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possède, relié dans une couverture de bois, avec un très ancien martyrologe d'Usuard, ne porte aucune date, sinon celle ajoutée à la fin et hors le corps du livre, de la mort d'Yves, évêque de Chartres, en l’an 111$ de l’incarnation, que Mathieu Paris place en 1117. Le coffre d'or est enfermé dans un autre plus grand coffre de bois, qui lui sert comme d’un étui, couvert de lames d’oret enrichi de diamants, rubis, grenats, émeraudes, saphirs, opales, améthystes, hyacinthes, onyx jaspées, agates, nacres, et de perles très exquises. On voit sur un des côtés quatre aigles d’or, que l’on croit de la facon de saint Eloi, données l’an 998 par Rothelinde, mère d'Odon alors évêque de Chartres. Sur le même côté il y a quelques vers latins fort délicatement gravés avec la figure d’un homme tenant un cerf par son bois ramé, puis l’on voit Dieu avec deux anges auprès de lui, un dragon et un lion sous ses pieds, plus un Samson à genoux sur le dos d’un lion pour, selon la devise, tirer un rayon de miel de sa gueule, et un petit reliquaire avec cette inscription : CE SONT YCY DES RELLICQUES DE S' EDOUARD. De l’autre côté 1l y a une agate ovale sertie d’or et garnie de perles, sur laquelle est gravé un Jupiter tenant son foudre dela main droite, et une espèce de lance avec un oiseau de la main gauche !. Sous ses pieds et sur l'or dont elle est enchâssée se lisent à peine quelques
1. Cette agate, représentant un Jupiter, est une des plus belles pièces du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale et porte le n° 1 de la collection. M. Ernest Babelon, dans son Catalogue des Camées antiques de la Bibliothèque nationale, en donné une description très complète dônt nous ne reproduisons que les principaux passages, renvoyant pour le surplus à ce Catalogue qui se trouve à la Bibliothèque de Chartres sous la cote 11573 165/B, dans lequel on trouvera en outre la description de douze autres camées, provenant également du trésor de la Cathédrale de Chartres, sous les numéros 2 à 7, 34, 53, 86, 94, 197, 241.
Jupiter (dit de Chartres ou de Charles V). Le dieu est debout, barbu, la tête ceinte d’une couronne de laurier, regardant le foudre qu’il tient de la main droite tendue en avant; de la main gauche il s'appuie sur un long sceptre. Le torse et les bras sont nus; les reins et les jambes sont enveloppés dans une ample chlamyde dont les plis, rejetés sur l’épaule gauche, retombent par devant. La jambe gauche est légèrement infléchie; les pieds sont chaussés de sandales. À la droite du maitre de l’Olympe, un aigle, les ailes à demi éployées. — Corniche ovale au pourtour, avec tranches en biseau.
Excellent travail romain du 1°" siècle de notre ère.
Sardonyx à trois couches : brune, azurée et roussätre (fond brun); gemme remarquable par ses dimensions, la translucidité et la beauté de ses nuances.
Ce camée est serti dans une monture du plus haut intérêt, qui remonte au x1v° siècle, mais qui à subi des remaniements postérieurs.
mots, comme J. MARIA, ADAM, EVA. Sous cette agate il y à une inscription par laquelle il paraît que Charles, roi de France, fils du roi Jean, l’a donnée en 1367, le quatrième an de son règne, et plus bas sont les armes de France : de fleurs de lis d’or sans nombre, en champ d'azur. Il y a encore du même côté une agate où se voit taillé un géant levant une massue ; un écasson écartelé m1 partie d’un soleil et de deux ondes d'argent, en champ d’azur ; une hermine de Bretagne avec ces paroles AVE MARIA; la figure d’un levrier noir, dans le flanc duquel sont des reliques et sur son collier le mot ARDENNA. Il y a encore un petit tableau ou médaille d’or en ovale, portant d’un côté l’image de sainte Marie-Majeure et, sous l’image, les armes d’un comte de Vendôme! qui, comme il paraît par une inscription du mois d'août 1406 placée au revers du tableau, l’a donnée à l’église avec une once d’or à prendre tous les ans sur son comté de Vendôme. Près de ce tableau il y en a un autre qui s'ouvre et se ferme ; fermé, on y voit un roi revêtu de ses habits royaux, couronne en tête et sceptre en main, et, près de lui, un homme armé l'épée nue, portant sur l'estomac un écu croisé de gueule ; ouvert, deux images qui représentent l’une la Trinité et l’autre l'Annonciation de l’ange à Notre-Dame, avec ces paroles AVE GRATIA PLENA. D'un autre côté se trouve une grande fleur de lis d'or émaillée parsemée d’autres fleurs de lis sans nombre entre lesquelles se voient les images d’un crucifix, d’une Vierge et de saint Jean et, au bas, la figure d’un homme à genoux, en forme de suppliant avec manteau blanc, capuchon, la tétetondue, et au-dessous roulé en écriteau : AYEZ PITIÉ DE MOY SEIGNEUR SELON VOSTRE GRANDE MISÉRICORDE. Du même côté, autre image de Notre-Dame assise et tenant son fils en ses bras, avec vis-à-vis d’elle un homme priant, vêtu d'une aube avec une couronne, et le nom de Jacques de Templeuve qui l’a donné, et ces mots: MÈRE DE DIEU SOUVE- NEZ-VOUS DE MOY. Du même côté encore des armes d’or échiquetees d'azur. En un reliquaire carré auprès, 1l y a des os de saint Paul, saint Rémy, saint Côme, saint Damien et de l’une des Marie, du
1. Louis de Bourbon qui fonda plus tard la chapelle de Vendôme, mentionné ci-dessus.
bois de la vraie croix du Saint-Sépulcre de Notre-Seigneur. De Pautre côté un étui d’or percé à jour, dans lequel il y a des cheveux de sainte Marie-Madeleine. Le bas'de la châsse est environné de la ceinture d’or d'Anne de Bretagne, garnie de quantité de pierres précieuses. En dessous de la chàsse se trouve une lame d’argent sur laquelle sont gravés ces mots MARTIN ÉVESQUE DE TOURS, avec un chanoine priant.
Outre ces pièces, des plus remarquables, il y en a encore une infinité d’autres très riches: croix d’or, agnus dei, anneaux et carcans d’or, quantité de filets de perles et diverses pierreries de grand prix, dont une croix d'or donnée par le chanoine Gougis, une autre croix d’or avec cinq pierres précieuses donnée par le chanoine Guidon, quatre anneaux d’or avec leurs pierreries donnés par le chanoine Arnault de Feillet, un carcan de sept onces d’or donné par Avise, femme de Guidon, deux carcans d’un prix inestimable donnés par Adelis épouse de Gaultier de Villiers. De nos jours M. de la Poustoire, chantre en dignité et chanoine, y a ajouté un diamant, et, en 1669, M. de Fontenay-Vauloger, chanoine, une croix d’or.
Rouillard remarque que ce Teudon, orfèvre et architecte, dont nous avons parlé, a fait cette châsse, et que cela se voit dans les archives de Saint-Père, que le même a fait le frontispice de l’église du temps de Raginfroy 40° évêque de Chartres, vers 991, sous le règne de Charles le Simple, et en conclut que cette châsse a été faite environ cent quarante ans après la donation par Charles le Chauve à l’église de Chartres de la sainte chemise, et qu'il y a plus de six cents ans qu'eile existe en la forme où nous la voyons.
L'inscription grecque de l’un des tableaux qui parent cette sainte châsse fait voir qu'il y a aussi quelques morceaux de la ceinture de la Vierge ao ns t'wxc Ewvns Ttns Oeororov, et peut-être est-ce d’elle que le vieux poète français des Miracles de la sainte Vierge entend parler lorsqu'il dit que l’évêque Gousseaume, sortant de la ville contre les Normands portait, avec la chemise de la Vierge, une autre bannière qui était le voile de la sainte Vierge, si ce n’est le supparus ou rochet de la Vierge que les archives de l’église désignent aussi comme dans la sainte chàsse, et que le voile,
rochet ou ceinture de la Vierge y ont été enfermés les uns et les autres avec la sainte chemise, ayant été apportés de Constantinople à Aix-la-Chapelle et de là à Chartres.
Cette dévotion des Chartrains à la sainte chemise est partagée par tous ceux, en quelque partie du monde qu'ils soient, qui en ont entendu parler. La représentation qu'on en fait en cuivre, argent ou or, est vendue tous les ans par les orfèvres ou autres marchands de Chartres en quantité tellement prodigieuse, qu’elles se trouvent répandues par toute la terre. J’en ai envoyé personnellement un grand nombre de douzaines à des commandeurs et à des chevaliers de Malte qui les donnent à leurs soldats et à tous ceux qui les servent, qui les portent dévotement, comme un bouclier assuré contre les mauvais accidents.
De tout temps, mème lorsque le paganisme occupait toute la terre, on a figuré en toutes sortes de métaux les temples et les fausses divinités auxquelles ils étaient consacrés, et les peuples, qui allaient les y honorer, achetaient ces figures dont 1l se faisait un très grand commerce. On en trouve un exemple dans les Actes des Apôtres, iv. XIX, v. 24, au sujet d'un Démétrius, orfèvre, qui fabriquait et vendait des images du temple et de l’idole dela Diane d’Ephèse, et employait à ce travail, dont 1] retirait grand profit, beaucoup d'ouvriers. Voyant son trafic et son gain en grande diminution à la suite des prédications de saint Paul, il s’avisa d’exciter tous ces travailleurs à faire une sédition, faisant valoir que l’on ruinait leurs trafics, et déshonorait le temple de la grande Diane d'Ephèse. Cette sédition est fort au long décrite au lieu cité plus haut où on en peut vérifier l’exactitude.
Les figures de la chemisette de Notre-Dame et les autres images qu’on fait aux autres lieux de dévotion doivent jouir d'une autre considération, car, outre qu'elles sont faites en l’honneur de la sainte mère de Jésus-Christ et des autres saints, qui méritent à juste titre estime et vénération particulière, elles sont d'ordinaire accompagnées de bénédictions. Celle qui est attachée aux chemises de Chartres est rapportée dans le recueil de 1587 des Instructions de M" Jacques de Thou, évêque de Chartres, pour l’intelligence des sacrements. Par celle-ci Dieu est prié de bénir ces chemises,
afin que ceux qui les porteront en l’honneur de la bienheureuse Vierge Marie puissent recevoir de Dieu la protection qu'ils espèrent d'elle.
Saint Paulin, ép. 36 ad Macarum, remarque que c’est un désir
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