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DES SERFS, AVOUÉS ET HOMMES DU CORPS DU CHAPITRE

Les églises grecque et latine ont eu des serfs que les saints décrets défendent de recevoir au clergé, de promouvoir aux ordres sacrés, à moins que leurs maîtres ne les affranchissent et y consentent. On peut reconnaitre quelques vestiges des personnes de cette condition dans l’épitre de saint Paul à Philémon en faveur de l’esclave Onésime, et dans les épitres d’Yves contre la comtesse de Chartres. C'était l'usage de presque de toutes les églises de France.

Il se trouve parmi les serfs de l’église de Chartres des princes, seigneurs et autres personnes de moindre condition qui, volontairement, par une extrême dévotion à la sainte Vierge, déclaraient par actes publics être devenus serfs, vassaux et clients de la Vierge et de son église, servitude particulière et peu commune. Ainsi Louis IT, comte de Vendôme, par acte du 2 juin 1413, se déclara devenu à tout jamais homme de la glorieuse Vierge Marie et de son église. Yves de Chartres, dans une de ses épitres, appelle déjà Geoffroy, comte de Vendôme, sujet et vassal de l’église.

On peut aussi rappeler le fait d’un comte de Boulogne-sur-Mer qui soumit à la sainte Vierge sa personne et son comté, et du roi Louis XIII qui lui voua son royaume.

Les doyen et chanoines, en apaisant la colère du roi Louis le Gros par le miracle de la sainte Chemise, détournèrent la ruine dont il les menaçait et obtinrent de lui, en 1128, un privilège considérable en faveur des serfs de leur église par lequel ils furent réduits à la condition des hommes libres, recus à témoigner en justice, à donner gage de bataille et aller à la guerre sans qu’on leur püt bailler empêchement.

Rouillard remarque que la plupart des habitants de Chartres étaient engagés dans cette servitude et que, du consentement du Chapitre, ils se firent affranchir par leurs comtes moyennant une taille de quatre cents livres par an, marque de leur ancienne servitude qu'ils rachetèrent de Charles de Valois, père du roi Philippe, moyennant douze cents livres. |

Les chanoines de Chartres avaient dans la ville et banlieue, par privilèges des papes et des rois, chacun un bourgeois pour client et sujet qui, avec toute sa famille, était exempt de toutes charges, même de la talle, et de tous autres subsides, pouvait vendre blé, vin et autres marchandises sans payer aucune redevance au comte ni à autre. Ces hommes étaient appelés avoués de l’église, comme on le voit par une transaction de 1 328 entre l’évêque et le Chapitre où 1l est parlé de dix avoués ; un autre titre en mentionne douze.

Les comtes et le Chapitre ont eu des différends au sujet des franchises de ces avoués qui ont toujours été maintenus, même par une sentence de l'archevêque et de l’archidiacre de Sens, juges délégués par le pape Célestin III, rendue entre le Chapitre et Louis comte de Chartres et de Clermont.

Quant aux esclaves, après leur manumission et leur affranchissement, ils furent appelés hommes de corps, autrement casati, comme ayant l'honneur d’être du corps de l’église. Ces hommes de corps étaient perpétuellement assujettis à la juridiction du Chapitre, en quelque lieu qu’ils demeurassent, de sorte que un nommé Tristalle, issu des hommes de corps du Chapitre, ayant voulu décliner sa juridiction, fut, par sentence du samedi 28 avril 1430, condamné à la subir.

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