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EUDES II

posé à temps entre ces deux champions dont l’antagonisme pouvait apporter de graves incommodités à tout le royaume, se fit l’arbitre de leur différend. À peine dégagé de ce côté, Eudes, dont l'esprit était remuant et l'ambition démesurée, déclara la guerre à l’empereur Conrad pour la succession de la Haute-Bourgogne échue à Berthe sa femme! par le décès de son frère Raoul VI, roi de la Haute-Bourgogne, que revendiquait l’empereur, sous prétexte que Raoul l’avait vendue par. transport à l’empereur Henry pour le fortifier contre les prétentions de Robert, roi de France. À peine entré en Bourgogne avec ses forces, Eudes en fut rappelé par la reine Constance qui, après la mort de Robert, son mari, voulut l’employer pour élever à la couronne de France son fils puiné, au préjudice de Henry, son aïné, auquel elle appartenait par la loi. Les forces dont disposait Eudes étant trop faibles, il fut non seulement contraint d'abandonner son entreprise, mais, de plus, obligé de faire hommage de ses terres de Champagne et de Brie au roi Henry. Cette disgrâce fut suivie d’une autre. L'empereur Henry, fils de Conrad, l'ayant dépossédé de tout ce qu’il tenait dans la Bourgogne, Eudes s’y transporta avec une puissante armée et y exerça d'étranges ravages, puis passa en Allemagne et ensuite en Lorraine où Gothelon, duc du pays, le reçut avec une si brave réso- . Jution qu’il lui Hvra bataille et Le défit avec toute son. armée. Cette bataille fut donnée à Bar en décembre 1038. Eudes, trouvé parmi les morts, fut décapité et sa tête envoyée à l’empereur pour l’assurer et lui donner le contentement de la mort de son ennemi.

Raoul Glaber écrit que son corps ne put être reconnu qu'à une marque qu'il avait au-dessous des parties honteuses et ajoute que ce fut sur lui que Dieu vengea toutes les fourberies, tricheries et iniquités de son trisaieul Thibault. Son corps, racheté par son frère Roger, évêque de Beauvais, fut envoyé à Berthe?, sa veuve, qui le fit honorablement inhumer dans l’église de Marmoutier.

Sous sa principauté et sur la fin de l’épiscopat de Théodoric, la ville de Chartres eut encore le malheur d’être brûlée sans que

. Sa mére et non sa femme.

à Même observation. Confusion provenant de la a neU CR des deux Eudes.

l’église eut été atteinte. On attribua cet incendie à une conjuration secrète des ennemis d'Eudes qui voulaient se venger de lui aux dépens de ses sujets.

6. — Thibault IIT, fils aîné d’Eudes, lui succéda aux comtés de Chartres, Blois et Tours, et Etienne, son cadet, aux comtés de Champagne et Brie. Ces deux frères, ayant refusé de rendre hommage de ces seigneuries au roi Henri [*, et levé les armes contre leur prince seigneur et souverain, celui-ci, pour les punir, donna le comté de Tours à Geoffroi-Martel, comte d'Anjou. Pour les contraindre à rentrer en leur devoir, le roi leur promit de leur rendre le comté de Tours. Geoffroy le voulant conserver, les deux frères lui livrèrent bataille vers l’an 1049 ou 1054. Vaincu et fait prisonnier, Thibault fut mis à rançon et, pour s'acquitter, contraint d'abandonner le comté de Tours au comte d'Anjou victorieux. Thibault alla ensuite faire hommage à l’empereur Frédéric 1° des terres qu'il avait en Haute-Bourgogne, de la succession de Berthe, sa mère', sœur du roi Raoul VI.

7. — Etienne, fils de Thibault III, qui lui succéda au comté de Chartres, fut un grand prince qui suivit Godefroy de Bouillon à la conquête de Jérusalem. Tasse dit de lui qu'il était potente di consilio et pro di mano, aussi l’appelle-t-on le père du conseil, pour sa prudence, le comte pacifique, pour sa bonté, et, pour sa piété, le restaurateur de la Terre-Sainte. Après être demeuré près d’un an dans l’armée chrétienne, il la quitta secrètement pour quelque mécontement, mais y retourna depuis en grande compagnie et fut tué au siège de Rames, en Egypte, en combattant valeureusement les Sarrazins. Il était très riche et possesseur d’autant de châteaux qu'il y avait de jours dans l’année.

De Alix ou Adèle, fille de Guillaume-le-Conquérant, il eut quatre fils : 1) Thibault, qui lui succéda aux comtés de Chartres, Blois et Champagne ; — 2) Etienne, depuis roi d'Angleterre au comté de Boulogne ; — 3) Humbert, — 4) Henri ; nommés

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