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RAM =LOFFICE"DES DRUIDES EN- CE QUI CONCERNE LES SACRIFICES

Il a déjà été remarqué que les Druides avaient l’intendance et la charge des sacrifices dans la Gaule, César, Diodore et Strabon le témoignent. Diodore dit que c'était la coutume de la Gaule qu'il ne s’y fasse aucun sacrifice sans l’assistance des philosophes, c'est-à-dire des Druides, persuadés qu'ils étaient qu'ils ne pouvaient être faits que par ceux qui ont une particulière connaissance de la nature divine, qui savent parler le langage des dieux, estimant que seuls les Druides pouvaient faire les actions de grâce, sortes de sacrifices gratulatoires qui ne doivent être offerts aux dieux que par des personnes qui leur sont agréables, et qu'eux seuls pouvaient demander aux dieux les grâces et les autres biens désirables.

Diodore veut que par philosophes on entende les Druides, comme le veut aussi Strabon ; Lucain lui-même le leur attribue, comme Tacite, qui, au XIV® livre de ses Annales, leur fait faire le

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même office dans la guerre que les Romains eurent contre les Bretons ; Pline le confirme au dernier chapitre du XVII livre et Aurelius Victor en la Vie de Claudius.

Les Druides ne faisaient aucun sacrifice sans y employer le chêne dont ils couronnaient les victimes, comme le remarque Pline au lieu cité, et, dans tous les sacrifices qu'ils faisaient pour éviter quelque péril, ils immolaient des victimes humaines. César le rapporte et en donne ce motif qu'ils croyaient que les dieux ne pouvaient être apaisés par les hommes si leurs vies n’étaient rachetées au dépens des vies d’autres humains, que pour la vie d’un homme il fallait donner la vie d’un autre homme et que des sacrifices publics étaient institués pour cela. Plusieurs auteurs grecs et latins parlent de la coutume des Gaulois de sacrifier des hommes : Cicéron en son oraison pro F'ronteio ; Strabon au livre IV ; Maraillus Lesbius, dans Eusèbe, livre IV, de la Préparation évangélique, chap. vi; Diodore, livre V ; Lucain, livre I; Senèque, in Sat. ; Claudius Pomponius Mela, livre III, ch. 11; Pline le jeune, livre VIT, chap. nr et livre XXX, chap. 1°; Justin, livre XX VIT; Plutarque, ivre de La Superstition; Selinus, chap. xxiv ; Aurelius Victor en la Vie de l’empereur Claude, livre VIT, chap. x1x. Ces sacrifices se faisaient principalement à Mercure qu'ils appelaient « Theutates » comme témoigne Lucain au lieu cité, Tertullien en son Apologétique, chap. 1x; Minutius Felix en son Octavius où il dit que les Gaulois sacrifiaient des victimes humaines ou plutôt inhumaines. Un critique pense que l’auteur eût mieux dit s’il avait mis que les Gaulois inhumains sacrifiaient des victimes humaines, mais ce critique se trompe en plusieurs manières: premièrement parce que Minutius n’eût jamais appelé les Gaulois inhumains, tous les anciens leur ayant toujours donné la louange d’être très humains ; secondement il ôte à Minutius un double ornement qui donne de la lumière et de la grâce à son discours, le premier la correction en appelant inhumains les sacrifices que l’on fait des hommes, l’autre est la double entente de logique, car on peut douter si le mot humain signifie en cet endroit des hosties convenables aux hommes ou plutôt contraires aux hommes. Un autre critique, choqué de cette expression « ou plutôt inhumaines » l’en a retranchée. Lactance

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(livre I, chap. xx1) dit que les Gaulois immolaient des hommes non seulement à Mercure, mais aussi à Mars et Junon. Cette coutume de sacrifier des hommes ne doit pas donner de la honte aux Gaulois, parce qu’elle était commune aux peuples de toute la terre. Tacite le témoigne des anciens Allemands, disant qu'ils sacrifiaient des hommes à Mercure; et Porphyre, livre IT de Jilicita commixtione animalium dit la même chose des Rhodiens, Salaminiens, Heliopolites, Hérodiens, de ceux de lile de Chio, de Ténédos, des Lacédémoniens, des Phéniciéns, des Curettes, des Laodicéens, des Lyciens, des Syriens, des Carthaginois, de quelques peuples d'Arabie, des Thraces, des Scythes, des Allemands, et généralement de tous les peuples de la Grèce ; et c’est d’après Porphyre qu'Eusèbe en parle en son livre de la Préparation évangélique, livre IV, chap. vi ; Théodoret, livre VII, dit la même chose des Grecs ; Clément d'Alexandrie dans le Protrepticon, 7, ajoute les Péléens de la Thessalie, les Levestres, les Crétois ou Candiens, les Lesbiens, les Phocéens; Quinte-Curce, livre IV, ajoute que les Tyriens avaient autrefois coutume de sacrifier un jeune homme de condition libre à leur dieu Saturne, mais l’auteur appelle cela un sacrilège plutôt qu'un sacrifice. Il fut proposé de le faire lorsque Alexandre assiégeait leur ville, mais les vieillards, par le conseil desquels les affaires des Tyriens étaient gouvernées les en empêchèrent. Tite-Live, livre IIT, met aussi au nombre des peuples qui sacrifiaient des hommes les Tarquiniens, peuple de la Toscane; livre VIT, les Angles et les Cubites. Strabon, livre IV, Procope, et quelques autres y ajoutent ceux d'Arles en Gaule. Paul-Emile en ses Annales de France, Dionisius en son I‘ livre des Origines, y ajoutent les Thyrréniens qui ont été les premiers auteurs des peuples d'Italie et des Romains. Le même auteur met aussi au nombre de ceux qui ont sacrifié des hommes les Ibériens et les Espagnols. L'Écriture Sainte elle-même nous apprend que les peuples de la Palestine et les Juifs sacrifiaient leurs enfants à l’idole de Moloch (Lévitique, chap. vis et xx) ; et au Deutéronome, chap. xu1 sur la fin : Jephté aussi immola sa fille unique au vrai Dieu; même au livre des Juges, chap. x1, que le roi des Moabites lui immola aussi son fils aîné. |

Les Romains, seigneurs du monde, ne se sont pas abstenus de pareils sacrifices, tel l’homme qu'ils avaient coutume de sacrifier à Jupiter devant les Portes Latines situées au milieu de la ville, en la place où les Romains tenaient leur grand marché, ce qui en est un grand témoignage, comme le rapporte Porphyre au lieu ci-devant cité. Tatien, en son apologie pour les barbares; Lactance, livre 1°", chap. xx1; saint Athanase, dans son apologie contre les gentils ; ces deux derniers le racontent comme si, alors, elle ne se faisait plus, soit au temps de l’empereur Constantin. Au regard de Porphyre, il en parle comme si, de son temps, l’on faisait encore cette sorte de sacrifice. Tertullien aussi, en son livre contre les gnostiques, et Tatianus, Minutius Félix, Théophile, au livre qu'il a écrit à Anthelicus contre ceux qui blàment la religion chrétienne, livre [®, Prudence contre Symniacus, livre IT. Témoin encore le gaulois et la gauloise, le grec et la grecque que les Romains sacrifièrent à Rome au marché aux ventes dans la crainte qu’ils eurent de la seconde guerre contre les Carthaginois qui les défirent à Cannes vis |

Comme l'écrit Tite-Live au XXITI® livre de son Histoire de l’empereur Héliogabale, et Plutarque en la 83° des Questions romaines, c'est une histoire commune et qui se justifie, puisque les Romains eux-mêmes ont sacrifié des victimes inhumaines ; que Caïus Marius immola sa propre fille; que Magalus, comme on le voit dans Ælius Lampridius, sacrifia de pareilles victimes; mais cette coutume impie, comme le remarque Pomponius Mela, ne se pratiquait plus dans les Gaules de son temps et du temps de l’empereur Claude. Dionisius, qui a écrit du temps d’Auguste, rapporte que ces sacrifices se faisaient encore dans les Gaules après le temps de lPempereur Claude, et que du temps de l’empereur Adrien ces sacrifices sacrilèges furent abolis presque par tout l’empire romain, comme l'écrit Porphyre au livre IT où il traite qu’il ne faut pas manger des animaux, quoique Lactance, au chapitre n du livre I°, dise qu'à Bâle on cessa de faire ces sacrifices lorsque Trophime, disciple de saint Paul, son évèque, porta devant son peuple, qui voulait continuer ces sacrifices, l’image de la croix sur laquelle Jésus-Christ avait souffert la mort.

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