‹ Recherches sur ChartresChapitre 269 sur 323 · SAINT-MAURICE · texte numérisé non relu

SAINT-MAURICE

L'église de Saint-Maurice, paroisse, a un collège de chanoines.

Fort ancienne, elle était très bien bâtie, mais les deux sièges de Chartres l’ont à demi ruinée. Depuis le dernier siège, la voûte est restée quarante ans sans couverture. Autrefois une forte tour placée à côté du chœur, au midi, où est à présent une sacristie qui fut bâtie en 1676, servait de clocher. On en a construit un nouveau en 1538, au bas de l’église, dans lequel trois cloches furent placées en 1540.

Avant ces dernières ruines, l’église était beaucoup plus élevée, ainsi qu'en témoignent les deux pointes qui excèdent la couverture. Elle a été dédiée à Dieu, sous la protection de saint Maurice en 1$50, par l’évêque Louis Guillard. La paroisse comprend une partie de la ville de Chartres, le faubourg de la Porte-Drouaise entier, le bourg de Lèves, où est située l’abbaye de Josaphat et la chapelle de la Madeleine, bâtie en 1120 du temps de Fulbert, le Mousseau de Lèves, la Roussière, Seresville, le Bois de Lèves, Ouarville, la Mihoue et le Bourgneuf. Elle est si étendue que, sous l’épiscopat de Miles d’Illiers, en 1460, il fallut bâtir à Lèves, auprès de la chapelle de la Madeleine, une église qui fut dédiée à saint Lazare, pour servir d’annexe à Saint-Maurice. Les deux églises furent réglées à trois curés qui les desservaient alternativement ; il y en avait deux à Saint-Maurice, et le troisième à Saint- Lazare, maintenant réduits à deux, qui sont au patronage des neuf chanoines de Saint-Maurice et du chévecier qui en est le chef. Il y a cinq prébendes entières et quatre demi. Leur principal revenu est assigné sur l’évêché de Chartres, ce qui fait attribuer sa fondation à un évêque antérieur à saint Fulbert, qui en fait mention dans sa 116° épitre. Geoffroy de Lèves parle de ces chanoines dans les lettres de fondation de Josaphat de 1120, ajoutant que Hélisende, vidamesse de Chartres, et Girard, son fils, étaient avocats ou avoués et défenseurs de cette église Saint-Maurice.

En 1659, M'° Jacques Lescot établit, en l’annexe de Saint- Lazare, des frères de la Charité qui assistent aux convois, lorsqu'ils y sont appelés, ensevelissent les morts lorsqu'ils sont à leur confrérie, et fournissent même de linceuls aux pauvres.

Il existe, sous le maïître-autel du chœur de l’église de Saint- Maurice, une grotte en laquelle les habitants du diocèse se rendent

SAINT-MAURICE Jo!

en grande dévotion, principalement à la fête de Saint-Blaise, le lendemain de la Chandeleur. Le corps de ce saint martyr, évêque de Cappadoce et de Sébaste, y est réclamé pour la faiblesse d'’esprit, et 1l existe derrière l’église une loge, ou grand berceau fermé, et deux chambres, où on met ceux qui sont atteints de cette maladie, et qui d'ordinaire en reçoivent grand soulagement. Saint Blaise et ses compagnons ont en cette grotte trois châsses de pierre, soutenues par des piliers, contenant leurs reliques et celles de plusieurs autres martyrs. Parmi ces reliques, on tient avoir les corps de saint Éman et de saint Pèlerin, son compagnon, martyrisés auprès d'Illiers, à quatre lieues de Chartres. Ces reliques furent transportées dans l’église de Saint-André, lors des troubles et guerres civiles, sous les épiscopats de Charles Guillard et de Nicolas de Thou, pour les sauver du pillage, et ensuite réintégrées.

Une recluse habitait cette grotte, en 1219, d’après le testament du seigneur des Fugères, qui lui lègue 10 sols, et, en 1357,il y en avait une autre, qui fut réunie aux Dames des Saints-Forts de l’église de Notre-Dame de Sous-Terre.

Le Chapitre de Notre-Dame, chaque année, au jour de Quasimodo, et la veille ainsi que le jour de la fête de Saint-Maurice, vient processionnellement chanter la messe fondée en 1226 par l’évêque Gautier.

Les évêques de Chartres, comme fondateurs ou autrement, ont la collation des bénéfices de l’église, droit qui leur a été confirmé par les bulles du pape Luc ITT, de décembre 1183, troisième de son pontificat.

Sous l’épiscopat de René d’Illiers, une transaction est intervenue, entre l'abbé et les religieux de Josaphat et les chévecier et chanoines de Saint-Maurice, au sujet d’un droit qui leur revient à l'avènement de chaque chanoine.

Il y a dans l’église un marguillier clerc qui a le titre de chapelain de la chapelle de Saint-Blaise.

Outre les châsses dont nous avons parlé, il y en a encore six autres dans l’église, qui ont été visitées, et dont les reliques ont été changées de linceuls et mises dans de très belles châsses neuves : la première fois, en 1226, par l’évêque Gautier; la seconde, en

1457, par Pierre Bèchebien; la troisième, en 1 570, par le doyen de Notre-Dame, suivant les ordres de Charles Guillard ; la quatrième, en 1573, par Nicolas de Thou; la cinquième, en 1621, par Léonor d’Estampes ; et la sixième, en 1698, par Louis Potin, vicaire général de Paul Godet des Marais.

Page 1