LE BASSIN DE MARBRE
en pente douce jusqu'à une petite construction circulaire, située à sept mètres de la caverne.
Cette construction est en marbre, d'un travail assez grossier, qui sembla accuser une époque de décadence1. C’est une sorte de bassin, brisé aujourd'hui en deux morceaux, mais qui était fait autrefois d’un seul cylindre de marbre creusé. La partie inférieure du bassin, peu épaisse, est enlevée, sauf en un endroit qui m’a permis 1° de constater que cet appareil avait la forme d’une cuve ; 2° d’en mesurer la profondeur 2. La partie centrale du fond a complètement disparu.
Un des deux morceaux de ce bassin restait en place sur des blocs de granit disposés en cercle. Je les ai fait déblayer immédiatement. Ils sont établis sur la terre durcie du sol primitif. Si le bassin reposait autrefois à plat sur ce cercle, il n’y adhérait que par son poids. Les rebords seuls ont été polis à l'extérieur. Ni l'intérieur, ni le dessous de l’appareil ne sont dégrossis ; sans doute il était en partie caché par une feuille métallique ou par un instrument qu'il soutenait. La circonférence de son rebord intérieur est divisée, à intervalles égaux, par trois crans où se sont enfoncés des supports.
Ces cavités à angles droits, peu profondes, n’ont guère pu recevoir que des tringles en métal. Quel appareil ont-elles supporté? On ne peut le savoir encore. Concluons seulement : 1° que ce bassin de marbre était une base : 2° que cette base a soutenu un instrument qui s’y enfonçait par trois crans, sans doute métalliques, placés avec symétrie.
1 Diamètre, 1 m 80; épaisseur des rebords, 0m37.
s Creux : 1m06 de diamètre; 0m25 de profondeur.
DÉLOS
Un peu au delà de cet appareil, parallèlement à rentrée de la grotte, se trouve un mur de soutènement, en grosses pierres à peine dépolies, isodome, du quatrième siècle, je crois, ou du cinquième avant Jésus-Christ. Il se prolonge en droite ligne pendant quinze mètres ; puis, au nord, il dessine une petite enceinte rectangulaire, coupée elle-même par un mur, et remonte vers la grotte. Au sud, il rejoint un escalier de treize marches que nous avons déblayé. Cet escalier est en partie creusé dans le roc et formé en partie de pierres rapportées. Il communique àune voie ancienne, qui descend jusqu’au pied de la montagne. Cette voie menait donc à l’escalier, et Uescalier à la surface d’unpéribole ou téménos, délimité par le mur autour de la caverne U
Le sommet du mur isodome est au niveau du sol de Uenceinte, qui forme une terrasse de 2 m. 15 de hauteur. Ne s’est-il pas élevé plus haut? Beaucoup de blocs de marbre, cubiques, assez mal taillés, ont roulé en face jusqu’au pied du Cynthe; mais ils paraissent moins anciens que le mur.
Assez large au pied du téméno s, la voie sacrée n'a pas ensuite plus de quatre mètres, et, à deux places? des rochers en saillie la rétrécissent encore; aussi les chars n’y pouvaient-ils monter. Elle longe, sur sa droite, un grand monument en pierre, dont on devra déblayer les fondations 1 2. Elle se perd, au pied du Cynthe, dans
1 Vers le sud on ne retrouve plus trace du mur, mais le rocher porte quelques entailles qui marquent la place soit de l’enceinte, soit de statues ou de stèles.
2 A Délos presque tous les autres édifices sont en marbre. Ce n’est pas le hasard qui a fait construire près du vieux tem-