OBSERVATIONS SUR LES REMARQUES
nauté, que Ammien Marcellin les nomme drusidas et non pas druidas. Il ÿ a dans Marcellin droidas et le frère Valois croit qu’il faut dricidas pour signifier druidas, que dans Paul il y a drucidas et dans Aurelus Victor drucidarum.
Je puis ajouter que le sieur des Hayes, au livre qu'il a fait de son voyage, rapporte qu'il y a des peuples qui demeurent dans lanti-Liban qui s'appellent Druses et se disent descendus de Français. On peut croire qu’il a voulu dire des Gaulois et aussi que les Druses étaient venus des Druides qui s'étaient retirés en ces pays-là lorsque lés empereurs romains les chassèrent de Rome et des Gaules, ou même lorsqu'ils leur défendirent de faire profession de leur doctrine et en voulurent abolir toute la discipline.
Rouillard traite aussi de leur langue et de la langue des Gaulois, et soutient qu'ils en avaient une toute particulière et que Jules César, ou celui qui est l’auteur des Commentaires qu'on lui attribue, le témoigne lorsqu'il dit que ceux que les Romains appelaient Gaulois se nommaient Celtes en leur langue naturelle, et qu'ils en avaient une différente de la latine; il dit même qu'il députa vers Arioviste Valerius Proculus, parce qu’il avait grande connaissance de la langue gauloise. Suétone aussi témoigne que Caligula contraignit les Gaulois de contrefaire la langue allemande, afin de les mener en triomphe comme sil eût subjugué les Allemands; et Ulpien en sa loi 11, in prima de legatis, dit qu'on pouvait tester et faire des fidéicommis en toutes langues et non seulement en langue latine et en langue grecque, mais aussi en langue punique ou carthaginoïse et en langue gauloise; ce qui témoigne que les Gaulois avaient une langue particubère qui leur était propre.
Saint [rénée, en la préface du livre qu’il a écrit contre les hérétiques, dit qu’il ne faut pas chercher de l'élégance en ceux qui, le plus souvent, au lieu de parler grec, sont contraints de parler la langue gauloise. Sidonius Apollinarius (liv. III, épitre 3), Pacatus, en son Panégyrique de l’empereur Théodose, Sévère Sulpice, en la Vie de saint Martin, et autres rapportés par Savaron sur l'épitre de Sidonius Apollinarius, dont il est à croire que Rouillard a pris ce qu'il rapporte sur ce sujet, disent que trépetias en langue gauloise signifie certaines petites selles à trois pieds que l’on appelle trépieds.