EUDES II
4. — Thibault II succéda à Eudes I° son père. Rouillard le déclare usurpateur du bien de l’église, aussi bien que son père, pour s'être emparé des abbayes de son comté, avoir mis un abbé à sa dévotion à Saint-Père-en-Vallée, d’après la 1° épitre de Fulbert au vénérable Abbon, abbé de Fleury ou Saint-Benoïît-sur-Loire, et conclut que, par punition divine, la ville de Chartres fut ruinée pour la quatrième fois et l’église pour la troisième, par un grand incendie, la nuit de la Nativité de Notre-Seigneur l’an 1020, 4 du siège de Fulbert. Rouillard ne parle pas de sa mort. Il faut voir Gaguin, Vie de Louis le Gros, qui raconte la guerre qu’il eut contre l’empereur Henri IV, en laquelle il conduisait les Orléanais et les Étampois, ses vassaux.
s. — Eudes IT recueillit la succession de Thibault IT, son frère, et y joignit les comtés de Champagne, de Brie, de Blois, de Tours et de Sancerre. Il épousa Berthe, fille de Conrad III, roi de la Haute-Bourgogne ! de laquelle il eut deux fils, Thibault et Étienne, qui lui succédèrent: Thibault aux comtés de Chartres, de Blois et de Tours; et Étienne aux comtés de Champagne et de Brie, puis, son frère étant décédé sans enfants, réunit en sa personne toutes les seigneuries précédentes.
En cet endroit Rouillard explique de quelle manière la maison de Champagne a pris son origine de celle de Chartres?.
Herbert I’, comte de Vermandois, épousa la sœur de Hue le Grand, comte de Paris, de laquelle il eut cinq enfants mâles ; 1) Eudes, comte de Vienne, seigneur d'Haynen en Vermandois et de Château-Thierry en Auvergne, mort sans enfants ; — 2) Hugues, archevêque de Reims ; — 3) Adalbert, comte de Vermandois ; — 4) Robert [®, comte de Troyes, que l’on dit avoir usurpé la ville sur Angésille, évêque en 958; — s) Herbert II, qui succéda à son frère Robert, fut aussi comte de Meaux-en-Brie, et épousa Ogine ou Algine, veuve de Charles le Simple, de laquelle il eut
Cette Berthe, comme nous l’avons établi ci-dessus était sa mère ; la femme de Eudes IT fut Ermengarde d'Auvergne.
. Il convient d'enregistrer cette méthode sans en examiner les détails.
trois enfants : a) Étienne comte de Meaux et depuis de Troyes, décédé sans enfants ; — b) Agnès, mariée au duc Charles de Lorraine, fils du roi Louis IV sur lequel Hugues Capet usurpa la couronne : — c) Leudgarde épouse 1° de Guillaume Longue-Épée, duquel elle n’eut enfants, 2° Thibault le Tricheur, meurtrier de son premier mari, dont elle eut plusieurs enfants : 1) Thibault le jeune qui succéda à son père aux comtés de Chartres, Blois et Tours; — 2) Eudes, qui est notre Eudes IT, qui eut les terres de Champagne venues à Leudgarde son ayeule ; — 3 Roger, qui eut le comté de Sancerre et fut évêque de Beauvais.
Thibault IT étant décédé sans enfants, Eudes IT, son frère, recueillit sa succession avec tous les droits d’ainesse de la maison de Chartres et plusieurs terres en Champagne de la succession de Leudgarde, son ayeule. En outre Étienne, comte de Troyes etde Meaux, frère de Leudgarde étant décédé sans enfants, ces comtés échurent aussi à ce Eudes IT, son arrière-neveu, qui prit alors le titre de comte de Champagne et de Brie et se saisit des plus fortes places de ces provinces à la grande colère du roi Robert qui prétendait que, suivant la loi du royaume, ces seigneuries lui devaient faire retour, le comte Étienne n’ayant pas laissé d’hoirs mâles, et Eudes ne venant à la succession que du côté des femmes.
Trop faible pour le mettre à la raison, le roi prit la résolution de le traduire en justice par devant ses pairs, comme nous l’apprend une lettre de Fulbert, et le fit juger par défaut et contumace, ainsi qu’on le prétend ; par ce jugement toutes ces terres furent déclarées réunies à la Couronne et Eudes déclaré indigne de tenir aucun fief. Ce jugement ne fut pas exécuté, soit par suite d’un défaut de procédure, soit que le roi ait manqué de force pour y tenir la main, car Eudes, loin de céder, entreprit, avec une puissante armée, de faire la guerre au duc de Normandie au sujet de la succession de Mathilde, sa mère, sœur de Richard, prétendant que le comté d'Orchies.et d’autres terres adjacentes lui devaient appartenir, en sorte que Richard, se sentant trop faible, fut contraint d’implorer le secours d'Olaüs, roi de Danemark qui lui envoya de grandes troupes. Le roi Robert, par une prudence singulière, s'étant inter-