‹ Recherches sur DélosChapitre 22 sur 81 · LE XA'EMA · texte numérisé non relu

LE XA'EMA

nature, elle représentait un dieu adolescent. Nullement archaïque, d’un très-beau travail, elle n’est ni antérieure au siècle de Périclès ni postérieure au siècle d'Hadrien. On ne connaîtrait que les débris de la statue, sans savoir à quelle place ils ont été enlevés, que l'on n'arriverait pas à d’autres conclusions.

La déchirure, profonde de plus de deux mètres, qui occupe en superficie près d'un quart du temple, est certainement un x^a. C'est un ravin qui se creuse dans une caverne . Les débris que nous avons trouvés jusqu’au fond ont prouvé qu'il était autrefois béant. Il était humide, mais l'eau qu’il a pu contenir n'avait pas d’écoulement au dehors.

Ces ypiapma se rencontraient dans les plus vieux sanctuaires, et surtout dans ces temples-oracles autrefois habités par les dieux fils de la terre, que remplaça presque toujours Phœbus-Apollon. De ces s’échappaient soit des vapeurs, soit quelque source. L'eau inspire aux dieux et aux hommes la connaissance de l’avenir.

Le de l'antre d'Apollon Glarien contient dans

ses profondeurs une source révélatrice l. L’oracle des nymphes Sphragitides, sur le Cithéron, est une caverne d'où sort une source 2. Du x^'aya creusé dans l’antre de Trophonius s’exhalent des vapeurs humides 3. L'oracle

1 La prêtresse respire la vapeur exhalée de la source. (Jambl. De my s ter iis, p. 74.

2 Plut., Aristid., 19.— PauS., IX, 3,5,

r> Paus., IX, 39 et 40.

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de la Terre, enElide1, est devant une ouverture souterraine (arofxtov). La sibylle de Gumes 2 habite une caverne aux profondeurs humides; et, à Lilybée3, le puits de la Sibylle est un de quelques pieds, à moitié rempli d’eau, dans une caverne. Enfin, l’oracle de Delphes possède son adyton cyclopéen, bâti par Agamède et Trophonius, et son ydc[iy. humide 4, son d'où sort le souffie prophétique. Plusieurs de ces « gouffres » n’étaient guère plus vastes que le yda^y de Délos. Le puits de la Sibylle, à Lilybée, est même plus petit. Celui de Delphes, au-dessus duquel on établissait le trépied, n’avait pas un bien large orifice.

Enfin, le yda^y que Lucien vit dans le temple de Hiérapolis, et qui, suivant la tradition populaire, avait englouti les eaux du déluge, était fort petit. — La déchirure qui creuse le sol dans la caverne du Cynthe est donc un yjapoi. Les fragments d’hydries 5 que nous y

1 Paus., Eliac ., V, 14, 8. Près de cet oracle est le temple de Thémis. C’est probablement un oracle primitif dans lequel Apollon n’est pas venu remplacer les vieilles divinités.

2 Tzetzès, Ad. Lycophr ., 1278.

3 Alexandre, Oracula sibyllina , éd. Didot, 1856, t. II, p. 71 » et suiv.

4 Cf. Diodore, apudSchol. Aristoph., Plutus , 9 ; ( Schol . Arist. éd. Didot, p. 543) : ô'vxo; yotp /id(ju.aTOç èv xouxcp tô> xo'tuo xa0’&v tjv xà àouxov, etc. — Suivant Xiphilin [Ex. Dion, lïbr., 63, 721). Néron, pour enlever à l’oracle sa vertu, égorgea des hommes : èç t6 axo'jxtov è£ ou zo tepèv 'jrveüpt.a àv/i'et. Cette ouverture fut murée par Néron, suivant Lucien. [In Ner., 10.)

5 AïHÉN., VIII, 331 . F. (Semus, 1. VIII.) ’AOrivaîoiç, OuojiivoiS

èv xr^v jçépviêa ô Troc ïç Trpoxvfvsyxe xal x^j cptâAfl jasxoc xoü uoaxoc;

lyQbs xaxé^eev. Elitsïv oùv aùxoïç xoùç xu>v AtqTvÉwv piàvxsiç, 10; xupisôaôuac, xr|C

Oa^âsjïiç. — J e n’affirmerai pas que cette eau ait été puisée dans

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