‹ Recherches sur DélosChapitre 72 sur 81 · ELLE DEVIENT DÉFINITIVEMENT ATHÉNIENNE · texte numérisé non relu

ELLE DEVIENT DÉFINITIVEMENT ATHÉNIENNE

que Délos fût placée sous le protectorat des Pariens, elle avait donc conservé le droit de s’administrer et de nommer ses archontes.

Il est probable que César la rendit aux Athéniens, car on a relevé dans Pile une inscription dédiée par le peuple athénien au roi Ariobarzane III, qui mourut en 42 avant Jésus-Christ l. Une autre inscription 2 des Athéniens et des habitants de Délos, en l’honneur de César Impérator, fils de Jules, est de l’an 28 avant Jésus-Christ, année pendant laquelle Octave, déjà Impérator, n’est pas encore Auguste.

L’île est alors gouvernée par les épimelèles athéniens, et les noms des archontes athéniens servent à dater les actes publics. On connaît au moins cinq noms d’archontes athéniens inscrits à Délos, à peu près contemporains du Christ: (Aiovvcioç, Av/Jc/.oç, Aïotq/oc, ’laiyivf,ç , Nauaiaç 3 * . L’archontat de Zénon figure aussi sur les marbres déliens. On connaît deux Zénon : l’un est de 54 av. J.-C. ; l’autre de l’an 41 de l’ère chrétienne *. C’est du second sans doute qu’il est fait mention à Délos. Il était contemporain de l’épimélète Alexandre 5. Il faut reporter à cette période, un peu avant l’ère chré-

1 C. I. Gr., 2280.

2 C. I. Gr., 2282.

3 Dionysios est de l’an 7 av. J. C.; Lyciscos de l’an 8 av. J.-C.; Diotimos de l’an 11 av. J.-C.; Isigène de l’an 2 av. J.-C.; Nausias de l’an 9 av. J.-C. — Bœckh les a pris pour des archontes déliens. Cette erreur évidente d’un savant qui se trompe si rarement, a été réfutée surtout par M. Dumont. Cf. les inscr. du Cynthe, n° 17.

k Alb. Dumont, op. cit ., loc. cit.

5 C. I. Gr., 2287.

DÉLOS

tienne *, le nom d’un Myron qui appartenait peut-être à la famille du célèbre statuaire.

Toutes les fonctions religieuses étaient alors, comme les magistratures civiles 1 2, occupées par des Athéniens; et, lorsque la population se fut en grande partie retirée de File, Athènes ne cessa pas néanmoins d’entretenir ses temples et d'y consacrer de nombreuses offrandes. Cela nous explique pourquoi tant d’inscriptions trouvées aujourd’hui à Délos, datent de cette époque.

En même temps, Tî le faisait encore quelque commerce et recevait les visites des amateurs d'antiquités. « Des Athéniens et des Romains habitant ou voyageant dans l’île, » « des marchands, » « des étrangers, » y dédièrent plusieurs inscriptions, surtout aux épimélètes.

Toutefois la ruine de Délos était consommée. Sa déchéance était définitive, car les Romains n’avaient plus aucun intérêt à l’en relever. Ils avaient fait de Délos, à une époque antérieure, l’entrepôt de leur commerce avec l'Orient; mais ce commerce suivait d’autres voies. D’une part, l’Egypte et souvent la Syrie communiquaient directement avec Rome; et, de l’autre, les places de la mer Egée, Rhodes surtout et Mitylène, se souciaient peu de recourir à l'intermédiaire de Délos ; enfin la civilisation se développant au nord du monde grec, entre la mer Egée et le pont Euxin, Thessalonique et Byzance furent les nouveaux marchés sur lesquels l'Orient et l’Occident se rencontrèrent. En face de la Grèce appauvrie, Délos resta isolée.

1 Cf. G. I. Gr. 2284.

2 Sur ces magistratures, cf. les inscr. du Cynthe, n®3 II, III,

VIII et jpassim.

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