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Martinique. . . . 17,141 29,059 0. 78 Guadeloupe... . 19,935 39,966 6. 90 Guyane 00.210204 9,281 1:10 Bourbon. . . . . 51,172 . 33,280 179% ot ,28708.908 104,586 0. 94
Dans les deux dernières colonies, beaucoup
d’affranchis et même des blancs cultivent euxmêmes des plantations de végétaux alimentaires, ce qui diminue d'autant la tâche qui, dans les chiffres ci-dessus, est attribuée aux esclaves.
Quoi qu'il en soit, et même en adoptant ces nombres, nous résumerons en trois lignes Îles différents degrés d'inactivité qu'offre la population esclave des colonies.
? Nombre Nombre d'esclaves, d'ares chacun,
104,586 cultivent 98,503 hect, de plantat. diverses 94
109,348 — 62,090 — de cannes à sucre 57
Total 213,934 — 160,593 — & 46,352 des villes » »
Total gén. 260,282 — 160,592 seulement, ou — 65
Il est essentiel de remarquer que si la tâche d’un esclave s'élève à près d’un hectare, quand il s’agit des cultures diverses autres que celle de la canne à sucre, c’est principalement parce qu'une partie considérable de ces cultures se compose des jardins à nègres, dont les produits appartiennent aux esclaves. Alors le travail, excité par l'intérêt de la propriété, devient presque double de celui qui est fait pour le maître, et dont la quantité, estimée en moyenne par une juste appréciation de tous ces faits, ne dépasse assurément point un demi-hectare.
Des recherches fort étendues, basées sur les
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papiers d’État et consignées dans un autre ouvrage(a), établissent des termes positifs qui nous permettent de comparer la quantité de travail agricole faite aux colonies, par un esclave, et celle qui forme la tâche ordinaire d’un cultivateur dans nos contrées de l’Europe.
La Grande-Bretagne a une étendue de cultures de 7,222,600 hectares. Sa population agricole s'élève à 961,130 familles qui, composées chacune de quatre personnes et demie, font 4,325,103 habitants participant aux travaux des champs. C'est pour la part de chacun d’eux un hectare 67 ares, ou environ trois fois autant que celle d’un esclave des colonies. |
On voit manifestement que rien n’est plus
faux que ces expressions proverbiales : Travail-
ler comme un nègre, si lon entend par ces mots une grande et lourde tâche. Il est évident que dans nos pays de l'Europe aucun cultivateur ne pourrait pourvoir à sa subsistance en travaillant si peu. Il est facile de s’en convaincre. Il y a maintenant en France une étendue de cultures de 20,767,3/40 hectares (b). Si notre population rurale ne travaillait pas plus que les esclaves des colonies, il faudrait donc qu’elle s’élevät à 41
(a) Moreau de Jonnès, Statistique de la Grande-Bretagne, a volumes in-8o,
(b) Statistique générale de la France, Tome V.
millions et demi de personnes; il faudrait que tout le monde sans distinction tirât des champs, de ses propres mains, sa nourriture, et encore nous manquerait-il un cinquième des produits nécessaires à notre consommation.
À une époque où l'accroissement général des populations, l'immense multiplication des machines, la concurrence universelle, abaissent, avec une puissance irrésistible les prix-des choses et les salaires de tout travail, s’il fallait inévitablement deux cultivateurs au lieu d’un tout au plus pour mettre en valeur le sol des colonies, les colonies seraient ruinées sans ressource, et tout espoir de prospérité, de rénovation, de salut serait perdu pour elles. Mais cette nécessité est purement fictive; c’est un effet de l'esclavage, c’està-dire du travail fait par des hommes qui n’y ont point d'intérêt. Une inertie si grande, qu’elle réduit de moitié ou même des deux tiers la force humaine appliquée à l’agriculture, n’est point une infliction du climat. Toutes les races, même celle des blancs, peuvent conserver dans les îles tropicales leur activité de corps et d’esprit, et l'exercer avec vigueur, avec énergie, avec persévérance. Pour le prouver il suffit d'ouvrir leur histoire ou de recueillir les souvenirs contemporains, Les Caraïbes, ces sauvages qui habitaient les Antilles lors de la découverte du Nouveau- Monde, n’ont-ils pas, dans une lutte de deux