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THIBAULT IV

tous quatre dans un titre de l’église de Chartres octroyé par le roi Philippe I en 110$, contenant privilège aux évêques de Chartres pour la franchise et liberté de leurs maisons, dont parle Yves dans quelqu'une de ses Epitres.

8. — Thibault IV, fils d'Etienne, surnommé le Grand, eut de Mathilde ou Mahaud, princesse allemande, onze enfants; cinq filles et six filles : 1) N. mort jeune ; — 2) Henri, comte de Champagne et de Brie; — 3) Thibault, comte de Chartres et de Blois ; — 4) Etienne, comte de Sancerre ; — $) Guillaume, évêque de Chartres, puis archevêque de Sens, et enfin archevêque de Reims, qui sacra Philippe-Auguste, son neveu; — 6) Agnès, femme du comte de Bar; — 7) Marie, femme de Eudes, duc de Bourgogne ; — 8) Elisabeth, mariée au duc de la Pouille ; — 9) Mahaud, au comte du Perche ; — 10) Alix, femme du roi Louisle-Jeune, mère du roi Philippe-Auguste ; — 11) N... femme du comte de Bretagne.

Encore jeune à la mort de son père, Thibault fut mis sous la garde noble de sa mère Adèle et de Hugues, son vicomte, seigneur du Puiset, grand seigneur de la race des comtes de Gâtinais et de Rochefort. Ce vicomte, oubliant son devoir, au lieu de rester fidèle à son pupille, comme tuteur et comme inférieur, ne laissa pas de lui rendre de très mauvais offices en faisant diverses entreprises sur son Etat et en l’incommodant d’une infinité de traverses. La mère se plaignit au roi Louis le Gros des infidélités de ce tuteur, et ce roi, tant pour y donner ordre que pour délibérer sur diverses affaires importantes, assembla son Parlement à Melun où plusieurs prélats qui s’y trouvèrent ne manquèrent pas de joindre leurs plaintes à celles d’Adèle, au sujet de l’insolence du vicomte assez impie pour avoir porté la main sur le vénérable Yves de Chartres, alors décédé, et qui continuait à user de violences sur Geoffroy de Lèves, son successeur, sans tenir compte de sa qualité d'évêque et de son titre de légat du Saint-Siège. Il fut résolu dans cette

1. Aucun comte de Bretagne ne parait avoir épousé une fille de Thibault et les auteurs s'accordent pour lui donner comme sixième fille Marguerite, religieuse,

assemblée que le vicomte de Chartres serait contraint par force de satisfaire à ces plaintes ; et, pour mettre à exécution ce jugement du roi, une armée fut envoyée contre lui qui le prit, sans qu'il se pût défendre, dans son château du Puiset, en Beauce, d’où il fut mené prisonnier à Château-Landon. La paix fut ainsi rendue au pays chartrain délivré de ce tyran qui l'avait incessamment troublé. Adèle et le comte son fils, dans la crainte que le vicomte, venant à sortir de prison, reprit ses violences, firent bâtir un château fort sur les limites des terres du vicomte. Le roi, averti de ce fait, pretendant qu’il était élevé sur ses terres et non sur celles du comte, donna ordre de le faire abattre, ce qui ne fut pas exécuté et fit naitre entre ces princes une grande haine qui engendra une très longue guerre.

Le comte Thibault eut l’insolence d’appeler le roi en duel, jusque-là qu’un gentilhomme nomme André de Bordereuse s’offrit d'entrer au combat pour le comte son maitre et que Anselme de Garlande, grand maïtre de France se présenta pour soutenir le parti du roi. Les seigneurs de la Cour trouvant cet appel insolent et déraisonnable de la part d’un vassal à son souverain, blâmèrent et empêchèrent ce combat. Le roi, pour se venger de ce mépris d'autorité, envoya une armée sur les terres du comte qui se mit en devoir de résister, alla au-devant des troupes de sa Majesté, accompagné de son vicomte, délivré de prison et remis en sa grâce. Le choc des deux armées se produisit près du Puiset et la victoire resta au comte, Irrité au plus haut point, le roi était résolu à ruiner son ennemi de fond en comble, mais Thibault, afin de prévenir ce désordre, se soumit au roi dont il obtint le pardon, et le vicomte du Puiset fut banni du royaume.

Cet accommodement ne fut pas de longue durée. Louis le Gros ayant appris que Thibault l’avait trompé; que, au lieu de se retirer à Chartres pour y vivre paisiblement, comme il s’y était obligé, 1l était allé en Normandie pour implorer le secours du roi d'Angleterre, son.oncle, s’achemina en hâte sur Chartres avec son armée et prit la ville, qu'il lui rendit néanmoins, le comte ayant de grands amis en cour et ayant fait entendre au roi qu'il était allé vers son oncle pour lui rendre visite et non pas pour mettre quoi que ce soit

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