LA CAVERNE AVANT LA FOUILLE
deux. Cela fait, il n'aura pas été non plus très-facile de mouvoir et de mettre en place ces blocs de granit, dont le moindre pèse environ 2000 kilog.
La face de ces blocs qui regarde l'intérieur de la grotte, est brute. On ne les a donc taillés qu'aux places où ce travail était nécessaire, et à l’extérieur. Sans doute cette opération était difficile , parce que l'on disposait d'outils imparfaits. Les instruments employés pour la taille des pierres aux époques les plus reculées ont été la pointe (t&toç) et une sorte de hache à deux tranchants (r.O&tvç,), analogue à notre marteline. Ils ont dû suffire à la construction de cet édifice 4.
Sauf aux places où le toit s’appuie* les parois de la grotte ne portent presque pas trace du travail des hommes. Seule, une pierre triangulaire a été encastrée dans une petite brèche ; peut-être aussi quelques aspérités du granit ont été enlevées, mais il n’a été nulle part ni poli ni strié par une pointe.
Le toit soutenait une quantité considérable de blocs de granit; ils ne portent aucune trace de main d’œuvre. On en rencontre de pareils sur le Cynthe 1 2 * * 5, près de la
1 La gravure que nous publions, et qui est due aux dessins
de M. Burnouf donne une idée tout-à-fait exacte delà caverne.
Les pierres du toit sont pourtant un peu plus frustes qu’elles
ne paraissent sur ces planches.
5 La partie supérieure du Cynthe est formée de granits gris auxquels l’atmosphère donne une teinte fauve. Cette pierre, qui n’est pas très-dure, présente beaucoup d’arêtes, de surfaces arrondies, de cavités naturelles. Dans les parties moins hautes, la roche est un schiste micacé, d’un brun jaunâtre, divisé en couches minces, dont le plan est parfois presque vertical. (Terrier, Mém. inéd.)
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caverne. Il a donc suffi de les rouler et de les amonceler sur le toit. Quelques-uns mesurent près d’un mètre cube. Une grande partie de ces blocs s’est depuis longtemps écroulée dans la grotte et aux environs. Entre ceux qui sont restés à leur place et le toit, s’étend une couche épaisse de petites pierres et de chaux. J’ai peine à croire qu’elle date de la construction primitive. Si on l’a introduite plus tard, il aura fallu déplacer les blocs cyclopéens qui s’étageaient au-dessus et les remettre ensuite. Cette couche de petites pierres et de chaux protégeait la grotte contre la pluie ; cet amoncellement de blocs de granit roulés, sans symétrie sur le toit qu’ils semblent écraser, faisait ressembler ce monument plutôt à une caverne naturelle qu’à un édifice construit par la main des hommes.
La face occidentale du toit, à peu près dégrossie, porte, sur le côté sud, plusieurs longues lignes droites creusées dans le granit. Nous en reparlerons.
Du sable, des pierres, des fragments de marbre remplissaient presque la caverne 1 avant notre fouille.
§ III. Le bassin de marbre et le mur de soutènement.
Au delà de cet édifice, les deux murs naturels s’écartent brusquement et continuent à descendre contre le flanc de la montagne, sur une longueur d’environ huit mètres. Cet espace était comblé par des alluvions et des blocs de granit tombés du toit, et le sol s’abaissait
Il y avait 1m 10 entre le sol de la grotte et la base du toit.