852 9,106 2508 à -4 41820 9,190 Ro TP An 2,966

Totalen12ans. 8,118 10,697

f. SAINTE-LUCIE.

ain à ) 1,993 à 1822. . . 1,334 »

1825. . . 1,207 1.039 168 1898. .. 1,193 1,002 192 A A Et 1,048 82

Totalen 15ans. à,183 6,416 442

8+ NÉVIS.

Périodes de 5 ans. Naissances.

OP 5 RRSR 665 TA: 638 1851: 7 : 643

Total en 12ans. 3,010

hi. MONTSERRAT.

1821 4. 610 1894. . 602 HPPAPRS 642

Total en 9 ans. 1,854

Décès.

&. SAINT-CHRISTOPIHIE.

1899. .. 9,319 1825. . . 1,666 1828. . . 1,706 18 1 | LG

Totalen12ans 7,319

Excéd, des naiss, Excéd. des déc.

Nous récapitulerons ces chiffres dans le ta-

bleau suivant ; nous chercherons ensuite quelles

en sont les moyennes annuelles, et enfin dans

un troisième résumé, nous comparerons aux

populations esclaves des colonies anglaises leurs

naissances et leurs décés, et la quantité annuelle

da décroissement qu'elles éprouvent, par l’excédant de la mortalité sur la reproduction.

Tableau récapitulatif des mouvements de la po-

pulation esclave dans les colonies anglaises.

Périodes. Naissances. Décès. Excèéduut Excédant

— — des naiss, des décès.

Jamaique sr AT 99,349 101,762 » 9,413 Démérari, Esséquibo 15 29,644 34,709 12,065 Prinidadio 1e 2r0eNT? 6,001 8,774 2,773 Mabado nie NET 2,044 3,041 997 Saint-Vincent . . 8,118 10,697 2,579 Sainte-Lucie. . . b,183 6,416 1,233 NÉVIS PATES 3,010 2,3:293 4 213 Montserrat. . . 1,854 1,739:119 »

Saint-Christophe 74389 2 7,045 Nu

Totaux. . 115 148,522 178,009 115 29,602

En onze ans et demi, la perte de la population esclave a été de :

29,487 indiv., par l’excédant des décès sur les naiss., et de 10,787 — par les affranchissements,

40,274 individus. :

La perte par l’excédant des décès est d'un 17° population moyenne.

Celle par les affranchissements est d’un 506. La perte totale s'élève d’un 19% a un 13°.

Plusieurs de ces termes sont beaucoup plus bas

que la réalité; et, par exemple, la Jamaique , dont la perte annuelle n’était portée, en 1820, qu'à 708 esclaves, éprouvait un déficit de 7:000, il y a trente ans, et M. de Humboldt a, comme nous, recueilli cette évaluation, qui était de toute notoriété publique aux Antilles.

Tableau récapitulatif des mouvements moyens et annuels de la population esclave des colonies

anglaises.

Périod. Population Naiss. moy. Déc. moy. Excéd. Exréd. — moyenne, anpuelle. annuel, des naiss, des déc* Ans. - se 3 ee ce,

Jamaïque. . . . . . 12 333,010 7,696 8,480 © » 784 Démérari,Esséquibo 15 71,742 110 T4 » 804 LUE 6 DR NC PR P 23,788 506 731 » 231

RADIOS 2 6 12,405 341 507 » 166 Saint-Vincent . .. 12 23,682 675 891 » 216 Sainte-Lucie. . .. 15 14,436 346 428 » 82 NÉE A NS use [19 9,118 251 269 » 18 Montserrat . .... 9 6,460 205 193 12 »

Saint-Christophe. . 12 19,520 610 640 » 30

Totaux. . "112 514,161 12,134 14,453 12 2,331 Perte effective. .... .: ,2,319

En 11 ans et demi la perte moyenne, annuelle Ÿ et totale a été de:

2,313 indiv., par l'excédant des décès sur les naiss. , et de 949 — par les affranchissements.

3,262 -— par l’une et l’autre de ces causes, agissant pendant une année moyenne,

à je = seras ” : >. - s += # él À … FE Es ELS

= = L'ctrA pe L Mo pe RS LE dE TE & x LS a, 6 adnes me # LT ee dE se . RE TRE pee À

A Sat .e + " a ke DCS. ATARI 22 4 : are PE ee EC à - > + -Z ee = e . -” UT L mie «+ L S PRES sa + RE RTE EN TEE Po le DER ES te RES RES a NET Lo : £ « “ ë LS ee FD PE RTE % Re NE RENE EEE 3 £ # RTE CEE RS 1e ne LEE Een ë 2 rie + 25 Ra: Rù x $ # 4e £ : RE Le 2% %: EE + TRES RPM APCE Er CASE PET ne PS, sr SZ ÉPRE nr. ARTE RSS, 0) ae Net > e CSS " +; È Lt ES pe : TPS se DES ve TA Far. 0 HS RTE NAES 22 RS 7 =. : 2 © RU 2 ji - 75 5 cé nee CG . È F CR 2e 2 = . ns nains ass si . 7 4 . TR ER dei

méme

Éps mer A À er QE Dre Lips sn = > $ "à Do Rap om het dense -< DEN APE | d = S

140 7 AU 72. À ji 4 te ÿ

8a MOUVEMENTS.

Rapports des mouvements dela population esclave des colonies anglaises avec la masse de cette population , calculés d’après une moyenne de

12 années.

Naissances. Décès. Décroiss. ann.

+ esel. — …

Jamaïque. st 01 su 4300 sir 99 SP RUNA420 Démérari, Aie 31 89 Trinitad . 39 103 TAPABE 970 Ms 24 Saint-Vincent. . . . . 26 Sainte-Lucie. . . . 33 Névigis 46,

Montserrat. .

Saint-Christophe. .

ed dd et el je eh jen

Termes généraux. . sur 42 sur 31 1 sur 222 Voici les résultats sommaires de ces tableaux : Dans les neuf principales colonies anglaises

d'Amérique , en l’espace de moins de 12 ans, la

population esclave, s’élevant à 514,000 personnes, a éprouvé 178,000 décès, qui n'ont été réparés partiellement que par 148, 500 naissances.

La perte totale, pour ces douze unnées, a été é de

209,487 individus.

Il yaeu, année moyenne, 12,134 naissances,

et 14,453 décès. Chaque année, la mortalité a

excédé la reproduction de 2,319 personnes.

Chaque naissance correspond à 21 femmes de.

tout âge, tandis que ce rapport est en France de 1 à 17, en Allemagne de 1 à 13, en Italie de 1 à 11 et demi.

C'est en calculant la moyenne de toutes les colonies anglaises réunies qu’on trouve une naissance annuelle pour 42 esclaves ; mais à la Jamaïque, ce rapport est comme un à 4, et il descend à 47 à Ja Trinitad, à Démérari et à Esséquibo. Ce n'est que dans les petites îles, Montserrat et Saint- . Christophe, où l'esclavage est plus rapproché de la domesticité, que la fécondité des femmes s’accroit , sans néanmoins combler entièrement les lacunes laissées dans la population par l’excédant des déces,

La proportion des naissances à la population esclave est la même dans les Antilles anglaises et françaises ; elle a pour terme un 49° dans les premieres et un 43° dans les secondes; elle s’élève à un 45° dans ces dernières, en y joignant l'île de Bourbon. Cetteidentité de résultats obtenus de sources si diverses, de chiffres recueillis dans 13 colonies différentes, formant une chaîne d’iles de 200 lieues au milieu de l’ Atlantique é équatorial, cette identité prouve irréfragablement que it tout l’Archipel américain l'esclavage a les mêmes effets, et réduit partout la reproduction humaine d’à peu près 25 pour cent.

| Mais , par un contraste imprévu , tandis qu'il

atténue ainsi le nombre des naissances, il n’exerce sur la mortalité qu'une influence beaucoup moins grande. Le maximum des déces, un sur 24 ou 26 , n’a heu que dans les deux iles de Tabago et de Saint-Vincent. Dans Îles sept autres, on compte au moins 31 esclaves pour chaque mort. Ce terme est néanmoins plus élevé que dans les: colonies françaises, où la mortalité des esclaves ne dépasse pas un sur 36; et cette différence est justifiée par le fait avéré que la servitude est plus : dure dans les possessions anglaises que dans les nôtres.

Nous avons montré précédemment que parmi les colonies de la France, la Guyane et Bourbon sont les seules ou les décès surpassent constamment les naissances , et qu’à la Guadeloupe et à la Martinique , leur excédant n’a lieu que pendant la moitié du temps. Daus les colonies anglaises, qui contiennent deux fois autant d’esclaves , l'excès de la mortalité constitue l’état ordinaire des choses. Montserrat excepté, tous les autres établissements anglais de l'Amérique tropicale perdent annuellement un nombre d’esclaves plus ou moins grand, qui ne sont point remplacés par un nombre suflisant d'enfants nouveau-nés. Le décroissement de la population ‘produit chaque année par cette cause est d'un 89e

à Démérari et d’un 75° à Tabago. Ainsi l’exemple

d'une colonie où l'esclavage s’éteindrait entierement de lui-même n’est pas éloigné de nous de plus des trois quarts d’un siècle.

1 faut donc reconnaître que, dans les colonies de l'Angleterre comme dans celles de la France, l'esclavage a pour effet :

1° Une grande et continuelle atténuation de la reproduction, qui laisse les décès surpasser con- : sidérablement le nombre des naissances, et qui amène graduellement l’extinction de la population esclave dans un avenir plus ou moins prochain.

2° Une mortalité plus grande d’un quart en sus que celle qui a lieu en France et dans la plus graude partie de l'Europe, et dont le terme excède annuellement d’un 6: celui des décès parmi les populations libres des colonies francaises.

Les naissances ne s'élèvent dans les Antilles anglaises qu'à 2 : pour 100 esclaves; tandis qu'elles sont en Europe de3 à4 pour 100 habitants.

La mortalité est de 3 sur 100 esclaves, au lieu qu’elle est réduite à 2 ou 2 et demi au plus - parmi les populations européennes.

Ces phénomenes sociaux, révélés et constatés pour la première fois , sont une acquisition importante pour la science de l’économie politique. Ils montrent quelle puissance est exercée sur les populations par le régime de la servitude, et

LS 5 ER EE ST — — Ras: 2

quels heureux effets sont produits par le régime de la liberté personnelle.

Nous avions espéré que la Statistique de Cuba, publiée par notre savant ami, Ramon de la Sagra, nous aurait donné le moyen de comparer les mouvements de la population de cette grande colonie avec ceux des Antilles françaises et anglaises ; mais nous avons reconnu, avec beaucoup de regret, que les chiffres qui lui ont été fournis par des documents qui passent pour authentiques ont été indubitablement falsifiés. Il suffit de les répéter pour en donner la preuve.

Mouvements de la population de Cuba en 1827.

Naissances. Décès. Excèd. des naïssances.

Blancs. . . . 12,928 6,632 6,296 Affranchis. . 4,826 2,952 1,874

Popul. libre. 17,754 9,584 8,170 Esclaves. . . 12,729 7,081 5,648

tt À Qt

Totaux . . 30,483 16,665 13,818

Rapport de ces mouvements à la population.

Popul. par classes. Naissances. Décès. Accroïssem.

Blancs, .« 311,051 1 sur 24 1 sur 47.6 1 sur 49 Affranchis 106,494 1 22 LEO AE 4x b7

Lt ————— — mnt

Pop.libre 417,545 1 sur23.5 1 sur 43.6 1 sur 51 . Esclaves. 286,692 1 21:61 40.5 1 50

Totaux... 704,197 1sur 23.1 1 sur 42.2 1 sur 51

Nous avons sous les yeux le tableau des mouvements de presque tous les pays de l’Europe et d'une partie des contrées de l'Amérique , et il ne s’y trouve aucun rapport numérique semblable. Sans doute, dans les anciennes provinces Vénitiennes, en Toscane, en Lombardie, les naissances s'élèvent à un 23° ou à un 24° de la population sédentaire , et non compris les nombreuses garnisons autrichiennes ; mais, à l'encontre de cette fécondité , les décès sont très multipliés, et la mortalité est du 30° de la population. Il n’y a point d'exemple, quant aux populations esclaves, d'une reproduction s’élevant au 21° des habitants et moitié plus grande que le nombre des décès; et pareillement , il n’y a point de colonie dans l'un et l'autre hémisphère, qui présente parmi ses esclaves des mouvements annuels plus favorables que parmi les affranchis; ce qui implique, contradictoirement à tous les faits acquis, que le sort des premiers est meilleur que celni des seconds. |

Il est évident que le document que nous venons d'analyser a été dressé dans l'intention de dérober par un nombre de naissances exagéré, el par un nombre de décès amoindri, la quantité de nègres de traite introduits dans la colonie.

La réalité des choses diffère immensément de l'apparence qu’ellés ont reçue de ces falsifications.

En 1809, lors du séjour de M. Humboldt à Cuba, c'était un fait de toute notoriété, que la perte des ateliers d'esclaves s'élevait annuellement à 8 sur 100, Si à cette donnée on en joint une autre très vraisemblable, celle que la reproduction est, parmi les esclaves de Cuba, comme dans les autres Antilles, d’un 43°, on obtient les corrections suivantes, qui nous paraissent devoir se rapprocher beaucoup de la vérité.

Naissances, Decès. Décroissem. ann.

Esclaves. . . 6,670 22,933 16,263 — 1 sur 43 nègres. 1sur12.5 1 sur 17.6

La reproduction serait à ce compte moitié moins grande et les décès trois fois plus multipliés que d’après le document relaté ci-dessus. Non seulement il n’y aurait pas un accroissement annuel de 5,648 esclaves, par l’excédant des naissances sur les déces; mais au contraire, il y aurait un déficit de 16,263, par l’excédant de la mortalité sur les naissances.

Il serait fort intéressant de constater si les er-

rements de ce calcul nous ont révélé avec justesse les nombres qu’on a déguisés.

On pourrait croire, que tous les termes numériques que nous venons de rapporter appartenant à des époques assez récentes, l’état normal

des populations s’y trouve altéré par l’approche de l'émancipation des esclaves ou par les effets du commencement d'exécution de cette immense entreprise. On pourraitattribuer l’affaiblissement de la reproduction de cette classe d'habitants à des mesures restrictives dans les relations des deux sexes; et il ne paraïtrait point invraisemblable d’accuser de leur grande mortalité les travaux excessifs dont on les aurait surchargés , dès qu'on aurait prévu leur prochain affranchissement. Ces suppositions sont sans fondement, et seront tout-à-fait détruites par les chiffres ciaprès, qui donnent les mouvements de la population esclave à des époques reculées, entièrement en dehors de toutes les causes actuelles de perturbation.

Nous empruntons ces chiffres à d'anciens recensements de la Martinique, à des documents parlementaires de la Grande-Bretagne, et au rapport de James Robertson, officier public en fonction à Démérari.

Nous avons concouru nous-même à l'exécution des dénombrements de la Martinique, sous l’autorité de M. de Laussat, alors préfet colonial, et l'administrateur le plus habile, commele magistrat le plus intègre que nous ayons connu, autrefois, dans les pays d’Outre-mer,

Mouvements anciens des populations esclaves.

d. MARTINIQUE.

Naissances, Décès. Excédant Excédant

— — des naiss, des décès.

er

Totaux en 4 ans. 6,076 9,389 b. LA GRENADE.

1809 à 1813: . . 2,098 4,547 C. LA TRINITAD.

Tel Lila

d. DÉMÉRARI.

1817 à 1820. . - 4,818 7,140 SEUL)

Mouvements en masses, par périodes , des popu-

lations esclaves.

Périodes. Naissances Décès. Exced. Excédant = totales. — desnaiss des décés. |

Martinique 4ans. 6,076 Grenadé . 4 2,028 ÆEhnitadi3 3 "1 553 Démérari .… 3. 4,818

Totaux. 12 ans. 13,475

Année moyenne.

Population Naissances, Décès. Excédant Excédant

moyenne, — À — des naiss, des déc.

Martinique . . 81,746 1,519 92,347 » 828 Grenade 0 9114 007 1,150 629 ÆFIRIAU.: 2-2 IS I 40 543 44200 189 Démérari . . . : 77,398 1,606 2,380 » 77%

ml} emmené mn © nmmmmemmnmd}

Moyenne, . . 205,401 4,185 6,605 » 2,420

Rapports des naissances et des décès à la population esclave.

Naissances. Décès. Perte annuelle.

Martinique. . . . 1 sur 53 1 sur 34 1 sur 99

CTÉTNAUS RMI T Le OS | AD 40 PIN Some iC TE TH UNE 29 1 110 Démeérdris S'h025 4 48 1 DS LOU

Moyenne. . . 1 sur 49 1 sur 31 1 sur 85

À une époque plus reculée, à la Guyane hollandaise, c'était bien pire encore. Le capitaine Stedman rapporte (a) qu’en 1776, il fallait pour entretenir la population esclave de Surinam, au nombre de 35,000 individus, une importation annuelle de 2,500 nègres, qui formaient la cargaison de neuf à dix navires, à raison de deux cent cinquante chacun. Le déficit laissé chaque année par l’excédant des décès sur les

(a) Tome IIf, page 80.

D. M ä > ie y à Se. L

naissances, s'élevait donc à ce terme. C’était une perte d’un sur 30, qui se renouvelait perpétuel-

lement, et qui était triple de celle qu'éprouve

maintenant Démérari', autre colonie d’origine hollandaise, située comme Surinam au milieu des forêts de la Guyane. Si l’on admet que dans celle-ci, comme dans l’autre, il y avait une naïissance sur 47 esclaves, le nombre total n’en dépassait pas 1,600 , et il fallait que les décès montassent à 4,100 ou un 19° de la population esclave , car une perte annuelle de 2,500 suppose cette effrayante mortalité.

Sans tenir compte.de ce fait, et en se référant uniquement aux chiffres qui le précèdent, et qui appartiennent tous à des papiers d’État, on voit que les naissances étaient, il y a 40 à 50 ans, bien moins nombreuses encore qu’elles ne le sont aujourd’hui parmi les esclaves. Elles variaient dans les colonies françaises et anglaises d'un 39° à un 53, tandis que maintenant leurs limites extrêmes sont un 31° et un 47°. A la Martinique, les nouveau-nés, qui forment à présent un 33° de cette classe, n’en excédaient pas un 53°, de 1804 à 1807. L'amélioration est presque de deux cinquièmes. Mais, à Démérari, la proportion n'a pas changé.

Quant à la mortalité, elle est toujours la même; et le temps n’a point contribué, comme en Eu-

‘ rope, à la diminuer progressivement, en raison de la marche de la civilisation et de la tendance des sociétés vers un meilleur état de choses.

S'il fallait une preuve de plus, un dernier témoignage , pour établir que le régime de l’esclavage est bien réellement l’origine et la cause de l'étrange phénomène d’une reproduction incomplète, on ja trouverait dans les tableaux suivants, qui enseignent quels étaient, à d'anciennes époques, les mouvements de plusieurs populations libres, et qui ne laissent reconnaître, parmi elles, aucun indice d’une pareille influence.

Ces tabieaux ont été exécutés, par les administrations locales, d'apres les registres de l’état civil de chaque colonie.

Mouvements anciens des populations libres, dans les colonies françaises et anglaises.

a. GUADELOUPE.

Popul, annuelle. Naissances. Décès. Excéd. des Excéd. des — - — naissances. décès.

ee —

Page 1