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PREMIÈRE PÉRIODE GAULOISE

Bien qu'il soit vraisemblable que les anciens Gaulois n’ont fait aucune entreprise guerrière sans la participation des Chartrains, je ne citerai en ces Recherches d’autres actions militaires que celles où ils sont particulièrement nommés.

Le premier exploit où nous voyons les Chartrains se rencontrer avec les autres peuples de la Gaule Celtique, dont ils faisaient partie, fut, au rapport de Tacite, sous Tarquinius priscus, cinquième roi des Romains, lorsque les peuples du Berry tenaient l'empire des Gaules et qu'ils avaient donné aux Celtes pour roi Ambigat qui, par sa vertu et sa bonne fortune, jointes à l’état où se trouvait alors cette partie des Gaules, s’y était rendu très puissant. Le pays était très fertile en fruits et en hommes, en sorte que la multitude de ses habitants pouvait à peine être bien gouvernée. Fort âgé, désirant décharger ce pays de ce grand nombre d'hommes dont 1l était encombré, 1l fit entendre à Bellovèse et à Ségovèse, enfants de sa sœur, jeunes hommes bien éveillés et bien agissants, qu'il avait dessein de les envoyer en telle partie de la terre que les dieux, par leurs augures, voudraient leur désigner, et qu’ils prendraient tel nombre d'hommes qu’il conviendrait, afin que, en quelque lieu qu’ils se rencontrassent, personne ne leur puisse résister.

Ces deux frères ayant tiré au sort, la forêt Noire du côté d'Allemagne échut à Ségovèse. Les dieux ayant indiqué à Bellovèse le chemin d'Italie, il prit avec lui une plus grande quantité de peuples : Berrichons, Auvergnats, Sénonais, Bourguignons,

Barois, Nivernais, Charolais, Chartrains, Percherons, Manceaux. Pourvu de quantité de cavalerie et d'infanterie, après avoir traversé la Provence, il se trouva devant les Alpes que lon tenait alors inaccessibles, aucun chemin n'y étant tracé, nul ne se souvenant qu’elles aient été jamais franchies, sinon, si l’on en croit la fable, par Hercule. Les Gaulois se voyant enfermés par ces montagnes qui les environnaient, regardant comment ils pourraient franchir ces monts qui s’élevaient jusqu'au ciel, cuidant entrer comme en un autre monde, se trouvaient arrêtés par respect de religion.

Avertis que des étrangers, Marseillais venus de la Phocide sur des vaisseaux, arrivés en ces quartiers pour y faire leur demeure, en étaient empêchés par les Saliens qui les tenaient assiégés, voyant là un heureux présage pour leur fortune, les Gaulois entreprirent de les secourir et les aidèrent à fortifier le lieu dont ils s'étaient emparés lorsqu'ils avaient pris terre, dans cette grande forêt.

Les Gaulois, après cet exploit, ayant pris leur chemin parles forêts et les montagnes du Piémont ou Alpes juliennes, défirent les Toscans, près la rivière du Tessin, et ayant entendu dire que le pays où ils étoient s'appelait le pays des Insubriens, depuis Lombardie, et à présent Milanais, du nom dont était appelé un bourg des Bourguignons, cela leur parut de bon augure, et ils y bâtirent une ville qu'ils appelèrent Nicou.

Les Manceaux, sous la conduite d’'Elitour, leur capitaine, et les Sénonais avec Brennus, ayant suivi les traces de Bellovèse, qui favorisaient leur passage, s'emparèrent de tout ce pays qui s’est appelé depuis à l’égard des Romains la Gaule cisalpine Gallia togata.

Cette armée des Gaulois fit depuis de très grands progrès dans l'Italie, s’empara de plusieurs villes et de plusieurs grands pays où elle fonda diverses colonies. Les Chartrains avec Brennus et les Sénonais sen allèrent même jusqu'à Rome qu’ils saccagèrent et ensuite passèrent par les Alpes noriques de Bavière dans la Hongrie où beaucoup s’établirent et bâtirent des villes, et dans la Grèce où ils livrèrent de très grands combats, s’emparèrent de divers pays comme de .l’Asie et la Phrygie où quelques-uns s’établirent, et prirent le nom de Gallo-Grecs ou Galates, se rendant redoutables partout où 1ls passaient.

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