‹ Recherches statistiques sur l'esclavage colonialChapitre 71 sur 82 · ZE MA · texte numérisé non relu

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chissement devant diminuer probablement la quantité de leur travail agricole, et conséquemment de leur production, il faut de toute nécessité réparer leurs pertes par de nouveaux habitants, et soutenir leur culture par d’autres travailleurs. Ce double but serait rempli complétement par l'institution que nous demandons.

Il suffirait pour un premier établissement d'accorder un militaire travailleur à la moitié des habitations existantes dans nos colonies agricoles, et dont la destination serait ainsi qu'il suit :

Sucreries, Cafégères. Cotoniers. Autr. établiss. Totaux.

Martinique. . . 495 1,290 11 » 1,796 Guadeloupe. . . 620 1,078 298 19 2,015 Guyane” Are 51 23 +. 198, 174 376 Bourbon. . .. 156 638 » » 794

Totaux. 41,822 3,029 437 193 4,981

Aïnsi, pour l'exécution de cette utile et importante mesure, il faudrait que les garnisons coloniales pussent détacher de leur service :

À la Martinique... . . . . . . . 850 militaires. —:1 Guadeloupes? 2101004 0e 007 ee LOUVANC AT UE PTE 158

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Total.

Nous abandonnons au succès du premier envoi de travailleurs militaires le soin de justifier les envois dont il devrait être suivi, et de montrer incontestablement que cette mesurene serait pas moins favorable aux intérêts des jeunes soldats volontaires qui en deviendraient l’objet, qu'à ceux de la Métropole et de ses établissements d'Outre-mer. Elle est suivant nous, le complément indispensable del’affranchissement, et doit donner aux colonies un ensemble d’avantages sociaux, agricoles , industriels , commerciaux et militaires, qui agrandiront de la maniere la plus utile leurs relations avec la France.

Parmi ces avantages il faut compter surtout l’enseignement que trouveraient les colonies, dans la comparaison du travail des hommes libres et de celui des esclaves. L’habitude du régime de la servitude fait méconnaitre ses fâcheux effets, et laisse supposer qu'il est impossible que les choses soient autrement. On admet, par exemple, qu'un nègre ne peut cultiver que 5o à Go ares de cannes à sucre, tandis que cette tâche serait facilement portée au double par un affranchi dont le salaire serait proportionné à son travail; et qu’elle serait indubitablement triplée ou quadruplée, si elle était remplie par un colon militaire acclimaté,.

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Partout l’homme dans la servitude travaille peu et mal. Nous en trouverions au besoin mille exemples , jusque dans notre Europe maintenant si fière de ses libertés, et dont les paysans étaient, il y a 60 à 80 ans, non moins esclaves dans les contrées du nord que le sont les nègres des Indes occidentales.

Les domaines du roi de Danemark , dans le Holstein, ne rapportaient en 1765 que 435,000 fr. Les paysans ayant été affranchis, ils porterent le revenu de ces domaines à 540,000 fr.

ce qui suppose, toutes choses égales d’ailleurs , que leur travail s'était augmenté d’un cinquième par l'effet de leur émancipation.

L’affranchissement eut des effets encore plus frappants dans les terres du comte de Bernstorf; il rendit les cultures plus productives et plus abondantes. Le seigle qui ne rapportait que trois pour un, donna huit et un tiers, et l'orge près de dix au lieu de quatre. L’avoine, qui sous le régime de la servitude ne produisait que deux et deux tiers pour un de semence, produisit huit après la libération des serfs. Ainsi le revenu du sol se trouva triplé.

Un résultat absolument semblable fut Tone en Pologne-dans les vastes domaines du comte Zamoiïski, par l’affranchissement de ses paysans. Ces faits , qui s'offrent à chaque page de l’his-

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L'AFFRANCHISSEMENT. 2/7 toire civile des peuples de l’Europe, indiquent la cause des famines meurtrières qu'on éprou* vait chaque troisième année en France, en An: gleterre et même en Italie, alors que les populations de ces pays étaient réduites par la féodalité à l’état de servitude.

Il y a tant de disparités entre nos contrées et celle de la zone torride, qu’on pourrait révoquef en doute l'identité des effets exercés sur les unes et les autres par la puissance de l'esclavage; mais voici les mêmes révélations, qui nous viennent d’un pays situé entre les tropiques, produisant des denrées coloniales et cultivé par dés nègres comme nos possessions d'Outre-mer.

Un observateur expérimenté, M. Ward; envoyé d'Angleterre au Mexique, rapporte que sur le littoral de ce pays autour de la Vera-Cruz, les plantations étaient mises en valeur avant 1810 par des esclaves achetés au prix de 1500 à 2,000 fr. chacun. Ceux de ces noirs qui n'avaient pas été émancipés graduellement, ayant abandonné leurs travaux lors de l'insurrection mexicaine contre la métropole, il a fallu Îles remplacer par des hommes libres. Ces laboureurs sont payés à la tâche, et quand ils sont actifs et industrieux , ils peuvent recevoir 3 fr. 75 cent. par jour. Ils sont divisés par ateliers comme aux Antilles, etils montrent beaucoup de soins

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