MANIÈRE D'HONORER DIEU
dénommées par la nuit, en quoi ils font bien, parce qu'avant la création du monde il n'y avait que des ténèbres sur la face des abimes, et c’est pour cela que, dans l’Écriture, il est dit que du soir et du matin il fut fait un jour, c’est-à-dire qu'après que le ciel et la terre furent créés il n’y avait qu’une nuit. L'Église observe encore cette coutume, commençant à solemniser les fêtes par les vêpres.
Les Druides appelaient aussi Dieu du nom de Mithra, comme cela se voit dans l'inscription trouvée dans un faubourg de Dijon, en 1578, dans le tombeau de Chindonax, prince des Druides. Le même Dieu s'appelait aussi en langue gauloise Belenus, comme le remarque Scaliger (sur Ausone), autrement Abelie comme on le voit en quelques anciens mémoires. On le nommait encore Tibilène (Tertullien) et ses ministres et ses prêtres étaient appelés Patères.
Ils avaient un autre Dieu qu'ils appelaient Hesus en la langue du pays, c'était Mars qui présidait à la guerre et donnait les victoires, et l’on peut croire avec raison que c'était son image qui fut trouvée il y a plus de cent ans au monastère de Saint-Germain-des- Prés à Paris, qu'un religieux de ce monastère, dans le livre qu'il a fait des antiquités de Paris, appelle Arès.
Les Gaulois, qui sont proches du Rhin, donnent ce nom au mardi, et il est encore à remarquer qu'entre les dieux qu’on pouvait instituer héritiers c'était au dieu Mars qu'il était permis dans les Gaules de donner son bien (Ulpien, titre 22, qui heredes institui possunt).
Ils adoraient aussi le dieu Taranis ou Jupiter tonnant, qu'ils estimaient être l’empereur du ciel, étant maître du tonnerre, dont le nom est encore en usage parmi les Gaulois du Rhin.
Ce n’est pas mal à propos que Cluvier remarque que ces trois dieux n'étaient qu’un seul dieu, auquel, selon les diverses choses admirables au ciel, en l'air et à la terre, ils donnaient trois noms différents, ce qui nous représente une figure de la Trinité. Ils appelaient aussi leurs dieux sauveurs et libérateurs, principalement lorsqu'il s'agissait des morts et de leurs sépultures, comme cela se voit encore dans l'inscription qui était sur le tombeau de Chindonax, prince des Druides, ci-devant rapportée.
Ils s’appliquaient à connaître quelle devait être la fortune des personnes, par l'observation de la disposition des astres à leur nativité, par la raison commune aux astrologues qui croient que les astres ont beaucoup de vertu sur l’enfant nouvellement né.
Ils commencçaient leurs années et leurs mois; non pas comme les autres peuples par les signes célestes, ni par la 1" lune, mais à la 6° lune. On n’en trouve pas la raison dans les auteurs et il est malaisé de la dire.
Is bâtissaient et dédiaient leurs villes selon les règles de l’astrologie, comme on le remarque dans Grégoire de Tours, qui, au sujet de la ville de Paris, dit que, tant que certaines figures astrologiques y furent conservées, on n’y vit arriver aucun incendie, aucun rat, ni aucun serpent, voulant dire que cette ville avait été autrefois consacrée afin qu'aucun incendie, aucun serpent ni aucun rat ne l’incommodassent, que depuis un serpent et un rat d’airain, qu'on y avait trouvés en nettoyant l'égout d’un pont, ayant été emportés, rompus ou négligés, l’on vit dans la ville plusieurs rats et plusieurs serpents et qu’elle fut affligée de plusieurs embrasements.
On peut conclure de là qu'il est certain que les Druides avaient coutume de se servir de figures astrologiques, telles que celles que les mathématiciens arabes appellent talismans, comme on le voit en plusieurs épitres de Scaliger le fils, qui remarque qu’un pareil talisman avait longtemps préservé la ville de Hamp, dans laquelle on ne voyait ni serpents ni scorpions, et que ceux qu’on y appelait mouraient incontinent, parce que, en une des tours de cette ville, se trouvait une figure de scorpion faite au lever de ce signe où lorsqu'il était au milieu du ciel. Ptolémée parle de ces figures mathématiques dans son catalogue et Marsile Ficin, en son traité De vita cœlitus acquirenda, où il dit que la figure d’un scorpion, faite sous le signe du Scorpion, avait en un moment guéri une personne qui avait été mordue d’un scorpion. Au même lieu il donne l’instruction pour faire un talisman qui guérit de la peste. Condan et Scaliger disputent ensemble pour savoir si Les figures astrologiques