NOTICE BIO-BIBLIOGRAPHIQUE XI
titre de Recherches sur l’histoire de Chartres, dont nous connaissons six exemplaires.
Cinq sont conservés à la Bibliothèque municipale de Chartres sous les numéros 1318, 1076, 1074, 1518 et 1140. Le sixième porte le n° 14583 du fonds français à la Bibliothèque Nationale.
Le n° 1318 provient de la vente Lecoq et comprend la liste des évêques jusqu'à M. Godet des Marais; le n° 1076, acquis par la Bibliothèque municipale à la vente Lejeune, porte l’ex libris de Janvier de Flainville, mentionne l’évêque de Monstiers de Merinville et contient quelques additions ; le n° 1074, cédé par M. Roux à la Bibliothèque, porte cette mention : « exemplaire de l'abbé de Ternay, chanoine, passé dans le cabinet de l’abbé Capmartin de Champy, à la vente duquel (octobre 1798) M. Hérisson le paya 69 livres; le n° 1140, copie de l'historien Chevard, provient du cabinet Lejeune; le n° 1518, du fonds Roux, provenait encore de la vente Hérisson, c’est une copie faite par Bizard, écrivain, pour le compte de Doyen; enfin le n° 14583 de la Nationale paraît être de la même main que le 1318 que nous croyons le prototype des autres. Nous n'avons pu connaître sa provenance.
Aucun de ces manuscrits n’est autographe. Le plus ancien relate l’épiscopat de l’évêque Godet des Marais (1692-1710), alors que Pauteur est mort en 16078.
Voici l’acte de son décès relevé dans les registres de tolte de la paroisse Saint-Aïgnan :
Le mardy septième jour de juin mil six cent soixante et dix-huit a été enterré dans l’église de céans M. Charles Challine, âgé de quatre-vingtdeux ans, vivant advocat du roi au bailliage et siège présidial de Chartres, en présence de Christophe le Maréchal, écuier, seigneur du Theïlleul, et de Charles Janvier, seigneur du Perron, qui ont signé ces présentes.
Qu’est devenu le manuscrit original, que dom Liron dit conservé par M. Challine!, conseiller ? Malgré toutes nos recherches nous n'avons pu le découvrir.
1. Louis Challine (1676-1751), époux en 1703 de Marie Janvier, petit-neveu de lPauteur.
x11 CHARLES CHALLINE (1596-1678)
Challine se proposait de publier son travail une fois achevé, il le dit dans sa Préface, s’excusant de n’avoir pu exécuter son projet parce qu'il n'avait pas recu de ses concitoyens l’aide qu'il avait implorée dans son Panégyrique. Parvenu à un âge avancé, il fait allusion à Souchet, décédé subitement au moment où il allait faire imprimer son œuvre, et exprime le regret de la voir ainsi perdue pour le public. S'il avait jugé son manuscrit au point, il aurait vraisemblablement pris ses dispositions en vue de son impression afin d’éviter pareil inconvénient au public.
L'auteur n’y avait-pas mis la dernière main, attendu que le programme qu'il s'était tracé n’est pas rempli. De nombreuses redites, des fins de chapitres non reliées au texte qui les précède, prouvent que Challine, érudit et appliqué comme on nous le représente, n'avait pas trouvé son ouvrage assez parfait pour le divulguer à ses concitoyens.
Lecoq, auquel appartenait le manuscrit que nous avons transcrit, après avoir mentionné la prière insérée dans le Panégyrique, dans sa préface à l’Histoire du Diocèse de Souchet, page v, avance bien légèrement : « Soit qu'on n'eut pas répondu à l'invitation de « Charles Challine, selon son attente, ou que l’ouvrage que Sou- « chet élaborait sur ce même sujet l’eut effrayé, 1l transmit son « œuvre commencée à son fils qui la continua; elle est restée « manuscrite. » Si Lecoq avait pris la peine de lire seulement la Préface de Challine, il aurait vu que celui-ci, loin de redouter la publication de l’œuvre de Souchet, la souhaitait ardemment. Le surplus de ses allégations tombe de soi-même, le seul fils de Challine qui ait atteint l’âge d'homme, Pierre Challine, ayant été tué à l’âge de 31 ans, en 1669, neuf ans avant la mort de son père.
Il est probable que ce manuscrit était resté à l’état de notes et que, par piété filiale et par suite d’une collaboration rendue nécessaire par le grand âge de son père, Marie-Madeleine, qui lui a survécu trente et un ans et avait passé sa vie dans son intimité, à réuni ces notes et les a dictées ou écrites en les complétant parfois d’une façon maladroite.
L'orthographe, ‘entièrement phonétique, de ce manuscrit, la recherche de certaines expressions, dénotent l'intervention d'un