‹ Recherches sur DélosChapitre 5 sur 81 · Orac. Sib., L. IV, 92; VII, 4; VIII · texte numérisé non relu

Orac. Sib., L. IV, 92; VII, 4; VIII

3 On rencontre la sibylle érythréenne surtout en Troade, en Ionie, en Lycie. Elle vient à Délos, à Delphes et à Cumes en Italie.

4 ffymn. hom. in Del., v. 156 et suiv.

5 Thés. gr. ed. Dind., ad verb.

6 POLL., Onom., A. 38. iscwç ’ApTspiiSoç u jxvoç O'j-tyy oç, 'Air oTAgovo? ô iraiocv, à|j.^0Tspwv irpoadSia.

7 Pindare composa pour Délos un tokocv TcposoSiaxdç, qui parait avoir été destiné aux habitants de Céos. Les prosodies étaient

DELOS

tel d’Apollon *, et aussi des prosodies qui retentissaient avant les fêtes sacrées, au débarquement des Théories ou même pendant leur voyage 2. — Des hymnes èmdzï/'LY.o( et dnoneu.TczLYoi célébraient les absences (dnoiïrjp.tx'.) et les retours périodiques des dieux. Or, Thiver, Apollon quittait sa ville sainte qu’il revoyait au mois de Thargelion ; aussi entonnait-on dans l’île, à ces époques fixes, les cantiques du départ et du retour3. C'est au printemps surtout que ces chants étaient variés; strophes lyriques, vers hexamètres, vers élégiaques, toutes les différentes formes de poésie furent employées. Plusieurs d’entre elles portent des noms qu’on ne retrouve pas ailleurs. Les chœurs envoyés par les Cyclades se nomment p vaux 4; quand des

accompagnées par le chant des flûtes : Cf. Schol. aclistlim ., I, Pindare, Bœchh , part. II, t. II, p. 586.

1 Alfred Maury, Histoire des religions de la Grèce antique , Paris, Ladrange, 1857, t. II, p. 133. — Eurip., Herc. Fur. 688 et suiv. — Théo(xNIS,Po^. lyr. gr . éd. Bergk, Leipsig, 1866, t. II, p. 482. — Les Pæans doivent leur nom à l’ancien dieu delà médecine Pæeon ; ils s’adressent surtout à l’Apollon secourable, guérisseur des hommes, et, dans les combats, sauveur de qui l'invoque. Il est chanté par tous les Grecs sans distinction de race, avant les sacrifices et les batailles.

2 De là le proverbe : àSsiç wairsp eiç Ar,7ov ttXémv : tu chantes comme si tu allais à Délos ; tu passes agréablement ta vie. Cf. Zénob., 2, 37 ; Diogenian., 1 , 22 ; Suid., I, 21

3 Preller, Grieschische Mythologie, Berlin, 1861, 1. 1, p. 190, 191. On chantait à Délos, à Delphes, -à Milet, à Métaponte des hymnes sur l’arrivée et sur le départ d’Apollon. Cf. Callim., H. in Ap. v. 13 éd. Spanheim, Schol. de Ménandre le rhéteur.

h Parapli. d’Eustathe , Geogr. min. Didot II, 416 — Comment. d'Eustatlie, id. p. 317, 318, 320. — Denys, Orbis descriptio, v. 525-530.

TÉMOIGNAGES ANCIENS

cérémonies instituées, dit-on, par Thésée, se célébraient en souvenir du héros ionien une danse appelée yepavov imitait ses allées et ses venues dans le labyrinthe; elle était réglée par le son des instruments ou par celui de chansons appelées hyporchèmes 1 2. Les danses si variées des jeunes filles déliennes 3 étaient accompagnées de musique et de chants spéciaux qui sont aujourd’hui perdus.

On ne peut savoir à quelle date ces différentes poésies ont été chantées pour la première fois, ni quels en furent les auteurs.

Passons aux temps historiques. Le plus ancien hymne délien qui nous soit resté, est l’hymne de l’Homéride de Chios en l’honneur d'Apollon. C’est probablement un prélude, un chant de fête qui précédait les jeux et les cantiques consacrés. Suivant Thucydide, Homère en est l’auteur; nous lisons ailleurs que cet hymne est l’œuvre de Cynæthus de Chios. Cynæthus, suivant Hippostrate, date environ de la 69° olympiade. L’auteur de ce morceau, écrit dans un style plus moderne que celui de l’Odyssée, est certainement plus ancien que Cynæthus; car Cynæthus vivait moins d'un siècle avant Thucydide, et Thucydide était un critique trop bien informé pour attribuer à Homère l’œuvre d'un

1 Poll., Onom. répavov, ailleurs yspavoç. — On pense que cette marche de Thésée dans le labyrinthe rappelait celle du soleil dans le ciel.

2 Lucien, De la danse , 1 6.

3 Homère, H. in Ap. Del ., 155 et suiv. — Les danses des jeunes filles déliennes imitaient les voyages et les douleurs de Latone, et les courses de Pile errante, mais à une époque probablement postérieure à l’âge homérique.

DÉLOS

moderne, presque d'un contemporain. Peut-être l’hymne composé vers la fin des temps homériques, a-t-il été remanié en dernier lieu par Cynæthus : car tous les vers de cette poésie n'appartiennent pas à la même époque l.

Quand les Messéniens envoyèrent leur première Théorie à Délos, Eumélus leur composa une prosodie (aa^«

Tcpoaodiov) 2-

Alcée a composé des Pæans 3; l’on connaît l’argument de l’un d’eux, qui célébrait moins la naissance d’Apollon que ses voyages à la fontaine de Gastalie et au pays des Iïyperboréens 4. Ce pæan dut être chanté à Delphes. Alcée a composé aussi un prooemion, probablement aussi pour Delphes 5 *.

Stésichore aussi composa un pæan (i; fut-il destiné à Délos? On l’ignore.

Nous n’en savons pas plus long sur les hymnes de Télésilla chantés en l'honneur d’Apollon 7.

Simonide8 fit un pæan pour Apollon pythien, et

1 Yoir pour plus de détails Baumeister, Hymni Iïomerici Teubner, Leipsig, 1860. in præfat. — Une tradition veut qu’Homère ait chanté à Délos en même temps qu’Hésiode. Schol. Pind. nem ., Il, 1.

2 Poet. lyr. gr., éd. cit ., t. III, page 811. — Paus., IV, 4, 1 ; VI, 33, 3; V, 19,10. — Eumélus semble dater de la VIIe ol. Clinton, Fast. hell.)

3 Poet. lyr. gr., éd. cit ., loc. cit., p. 930.

Himer., or. XIV, 10.

8 Paus., X, 8, 95.

Athen., VI, 250, b.

7 Poet. lyr. GR.,éd. cit., p. 1111 et 1112. — Athen., XIV, 619, b.

- Poet. lyr. gr., éd. cit., p. 1125. — Cf. Suidas, adSimonid.

TEMOIGNAGES ANCIENS

pour Memnon un dithyrambe que Strabon met au nombre des poésies déliennes h Le dithyrambe est généralement consacré à Bacchus, qui était honoré dans l’île d’Apollon et peut-être dans Pun de ses temples.

Bacchylide écrivit des poésies apopemptiques et des pæans qui, d’après Ménandre, ont été composés en partie pour Délos -.

On cite de Timothée un hymne dédié à Artémis- Ilithye1 2 3. La tradition détienne ne distingue pas toujours ces deux déesses.

Théognis 4 a écrit sur la naissance d’Apollon délien une élégie dont il nous reste quelques fragments. Cette oeuvre était inspirée de Thymne homérique. On conservait aussi de Théognis quelques vers inscrits sur les propylées du Letoüm délien.

Nous avons de Pindare 5 * deux fragments d’une prosodie sur Délos.

Nicocharis G, cité par Aristote, a composé des parodies contre les Déliens, parasites delà Grèce.

Cratinus est l’auteur d’une comédie intitulée A nhdSeç 7.

1 Strab., XV, 728.

2 Poet. lyr. gr., éd. cit., p. 1229, 1230. — Schol. Gall. in Del., v. 28.

3 Poet. lyr. gr., éd. cit., p. 1268, 1274.

4 Poet. lyr. gr., éd. cit., t. II, p. 482, 483. — Aristot., Eth. ad Nie., I, 8.

5 Poet. lyr. gr., éd. cit., t. I, p. 308.

0 Aristot., Poét., II, 5. — L’abbbé Sallier pense que Nicocharis a composé sur Délos et ses merveilles un poème sérieux mais sans intérêt. Il est réfuté par Schwenck, Deliaca, pars prima, p. 1.

7 Hesych., Atflpia. — Schol. Aristoph. in Vesp 544.

DÉLOS

Nous savons seulement par le souvenir qui en reste, que les présents des Hyperboréens étaient laissés à Délos en plein air.

Les comiques, Sophile, auteur d’une pièce intitulée AÂa *, Aristophane, Timoclès 1 2, et Criton 3 ont écrit des comédies où il est question de Délos.

Un Délien, Dinarque, écrivit un poème sur Dionysos, qui eut peut-être une légende à Délos 4.

A la prière des habitants de Ghalcis, le joueur de flûte Dronomus, de Thèbes, fît une prosodie sur Délos 5 *.

Un Palæpliate d’Athènes, composa des vers sur la naissance d’Apollon G.

Deux hymnes de Callimaque, dédiés Lun à Apollon et Lautre à Diane, mentionnent souvent Délos ; un troisième est entièrement consacré à Lîle sainte.

L'hymne homérique, le fragment de Théognis, celui de Pindare, deux chœurs de Y Iphigénie en Tauride d'Euripide^* quelques vers de Criton, les hymnes de Callimaque, et trois courtes épigrammes d’Apollonidès ou d’Antipater de Thessalonique et d'Alphée 7, sont les seules poésies qui nous restent sur Délos.

1 Suidas, st&piXoç.

2 Athen., IX, 373. — VIII, 341. — IV, 172, 173.

3 Athen., IV, 172 et 173.

v Fabricius, Bibl. gr ., t. II, p. 863. — Eusèbe, Chron ., 71 2. — Cyrille, Adv. Julian ., X, p. 341.

Paus., Bœot ., IX, 12, 4.

0 Suidas, ad verb.

7 Anthologie grecque, éd. Bosch. 1705, 1. I, t. LV1II, ép. 1,2,3

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